Provale : questions de reconversion

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    Provale : questions de reconversion
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Mardi à Toulouse, le syndicat des joueurs, Provale, et Axa organisaient une rencontre « la vie après le rugby » afin de sensibiliser les rugbymen professionnels à leur après carrière. Reportage.

Chaque année, entre 200 et 250 joueurs sortent du rugby professionnel. Quelques-uns trouvent un poste de consultant à la télévision, d’autres d’entraîneur. Pour tous les autres, l’histoire ne fait que commencer. Et elle se finit mal, parfois… « Il y a un turnover très important chaque saison. Nous souhaitons faire comprendre aux joueurs qu’un jour, ça va s’arrêter. Ça paraît bête dit comme ça, mais c’est très vrai », explique le directeur de Provale, Gaël Arandiga. Ainsi, le syndicat des joueurs organise, en partenariat avec Axa, des rencontres destinées à sensibiliser les joueurs à leur après carrière et à leur offrir des clés pour la gérer au mieux. Mardi à Toulouse s’est tenue la sixième réunion de ce type, avec une vingtaine de pros présents, venus du Stade toulousain, de Castres, d’Albi, de Perpignan ou de Carcassonne. Parmi eux, l’international tricolore Alexis Palisson (28 ans, 21 sélections) : « Je ne sais pas du tout ce que je veux faire. Je sais ce que je ne veux pas mais je n’ai pas encore d’idées sur ce que sera mon après carrière. Alors je me suis dit que cette réunion me permettrait de m’éclairer un peu, témoigne le Toulousain. Cela m’a permis de commencer à m’aiguiller. Et cela m’a rassuré quelque part. Je ne savais pas, par exemple, que des entreprises acceptaient de faire venir des joueurs durant un ou deux jours pour qu’ils se rendent compte du monde de l’entreprise. Discuter avec les gens d’Axa m’a beaucoup apporté. »

La marque d’assurances, numéro un mondial dans son secteur, emploie une cinquantaine de joueurs de rugby en activité, du Top 14 aux divisions fédérales. Partenaire de Provale depuis plusieurs années, elle va à la rencontre des joueurs pour promouvoir sa marque, mais pas seulement. « Ce partenariat est bénéfique en termes de reconversion mais également financier, livre Gaël Arandiga. L’expertise de ce groupe dans les domaines de la finance et de l’assurance est très intéressante. Ces rencontres ne tournent pas seulement autour de cette entreprise mais on élargit le prisme à la problématique de la reconversion en général. Cela permet de faire venir plus de joueurs qui seraient, de prime abord, un peu effrayés par le monde de la banque ou de l’assurance. »

Un quart des joueurs juge leur reconversion « difficile »

Concrètement, les rugbymen présents ont pu échanger avec les membres de Provale, d’Axa, ainsi que Denis Troch, ancien joueur professionnel et entraîneur de football devenu coach mental, dans différents ateliers pour trouver réponse à toutes les questions qu’ils peuvent se poser. Et ils sont de plus nombreux à le faire, à mesure que le rugby se professionnalise et que les sommes engagées augmentent. Selon une étude sociologique commandée par Provale, ils étaient 26 % à avoir jugé leur reconversion « difficile » en 2012, contre seulement 13 % en 2007. Les joueurs en fin de carrière ne sont pas les seuls à s’interroger. Le talonneur toulousain Christopher Tolofua, 21 ans, était là aussi mardi. Titulaire d’un BTS Management des Unités Commerciales et engagé dans un bachelor de marketing, il a été sensibilisé sur le sujet depuis le centre de formation et y pense depuis un moment déjà : « Personnellement, j’ai pris du recul quand j’ai été blessé aux cervicales il y a un an et demi. Je me suis rendu compte que tout pouvait s’arrêter très vite. Pour en avoir discuté avec des joueurs plus âgés ou pour en avoir vu certains commencer à se poser des questions trop tard, je me suis dit qu’il était important d’être là. Cette réunion nous responsabilise. Et puis c’est intéressant d’échanger avec des professionnels et des joueurs de tous niveaux, ceux de Pro D2 ont peut-être une vision différente de la nôtre, en Top 14. » Après Lyon en mai, la prochaine rencontre aura lieu à Bordeaux d’ici la fin de l’année probablement.

 

Emilie Dudon
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