Galles, la fausse surprise

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    Galles, la fausse surprise
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Tombeur de l’Angleterre dans son antre, dans le premier choc majeur de cette Coupe du monde, le pays de Galles prend un ascendant dans le groupe de la mort. Malgré les blessures en cascade, les hommes de Warren Gatland restent à craindre. La planète rugby est désormais prévenue.

Deuxième coup de tonnerre dans ce Mondial 2015. Après la sensation japonaise, en ouverture face aux Springboks, ce sont les Gallois qui sont venus bousculer l’ordre établi, ce samedi à Twickenham. D’accord, l’écart entre les deux nations est sans commune mesure avec le monde qui devrait séparer les Sud-Africains des Nippons. Mais battre l’Angleterre à Twickenham dans ce qui devait être « son » Mondial, c’est fort de café.

La réussite des Gallois est multiple. Elle est d’abord celle de la continuité. Celle-là même qui a habité les Anglais pendant trois ans, avant qu’ils ne remettent tout en cause cette dernière année. Ce suicide, les Gallois ne s’y sont pas risqué. Malgré les blessures.

L’ossature de cette équipe galloise est celle de ce XV du poireau qui avait chuté d’un rien face à la France, en demi-finale de la Coupe du monde 2011. La même qui a décroché le Grand chelem dans le Tournoi en 2012, avant de remporter la compétition en 2013. Cette même année, ils étaient seize au sein du groupe des Lions britanniques et irlandais qui remportait la Tournée en Australie. Alors, une surprise ces Gallois ? Cela ne peut pas l’être complètement.

Gatland, maudit génie

Le premier mérite en revient aux joueurs, bien évidemment. Juste derrière, on trouve Warren Gatland. Le sélectionneur gallois, depuis six mois, a pourtant accumulé les mauvaises nouvelles. Jonathan Davies, Leigh Halfpenny et Rhys Webb devaient être des titulaires en puissance. Blessés, ils ont renoncé à la Coupe du monde. Cory Allen et Eli Walker devaient être des suppléants de luxe. Même sanction. Une liste de mauvaises nouvelles qui n’a pas empêché « Gat’s » de garder le cap. Le Néo-Zélandais est passé outre cette malédiction pour incorporer des jeunes joueurs calibrés sur son modèle de jeu, dans les sélections de jeunes du pays de Galles. Surtout, il a préparé son coup à merveille.

Ce samedi, Stuart Lancaster avait choisi de densifier son milieu de terrain. Ressorti du chapeau, Owen Farrell prend 13 kg à George Ford, remercié sans ménagement. À ses côtés, les bras de vérin de Burgess devaient étouffer le jeune Scott Williams, dont il disait dans la semaine ne pas connaître jusqu’à la seule existence. Il l’a appris à ses dépens.

Cette tension au milieu du terrain, où la défense anglaise s’est faite extrêmement pressante, Gatland l’a annihilée avec la maestria d’un grand. L’essai de Gareth Davies en est une fabuleuse illustration. Sur le coup, deux leurres pour arrêter la défense anglaise au milieu et une ligne de trois-quarts, servie dans le dos, qui évoluait à presque vingt mètres de la ligne d’avantage. En s’éloignant de la pression défensive, les Gallois ont contourné le milieu de terrain par deux longues passes et l’ont débordé sur ses extérieurs. La suite, on la connaît avec cet essai superbe qui permit aux Gallois de revenir à hauteur des Anglais, avant de les dépasser. Un exploit sans suite ? Pas si sûr. Car si les Gallois apparaissent dépourvus de leurs plus beaux joyaux, ils ont rappelé à ceux qui en doutaient que la qualité collective surpasse les instincts individuels. En battant l’Australie, les Gallois pourraient d’ailleurs s’ouvrir le tableau vers les demi-finales. Alors méfiance.

Léo Faure
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