«Pas de dopage organisé. Ni à Toulon, ni dans le rugby français»

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    «Pas de dopage organisé. Ni à Toulon, ni dans le rugby français»
Publié le , mis à jour

Ce jeudi en début d’après-midi, le sélectionneur Philippe Saint-André a livré sa dernière conférence de presse avant le grand départ du XV de France samedi vers l’Angleterre. L’occasion de réaffirmer son ambition et de faire un état des lieux après un peu plus de deux mois de préparation. Mais aussi de commenter l’actualité du rugby français…

Vous aviez dit le 19 mai dernier en marge de l’annonce des 36 joueurs retenus pour le Mondial : « Je ne sais pas si on sera champion du monde, mais on va se préparer pour ça. » Est-ce toujours le cas ?

On s’est bien préparé. Nous avions travaillé durant trois ans et demi sur cette préparation. Aujourd’hui, il est important de souligner l’investissement que les joueurs y ont mis. Je parle ici des 36 joueurs, non pas uniquement des 31. L’adhésion a été totale. Les retours sont positifs car les joueurs sont bien physiquement et psychologiquement. Nous sommes dans les résultats attendus par rapport à cette préparation. Le match contre l’Écosse est intervenu après une semaine de préparation où nous avions énormément travaillé. Désormais, nous sommes uniquement sur de la récupération pour que les joueurs puissent faire du « jus ». C’est pourquoi les séances d’entraînements sont très courtes pour être bien le 19 septembre à Twickenham.

Quels sont les joueurs qui vous ont étonné ?

Après certaines séances, j’ai vu des joueurs ne plus pouvoir marcher. Pourtant, ils repartaient. Ce sont des compétiteurs, des joueurs avec un état d’esprit exceptionnel. Il faut juste qu’on leur donne les moyens de bien se préparer. Ils ont cette chance de le faire une fois tous les quatre ans.

N’attendiez-vous pas mieux d’un dernier match de préparation ?

Je n’ai pas du tout été déçu de notre performance contre l’Écosse. Le match se situe au-dessus de 41 minutes de temps de jeu effectif. Après, nous avons sûrement voulu attaquer de très loin car nous avions l’impression d’avoir des solutions. Nous n’avons pas su mettre l’intensité nécessaire en première mi-temps comme nous l’avions fait auparavant contre l’Angleterre. Mais, il n’y a que ceux qui n’ont jamais joué au rugby qui ne peuvent pas comprendre. J’ai la chance d’avoir fait deux Coupe du monde. Et sur un dernier match de préparation, un joueur n’a surtout pas envie de louper l’avion à cause d’une blessure. Automatiquement, on a su gagner ce match, faire de belles choses, sans mettre 120 % d’intensité. Mais pour un joueur de rugby, c’est humain.

Vous aviez mis l’accent sur le fait de trouver un esprit « club » durant ces deux mois de préparation ? Êtes-vous satisfait ?

Quand je vois les joueurs dès le matin avec la banane, je ne peux être que satisfait. Quand la composition des tables n’est jamais la même, c’est le signe que le groupe vit bien. Évidemment, il ne faut pas uniquement bien vivre. Il faut surtout avoir 31 compétiteurs car dans une compétition comme la Coupe du monde, il faut être affamé.

L’actualité autour du RCT Toulon s’est révélée brûlante ces derniers jours. Craigniez-vous que cette affaire vienne polluer les « Toulonnais » du groupe France ?

Nous n’en avons même pas parlé. J’ai eu la chance d’entraîner le RC Toulon il y a déjà longtemps. Je ne pense pas qu’il y ait un dopage organisé ni au Rugby Club toulonnais, ni dans le rugby français. J’ai vu mes joueurs ce matin pour la photo officielle, j’ai vu des rigolades. Je n’ai pas vu de joueur affecté par des problèmes qui n’en sont pas.

Avez-vous vécu, durant cette préparation, la meilleure période de votre mandat de sélectionneur ?

La meilleure période est à venir, j’en suis sûr (rires). Mais depuis le 5 juillet, je prends énormément de plaisir car je fais des choses que j’ai vécues pendant treize ou quatorze ans en club. Je m’étais préparé à vivre ça en acceptant ce rôle de sélectionneur. Je savais que j’avais trois ans et demi pour essayer de passer entre les gouttes et trois mois pour changer l’histoire d’un groupe.

Comment imaginez-vous votre après carrière de sélectionneur ?

Je n’ai rien anticipé car je veux vivre cette compétition pleinement. C’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses. Je le répète : je ne sais pas si nous serons champions du monde, mais depuis deux mois et demi, on se prépare à l’être.

Arnaud Beurdeley
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