XV de France : marche à Londres

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    XV de France : marche à Londres
Publié le , mis à jour

Légitimement favoris pour leur match d’ouverture, qui plus est depuis le forfait du capitaine italien Sergio Parisse, les Bleus ont savamment soigné leur communication dans la semaine. Suffisant pour éviter le péché d’orgueil tant redouté ?

Jouera, jouera pas ? Le doute, resté en suspens toute la semaine et savamment entretenu par les joueurs italiens, a finalement pris fin jeudi après-midi, au moment de l’annonce de son équipe par Jacques Brunel… Non, Sergio Parisse ne sera pas de la partie pour le match le plus important de l’histoire du rugby italien, celui par lequel la Squadra Azzurra rêve d’obtenir sa première qualification en quarts de finale d’une Coupe du monde. Un forfait dont il faudrait être stupide pour se douter des conséquences puisque, privés de leur maître à jouer, les Transalpins n’auront d’autre choix que de restreindre leurs intentions de jeu. D’autant plus préjudiciable que ces derniers avaient planifié d’aller chercher les Bleus sur les extérieurs, leur criant point faible depuis le début des matchs de préparation… « Il est probable qu’en l’absence de Sergio Parisse, les Italiens ne vont pas évoluer de la même manière qu’ils en ont l’habitude, confirmait le capitaine Thierry Dusautoir. Pour avoir l’habitude de l’affronter en championnat comme au niveau international, son forfait est plutôt une bonne nouvelle pour nous. »

Tout bon pour les Bleus, alors ? Évidemment, puisque dans l’optique d’un combat de tranchée, ces derniers semblent mieux armés, avec dans leurs rangs les tanks Bastareaud et Picamoles… Le problème, au vrai, réside plutôt dans l’approche éternellement faux-cul qui préside à un match de rugby : celui de refuser le rôle de favori légitime.

Maestri : « on ne peut pas être présomptueux »

De fait, afin d’éviter de se présenter de la sorte, les joueurs du XV de France ont évolué toute la semaine sur un fil d’équilibriste, avançant sans sourciller que l’absence de Parisse ne changeait finalement rien. Pourquoi pas, après tout, puisqu’il fut un temps où Nick Mallett pensait que Mauro Bergamasco ne ferait pas plus mal qu’un demi de mêlée de métier… Allez, blague à part, personne n’y croit. Au point que, pour parer à cette évidence, tous les Tricolores ont eu, les uns après les autres, recours à ce précepte de communication bien rôdé, avancé ici par le deuxième ligne Yoann Maestri. « On nous a dit hier que Parisse ne jouerait pas. C’est un très bon joueur, mais franchement, c’est leur problème. Le vrai psychodrame serait que l’un d’entre nous soit blessé… Je pense à Wesley Fofana, dont le forfait nous est évidemment préjudiciable. » Se replier sur soi, pour éviter l’excès de confiance ? Il y a de cela, évidemment, pour une équipe désireuse de ne pas se reposer sur ses récents lauriers. « Plus que de dire que le match sera plus facile en l’absence de Parisse, le vrai piège serait de nous reposer sur notre victoire à Rome lors du dernier Tournoi, prolongeait Maestri. C’est une autre compétition, un autre contexte, un stade neutre. Toutes les cartes sont redistribuées, on ne peut pas être présomptueux. La seule chose à faire, c’est de penser à ce que l’on veut mettre en place. En 2011, par exemple, personne n’aurait parié sur une victoire du Tonga. » Un argument massue auquel on voudra bien se ranger. En espérant, néanmoins, que l’issue soit toute différente…

Nicolas Zanardi
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