Ombrées lumières !

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    Ombrées lumières !
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Parfois tranchant dans ses interventions et décisif au pied, l’arrière des Bleus a été aussi friable défensivement. Le symbole du XV de France.

Il est le seul, avec le Toulousain Louis Picamoles, à avoir débuté les trois matchs de préparation du XV de France avant la Coupe du monde. Déjà titulaire du poste durant le Tournoi des 6 Nations, Scott Spedding était en concurrence directe avec Brice Dulin pour assurer l’arrière des Bleus en Angleterre. En une rencontre, alors que Dulin officiait à l’aile à Twickenham il y a trois semaines, l’ancien Bayonnais a pris le dessus sur le Racingman aux yeux du sélectionneur et de ses adjoints. Et ce samedi soir, au milieu d’une partition des plus ternes des hommes de Philippe Saint-André, il aurait pu (ou dû) être celui par qui la lumière, du moins l’éclaircie, arriva. D’abord car c’est lui qui a remonté les rares ballons d’attaque exploitables avant la mi-temps sur des relances tranchantes du fond du terrain. La meilleure illustration ? Ses deux franchissements au cœur du rideau adverse qui ont mené à l’essai refusé de Wesley Fofana en coin (34e). Mais surtout, c’est sa pénalité de 55 mètres (59e) qui a enfin permis à lui et ses coéquipiers de prendre l’avantage au tableau d’affichage (12-9). Un symbole des apports du Sud-Africain dans le jeu français puisque la longueur de son pied droit est particulièrement appréciée du staff…

Pris de vitesse

Pour autant, comme l’ensemble des observateurs, le néo-Clermontois, aux qualités de relanceur reconnues dans le Top 14, ne peut se satisfaire de ce rôle parfois minimaliste. Lui qui, après le succès face aux Anglais il y a quinze jours, reconnaissait : « Il nous manque encore des choses en attaque. C’est le secteur à améliorer. » Sa prophétie (ou plutôt son espérance) ne s’est clairement pas réalisée face à l’Écosse. Et au-delà, Spedding a également cristallisé les maux bleus. Une équipe qui a effectué une préparation physique dantesque mais a semblé cruellement manquer de gaz et de jambes ce samedi. Comme lorsque, seul pour assurer la couverture dans le troisième rideau, il s’est fait prendre de vitesse par l’ailier Tommy Seymour (62e), lequel a inscrit le seul essai des troupes de Vern Cotter. Il a eu le mérite de se rattraper en arrachant le dernier ballon du match alors que l’Écosse poussait devant l’en-but des siens. Souvent tranchant, parfois rassurant mais encore trop poussif et friable… À l’image de ce XV de France.​

Jérémy Fadat
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