L’essai du Mondial 95

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Publié le , mis à jour

Canada - Roumanie. Le match n’est pas resté dans les mémoires. Pas d’enjeu, une partie fermée et pourtant... Sur une action, le Canada va éclairer la rencontre et signer l’un des plus beaux essais de la Coupe du monde. Une action devenue culte grâce à internet.

Cette opposition de la Coupe du monde 1995 n’avait pas de réel enjeu dans une poule avec l’Afrique du Sud et l’Australie. Le jeu restrictif canadien prôné par le coach Ian Birtwell et le capitaine et ouvreur Gareth Rees ne va pas rendre le match attrayant. En effet, la tactique canadienne consiste à obtenir des fautes et s’en remettre à la botte de Rees, justement, pas vraiment le genre à écarter les ballons… Un combat d’avants, des fautes roumaines pénalisés par le pied, rien de bien réjouissant jusqu’à vingt minutes du terme de la rencontre… et une action qui va illuminer Port Elizabeth.

Une improvisation collective

Tout démarre d’un énième échange de coups de pied. Les Canadiens tapent dans les 22 roumains. Le ballon tombe dans les bras de l’arrière roumain Salomie, qui s’empresse de retaper, directement sur son vis-à-vis Scott Stewart. Exit les consignes restrictives de son coach, l’arrière canadien est bien décidé à enfin relancer un ballon. Il accélère sur l’aile droite avant de repiquer vers l’axe pour croiser avec l’ailier Dave Lougheed qui recroise immédiatement avec le trois-quarts centre Christian Stewart. Une double croisée splendide tant dans la gestuelle que dans le timing des joueurs. Une combinaison d’autant plus étonnante qu’elle est aussi bien réalisée que totalement improvisée ! Christian Stewart, le trois-quarts centre d’origine sud africaine, est stoppé par un défenseur roumain. Il parvient pourtant à passer les bras pour un Winston Stanley bien lancé dans l’intervalle. Au lieu d’accélérer, l’ailier temporise, fixe trois défenseurs et trouve Al Charon sur un retour intérieur. Le troisième ligne aperçoit la terre promise à quelques encablures à peine, il s’arrache pour effectuer les derniers mètres le séparant de l’en-but. Cette double boucle splendide était passée inaperçue à l’époque. Le match n’a pas véritablement attiré les faveurs des diffuseurs, et il faudra attendre l’arrivée d’internet et le temps du partage vidéo pour redécouvrir cette magnificence collective qui, comme beaucoup d’œuvres connaîtra la postérité bien après avoir été réalisée.

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