Le vert est dans le fruit

  • Le vert est dans le fruit
    Le vert est dans le fruit
Publié le , mis à jour

Dominés et logiquement battus par les Irlandais (9-24) ce dimanche à Cardiff, les Bleus ont vécu un lourd retour à la réalité. La leur depuis quatre ans, celle d’une équipe de second plan. Qui n’a plus qu’à espérer un miracle pour encore exister…

Ce n’était donc qu’une illusion. À peine une sensation… « A la mi-temps, nous étions encore dans le coup », se lamentait Thierry Dusautoir quelques minutes après le coup de sifflet final. Menés 6-9 à la pause mais même sevrés de munitions, les Français donnaient des Bleus aux Verts. Allant jusqu’à renvoyer Jonathan Sexton et Paul O’Connell au cimetière des légendes avant de regagner les vestiaires. Il n’était pas encore 18 h 30 en cet enfer du dimanche et l’impression était trop belle. Suspendue au pied de fer de Scott Spedding, lequel, en deux missiles de plus de cinquante mètres (16e et 23e), avait maintenu en (sur) vie un XV de France en panne d’inspiration. Qui n’aura jamais su retrouver sa respiration au retour dans l’arène enflammée du Millennium. Cueilli par le Trèfle dès la 50e minute et l’essai du revenant Rob Kearney, après avoir assommé Frédéric Michalak. Le maître des jeux à terre… Plus qu’un symbole, la preuve par les maux. Non, cette équipe conçue par Philippe Saint-André n’était pas de taille à rivaliser avec celle dessinée par Joe Schmidt. Ou quand l’art de vaincre rejoint celui de séduire.

Et maintenant, les Blacks

Ce dimanche soir, il était un premier constat à dresser : si les Bleus n’ont plus battu une seule fois leur meilleur ennemi sous l’ère de l’actuel sélectionneur — lequel a de fortes chances de réfléchir à sa reconversion plus tôt que prévu -, cela ne relève en rien du hasard. Les coéquipiers de Thierry Dusautoir ont eu beau user de tournures ironiques pour marquer leur aigreur de voir chacune des partitions irlandaises accompagnées de son lot de louanges, leurs saillies n’ont eu d’égales que leurs insuffisances et leur impuissance. Impuissance à dominer les débats. Impuissance à imposer leur griffe. Laquelle, assumée et revendiquée, consistait à se reposer sur une conquête quasi-spatiale avant de disposer des muscles de Bastareaud et Picamoles au centre du terrain. Mais voilà, une conquête à l’ouest et un fantôme de Bastareaud plus tard, le château de cartes – ou plutôt la modeste chapelle – s’est effondré. Restait juste les timbres de Picamoles, lesquels demeureront lettre morte. Car, de plan B, il n’y avait pas. Et cette fois, pas question de nous y prendre encore. La pénalité de la 64e minute, transformée par Morgan Parra ramenant les siens à cinq longueurs de leurs bourreaux, n’était en rien celle de l’espoir. Juste le chant du cygne, lequel n’a attendu que huit petites minutes pour se faire couper la tête par l’essai de Connor Murray. La tête de la poule D, qui revient si logiquement à la bande à Schmidt. Mais des têtes justement, PSA ne devrait-il pas en couper avant d’être assailli d’idées noires avant de tomber sur les All Blacks à l’heure des quarts ? « C’est trop tôt pour dire s’il y aura des changements », s’est-il défendu à chaud, pourtant refroidi par l’impitoyable vérité. Quatre ans pour ça. Pour sauver un funeste mandat, dans la plus belle cathédrale de Cardiff, face à la meilleure équipe du monde. Malheureusement, ce n’est plus une illusion. ​

Jérémy Fadat
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?