La nouvelle inconnue

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Publié le , mis à jour

Longtemps très présents dans les championnats français, les joueurs roumains ont lentement délaissé cette destination. Avec un championnat domestique semi-professionnel, ils restent désormais majoritairement dans leur pays.

Stade aurillacois, saison 1999-2000. Le club cantalou, engagé dans l’élite du rugby français, compte dans ses rangs Mitu, Gontineac, Solomie, Corodeanu, Manta, Mevlud et Niculae. Sept joueurs roumains, soit une petite colonie complétée, en France, par une quinzaine d’autres joueurs. Autre temps, autres constats. Les joueurs internationaux roumains, il y a quinze ans, investissaient massivement le championnat de France, où les attraits économiques et sportifs étaient bien supérieurs à ceux de leur pays d’origine.

La photographie a bien changé. Il reste bien quelques joueurs Roumains évoluant en France. Ion (Perpignan), Lazar (Castres) en photo, Pungea et Ursache (Oyonnax) ou Tonita (Provence Rugby). Mais quand les Français ont longtemps considéré la sélection roumaine comme leur petite-cousine, force est de constater que la parenté semble aujourd’hui bien éloignée. Le résultat d’une révolution qui a frappé le rugby roumain des clubs.

À contre-courant

Le championnat roumain de rugby a certainement été, paradoxalement, le premier des championnats à se professionnaliser. Avant l’heure. « C’était un rugby de fonctionnaires », raconte le Français Robert Antonin, ancien sélectionneur de la Roumanie. « Le Steaua était le club des militaires, le Dynamo celui des policiers. Quand il y a eu des difficultés financières, ce système a lentement disparu. »

La majorité des têtes d’affiche du rugby roumain a alors pris la direction de la France, à la fin des années 1990. Avant que la tendance ne s’inverse. « C’était il y a quatre ou cinq ans », poursuit Robert Antonin. « Le championnat a retrouvé quelques investisseurs pour le relancer. Disons qu’il est aujourd’hui semi-professionnel. On trouve des joueurs étrangers qui rehaussent le niveau, comme des Sud-Africains, des Samoans ou des Néo-Zélandais. Et les meilleurs Roumains restent désormais au pays. Ils ne bénéficient pas des mêmes conditions que s’ils venaient en France ou en Angleterre mais les clubs arrivent à leur trouver une voiture, un logement et à leur dégager un salaire. Avec la possibilité de rester au pays, près de leur famille, les joueurs sont majoritairement sensibles à ces opportunités ». Une nouvelle donne qui a permis à la Roumanie de s’offrir le scalp de quelques écuries françaises ou anglaises, ces dernières années en Challenge européen. Mais aussi de conserver un voile sur le niveau réel de leur sélection qui défiera, ce mercredi, le XV de France.

Léo Faure
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