« Le mythe du bûcheron canadien est fini »

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Publié le , mis à jour

À quelques heures du match France – Canada, François Ratier, franco-canadien et sélectionneur de l’équipe canadienne de rugby à XV féminin, vice-championne du monde à Paris en 2014 en ayant battu la France en demi-finale, a accepté de nous livrer son ressenti sur cette rencontre ainsi que d’évoquer le développement du rugby chez les Canucks.

Ce match a-t-il une saveur particulière au Canada ?

Non ce match n’a pas une saveur particulière ici. Un Canada – Angleterre, ou Canada – Écosse pourraient en avoir une mais pas tellement France – Canada. Car la majorité du pays est anglo-saxonne. En revanche en ce qui concerne le Québec et la communauté francophone et française là oui, il y a une saveur particulière. Les gens se mobilisent tout de même car c’est l’occasion pour le Canada de battre une Nation majeure mais cela n’a rien de colonialiste.

Quel regard portez-vous sur le parcours des protégés de Kieran Crowley lors des deux premiers matchs ?

Je travaille en totale collaboration avec Kieran Crowley. Je regarde tous les matchs et nous échangeons beaucoup, nous sommes amis. J’étais même du voyage avec eux aux Fidji pour préparer la Coupe des Nations du Pacifique, nous étions qu’avec les joueurs qui jouent au Canada, les pros européens ne nous avaient pas encore rejoints. Kieran a mis en place un jeu abouti et les deux premiers matchs contre l’Irlande et l’Italie ne l’ont pas démenti. En effet, contre l’Irlande la sortie de Jamie Cudmore sur carton jaune a rendu la chose encore plus difficile qu’elle ne l’était. Notre jeu s’est brisé mais on a vu que lorsque nous étions à XV en deuxième mi-temps notamment, on est capables de développer un jeu plus abouti. Nous l’avons encore plus vu contre l’Italie. Cette défaite contre l’Italie nous reste en travers de la gorge très honnêtement. On aurait dû et on aurait mérité de gagner ce match. Certaines décisions ou au contraire absence de décisions arbitrales ne nous ont pas été favorables. Toutefois ce match nous offre réellement de belles perspectives. D’autant plus que la composition annoncée par Kieran Crowley pour ce soir contre la France montre que nous n’allons pas faire l’impasse !

Quelle influence ont les joueurs qui jouent en Europe (Cudmore, Ardron, DTH Van der Merwe,…) ?

Ah DTH à l’aile, je pense que c’est l’un des meilleurs ailiers de cette Coupe du monde. Ces joueurs sont des joueurs de haut niveau. Il y a une telle différence entre les joueurs professionnels et les amateurs qu’ils apportent quelque chose d’indispensable à notre équipe dans la gestion des 2 contre 1 par exemple. Il faut savoir que le niveau des clubs ici n’excède pas celui de la Fédérale 1, il n’y a pas de championnat professionnel ici. Toute la ligne de trois quarts que vous avez vu briller contre l’Italie, hormis DTH van der Merwe et Matt Evans qui jouent en deuxième anglaise (N.D.L.R. plusieurs joueurs canadiens jouent avec les Cornish Pirates) les autres sont amateurs ! Il existe donc un vrai écart. Il n’y a pas de secret, il faut jouer des matchs de haut niveau régulièrement pour progresser et Cudmore, Ardron, DTH, Hassler blessé actuellement jouent ce genre de matchs. Il faut que nos joueurs jouent dans les plus grands clubs notre sélection n’en sera que plus forte.

Mis à part ces joueurs professionnels qui évoluent en Europe, vous avez aussi plusieurs éléments qui jouent régulièrement à VII (Moonlight, Hirayama, Mack…), est-ce bénéfique ?

Je dirais que c’est à double tranchant. Je le vis aussi avec les filles, puisque nos meilleures joueuses préparent actuellement les Jeux olympiques de Rio. C’est à double tranchant, car le Rugby à VII est aujourd’hui devenu un autre sport par au rapport au Rugby à XV. Auparavant on jouait de la même façon qu’à XV mais avec sept joueurs, aujourd’hui, c’est totalement différent. Je ne dis pas que c’est nuisible. Car ils et elles s’entraînent régulièrement, développent certaines attitudes et aptitudes d’évitement notamment qui peuvent servir dans le jeu que Kieran prône actuellement. Toutefois quand lui, récupère les joueurs qui font du VII, comme Nathan Hirayama ou Phil Mack, ou quand moi je retrouve les filles comme Magali Harvey, on doit les réadapter au jeu à XV, redresser les courses, reprendre l’axe et la défense, le plaquage qui est totalement différent bien sûr par rapport au VII. C’est donc réellement à double tranchant, ce n’est parce qu’un joueur vient du VII qu’il s’adaptera forcément à un jeu à XV porté vers l’offensive et le jeu au large.

Accroche : « je m’emmerde quand je regarde le XV de France »

On nous avait annoncé, Philippe Saint-André le premier, que le style de jeu qui triompherait cette année serait un jeu de démolition, pour l’instant des équipes comme l’Irlande, le Pays de Galles, la Nouvelle-Zélande mais aussi le Japon et le Canada, démontrent le contraire, est-ce dû notamment à la place du rugby à VII dans ces trois derniers pays ?

Tout à fait ce n’est pas un jeu basé uniquement sur la destruction de l’adversaire qui triomphe forcément aujourd’hui. En revanche, je ne crois pas que cela soit dû au rugby à VII. Du moins pour ce qui est des Nations de ce que j’appelle le Tiers II, c’est-à-dire le Japon et nous le Canada par exemple. J’attribue la raison de ce jeu porté vers l’offensive au fait que la plupart des entraîneurs sont des « sudistes ». Des « kiwis » sont impliqués à droite et à gauche. (rires) Et eux, ils aiment le jeu de mouvement. De plus, en ce qui concerne le Canada, auparavant on pouvait, pardonnez-moi l’expression, tabasser nos adversaires devant mais maintenant ce n’est plus le cas. Nous avons pris conscience en 2007 en France que l’on ne pouvait plus se limiter à un buteur et une grosse conquête. Tout simplement car on avait une conquête de Pro D2 ! Parce que physiquement on était plus au-dessus, les centres français sont aussi gros que nos troisièmes lignes par exemple (rires) ! Quand Kieran est arrivé en 2008, il a très bien compris cela. Le mythe du bûcheron canadien, c’est fini ! On a donc été contraints de s’adapter pour continuer à être performants. Il a donc fallu travailler sur un jeu plus équilibré entre jeu d’avants et trois-quarts. Même si la conquête et la rugosité de nos avants restent indispensables il a fallu développer un jeu plus pénétrant et plus déployé. Je ne vous cache pas que la transition a été difficile. Passer de quasiment quatre-vingts ans durant lesquels notre jeu était quasiment uniquement basé sur le jeu d’avants à ce que vous avez pu entrevoir contre l’Italie, ce n’est pas facile ! Il y a d’ailleurs encore des nostalgiques ici qui voudraient revenir à ce qu’on faisait avant mais c’est fini. L’uniformisation physique est trop forte. Face à cela, il y a donc eu un changement de l’approche des entraîneurs du moins je crois dans ces Nations du Tiers II, dont nous faisons partie. Il faut créer un jeu surprenant ! D’autant plus à l’ère de l’analyse vidéo, c’est la seule issue pour nos Nations.

Tout le contraire du XV de France…

Ah ça oui, le XV de France est tout, sauf surprenant ! (rires) Mais c’est très solide et cela peut peut-être gagner… Tout est basé quasiment sur du jeu à une passe. J’observe les deux lignes de trois-quarts alignées ce soir. Côté français, c’est expérimental… Grosso est un puncheur mais il n’a jamais joué. Quant à Dulin, il est replacé à l’aile qui n’est pas son poste de prédilection et il sera sûrement opposé à DTH… Il peut passer un sale quart d’heure… Après vous avez Bastareaud et Fofana qui ne font pas une passe et en plus Tillous-Borde ralentit tous les ballons. Donc il est quasi certain que cela va avancer de façon individuelle, sur des exploits… Mais j’ai des doutes que cela puisse réellement réussir. Nous, Canadiens, paradoxalement nous sommes beaucoup plus fluides et plus huilés derrière que les Français ne le sont !! En tant que spectateur neutre, je m’emmerde quand je regarde le XV de France. Après les deux matchs, j’ai dû faire une analyse pour Kieran, mis à part le fait de décrire un jeu de destruction et un jeu à une seule passe, il n’y a rien d’autre à dire… Ah si bien sûr une conquête plutôt solide et des buteurs relativement fiables. On devra donc répondre sur le défi physique parce que Bastareaud il faut l’arrêter. Même si Kieran a aligné une paire de centres Blevins (1m87/98 kg) – Hearn (1 m 90/100 kg) capables de bien défendre, nous n’avons pas de joueurs comme cela. Nous devons donc nous défendre avec nos armes ! Et paradoxalement il s’avère que cela doit passer par un jeu expansif, comme disent les Anglo-Saxons, tant mieux pour nous, on ne va pas s’en plaindre (sourires).

On sent que vous avez définitivement choisi votre camp (rires) mais allez-vous chanter les deux hymnes comme Benoît Piffero, malheureusement pour lui pas titulaire ce soir (N.D.L.R. talonneur franco-canadien) ?

Oui j’ai effectivement choisi mon camp ! (rires) Vous savez, j’ai chanté pendant un an tous les jours, la Marseillaise à l’armée, ça m’a suffi. (rires) Très honnêtement, même en France en 2014 lors de la Coupe du monde des féminines en demi-finale à Jean Bouin contre la France cela ne m’est même pas venu à l’esprit de chanter l’hymne français. Voilà j’ai choisi mon camp, le camp canadien, je vis ici depuis bientôt quinze ans par contre j’aime toujours autant la France ! (sourires)

Accroche : « Les choses se mettent en place petit à petit »

Justement quel est votre rôle au sein de la fédération, hormis le fait d’être le sélectionneur de l’équipe féminine à XV ?

Je suis basé à Montréal. Je me déplace régulièrement à Victoria, en Colombie Britannique à l’autre du bout du Canada à l’Ouest. C’est notre Marcoussis. Il y a deux grandes régions de rugby ici, la Colombie Britannique et le Québec. Me concernant, je travaille surtout dans l’Est. Dans une région qui s’étend d’Ottawa à Saint-Jean de Terre-Neuve. J’identifie les joueurs et les joueuses à fort potentiel et je fais remonter les informations à Victoria, à mes collègues des différentes sélections que nous avons. Je vais dans les Universités et les Clubs. Je dois organiser la formation des entraîneurs et des joueurs et j’apporte mon soutien aux équipes qui ont besoin de mon aide. J’ai en quelque sorte, le même rôle qu’un cadre technique fédéral en France, si cela existe encore, sauf que mon comité est beaucoup, beaucoup plus grand (rires).

Vous évoquez les Universités ainsi que les clubs, comment s’organisent les compétitions au Canada ?

Il faut donc avoir à l’esprit qu’il y a deux régions de rugby ici au Canada. Distantes de 5 heures d’avion pour vous donner une idée. À l’Ouest, en Colombie Britannique, il n’y a pas de neige, la saison des clubs va donc de septembre à décembre et de février jusqu’au début de l’été. Cela fait donc une saison de dix mois quasiment. En revanche de Calgary jusqu’au Québec, où je réside, il est impossible de jouer l’hiver… La saison des clubs s’étale donc de mai à octobre. L’hiver nous sert donc à nous préparer techniquement, avec des ateliers de skills et physiquement, en s’entraînant à l’intérieur. Il y a aussi pas mal de rugby à VII pendant l’hiver. Quant à la saison universitaire, elle s’étale de la fin août jusqu’à la mi-novembre. Enfin entre juillet et août se joue le Canadien Rugby Championship masculin mais aussi féminin. Ce championnat réunit quatre provinces qui s’affrontent pendant un mois. Il y a les British Columbia Bears, de la Colombie britannique basés à Vancouver. Les Atlantic Rock, basé à Saint-Jean de Terre-Neuve et qui représente les provinces les plus à l’Est du pays dont le Québec. Il y a ensuite les Ontario Blues basés à Toronto et enfin les Prairie Wolf Pack, qui réunissent la province des Prairies (N.D.L.R Provinces de l’Alberta, Saskatchewan et Manitoba) elle est basée à Calgary. C’est la compétition qui réunit les meilleures joueuses et les meilleurs joueurs du pays et qui ne jouent pas en Europe. C’est de là que sont issus la majorité de nos internationaux !

La rumeur d’un projet de création d’une sorte de MLS (N.D.L.R. Ligue nord-américaine de football) en rugby circule, est-elle fondée ?

En effet, il existe bel et bien un projet. Ce dernier avance bien mais il faut des investisseurs. Il est sûr que tout viendra des États-Unis. Je crois que la Fédération américaine a tissé des liens avec la Fédération néo-zélandaise, et les sponsors des All Blacks comme AIG et Adidas seraient intéressés. En même temps cela représente un marché potentiel plus grand que chez nous, ils sont 300 000 000 nous ne sommes que 35 000 000. Donc les États-Unis impulseront forcément la chose et nous, nous suivrons et apporterons la qualité rugbystique (rires). Par ailleurs, en 2016, devrait se jouer le premier Tournoi des 6 Nations américaines réunissant l’Argentine, le Brésil, le Chili, les États-Unis, l’Uruguay et enfin nous, le Canada. Les choses se mettent en place petit à petit.

Il faut donc comprendre que le développement du rugby au Canada se poursuit…

Absolument, pour preuve depuis la quinzaine d’années que je suis arrivé j’ai observé une hausse constante du nombre de licenciés (N.D.L.R. En 2011 la Fédération canadienne comptait 23 853 licenciés dont 5 485 femmes aujourd’hui le nombre est de 26 683 dont 7 524 femmes). Les filles se sont qualifiées pour les JO de Rio l’année prochaine et je pense que les garçons pourront se qualifier. Des événements comme cela, boostent le nombre de licenciés comme dans tout pays. Après notre Coupe du monde en 2014, qui a été très positive, on a vu des filles arriver. Espérons que ce soit aussi très positif pour les garçons cette année ! Il faut savoir que pour les garçons la religion ici c’est le hockey sur glace. Où tu peux espérer gagner des millions si t’es bon. Donc on ne peut pas concurrencer ce genre de sports et on aurait tort d’essayer de le faire. Après le hockey, il y a le football américain et canadien, qui est une variante, c’est de là que viennent nos grands gaillards (rires). Ensuite le soccer (N.D.L.R football), le basket et ensuite les sports mineurs dont le rugby. Il faut enfin savoir que les bourses universitaires pour le rugby sont très rares.

Il n’y a donc aucun enfant canadien qui fait uniquement du rugby…

Tout à fait mais c’est commun à beaucoup de pays. Il n’y a quasiment qu’en France que l’on ne fait pas de multisports. Ici, il n’y a pas de garçons et de filles qui arrivent à six ans pour jouer au rugby c’est plutôt vers 15 ans et plus. Tous les mecs en sélection actuellement ont fait d’autres sports avant et ils ont donc des dispositions particulières qui sont bénéfiques à la pratique du rugby. Jeff Hassler a joué au football américain tout comme Jason Marshall, le pilier d’Agen, qui était quarterback par exemple !

Les activités multisports sont donc bénéfiques à la pratique du rugby selon vous ?

Bien sûr c’est parfait d’autant plus pour le rugby, qui est un sport très exigeant et qui sollicite différents aspects physiques et techniques. Le fait de pratiquer d’autres sports de combat ou d’autres sports collectifs peut beaucoup apporter à un rugbyman. Vous savez quand j’ai passé mon Brevet d’État en 2000 on avait déjà une question : « Pourquoi les jeunes qui arrivent d’autres sports sont-ils bien souvent meilleurs ? » Cela n’a pas changé en France ! En France, on met les enfants au rugby et on les fait percuter dans des boudins jusqu’à 15 ans… On ne développe pas la technique individuelle en regardant ce qui se fait dans d’autres sports. Il y a quelques années quand j’entraînais la sélection canadienne des cadets et que l’on battait parfois la France. Je disais à mes homologues que quelque chose clochait dans leur méthode de formation. Comment le Canada, avec ses mille cadets, arrivait à battre la France avec son réservoir au moins 30 fois plus grand… ? Mais rien n’a changé… À Marcoussis, j’avais bien rigolé. J’avais appris l’existence à l’époque d’une cellule de recherches et d’innovation. Comme si le rugby français était malade ou n’avait pas les moyens encore de progresser ? Mais à mon avis, le rugby français avait tout pour réussir et a tout pour réussir, il suffit de le faire. De s’ouvrir, d’aller voir ailleurs et de se renouveler sans dénaturer sa culture, son identité. C’est en ne faisant rien que le rugby français devient « malade ». Après avoir obtenu mon brevet d’État, j’ai voyagé. J’ai rencontré ceux qui sont devenus mes mentors, des Néo-Zélandais. Ils n’ont absolument pas la même approche sur le travail, sur la technique individuelle. Je crois sincèrement que les Anglo-Saxons sont plus enclins à travailler que les Latins. Et je pense que désormais, il me serait difficile de travailler avec des joueurs ou des joueuses françaises.

À titre personnel vous continuez donc à vous ouvrir pour vous renouveler et progresser ?

Absolument ! Cette année je vais partir une semaine avec les Chiefs en Nouvelle-Zélande ou avec une équipe de jeunes néo-zélandais. Kieran Crowley n’a pas encore annoncé ce qu’il fera après le Mondial, en revanche son adjoint chargé des avants canadiens, Neil Barnes sera avec les Chiefs. J’ai donc des contacts en Nouvelle-Zélande (rires). Enfin Wayne Smith et l’exemple de la capacité d’adaptation et d’innovation des All Blacks. Il a travaillé avec Pierre Villepreux, et a « All Blackisé » ce qu’il a pu apprendre à ses côtés. Pierre Villepreux lui a transmis la nécessaire compréhension du jeu même lorsque l’on travaille la technique individuelle. Il a fait une synthèse des deux cultures. (N.D.L.R. Il avait d’ailleurs publié en 2013 une lettre ouverte « Le french flair français est devenu un conte de fées ») Les Néo-Zélandais comprennent très vite quelle voie il est possible de suivre pour faire évoluer ce jeu sans dénaturer leur culture. Ils sont extrêmement créatifs. La petitesse et la situation de leur pays les y obligent certainement et c’est pour cela qu’ils ont toujours un temps d’avance sur les autres. Propos recueillis par Mathias LENZI

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