Trop faciles, ces Blacks ?

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    Trop faciles, ces Blacks ?
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Et si la meilleure chance pour les Bleus résidait dans le fait que les Blacks, contrairement ce que laissent entendre leurs discours policés, ne les prennent pas vraiment au sérieux ? Au vu de leur semaine, difficile de ne pas le penser…

Par Nicolas ZANARDI, envoyé spécial

On dit de l’histoire qu’elle aime à se répéter. Et bien c’est drôle, mais figurez-vous que c’est tout à fait l’impression qui fut la nôtre à force de croiser les All Blacks dans le courant de la semaine. On se souvient en effet de cette génération néo-zélandaise de 2007, si suffisante devant la Roumanie à Toulouse avant de passer une semaine à alimenter les besoins des sponsors plutôt que de préparer sérieusement la rébellion de la bande à Laporte, déjà sur la pelouse du Millennium de Cardiff. Or, le fait est que, malgré l’expérience des McCaw, Carter, Nonu et consorts, les Néo-Zélandais ont affiché toute la semaine des attitudes bien trop décontractées pour être honnêtes. Sûrs d’eux ? Les Blacks le sont toujours. Mais miséricordieux à ce point ? Jamais… Il faut dire que la performance du XV de France face à l’Irlande n’incite pas à la plus grande prudence. Les Kiwis se sont ainsi fendus d’une communication bien rodée, répétée en chœur par Kieran Read ou les deux Smith, Aaron et Ben : « La France est une grande équipe, que nous respectons beaucoup et dont nous savons qu’elle sera à son meilleur niveau samedi. » Avec quels atouts, s’il vous plaît ? « Il faudra être vigilant au sujet de leur French flair », répondait Read. Ben voyons… L’équipe de PSA assumant depuis quatre ans être au French flair ce que Vladimir Poutine est à la liberté d’expression, mieux valait alors se tourner vers l’expérimenté Jerome Kaino pour une réponse plus avisée. Et là encore, déception… « Le point fort des Bleus, ce sont les phases de ruck. Il faudra être très forts dans ce secteur car lorsqu’ils enchaînent les sorties rapides, leur jeu est très dangereux. » Pour tout dire, on a d’abord cru à l’ironie polie. Avant de se rendre compte de la terrible réalité, qui voudrait que les Blacks se soucient autant des qualités du jeu des Bleus que le RC Toulon de celles d’une équipe italienne en Coupe d’Europe. À la différence que le RCT, lui, n’affronte jamais d’équipe italienne…

Les passes au pied de Dane Coles

Alors, trop faciles avant d’affronter les Bleus, ces Blacks-là ? Pour tout dire, on n’y croyait encore pas vraiment, jusqu’à observer la session de l’entraînement du capitaine, ouverte aux médias lors du dernier quart d’heure dévolu à la technique individuelle. Passons, d’abord, sur le fait que l’ouverture aux journalistes fut retardée par deux fois d’un quart d’heure, sans un mot d’excuse. Mais ce qui frappa, par la suite, c’est l’extrême décontraction des troupes. On sait bien que les Néo-Zélandais répugnent à se mettre dans un état second plus de deux heures avant les matchs. Mais là, tout de même, c’était davantage à une équipe de beach rugby en tournée qu’à une sélection nationale préparant un quart de finale qu’on avait affaire… De Ma’a Nonu et Sonny Bill Williams le cul posé dans l’herbe au talonneur (sic !) Dane Coles répétant (sérieusement !) des passes au pied pour ses ailiers, rien ne sonnait véritablement le sérieux, contrairement aux images aperçues des joueurs du XV de France une heure plus tard, visages fermés, regards décidés.

Alors oui, peut-être s’accroche-t-on à des espoirs invisibles, des observations infondées. Mais le fait est que, pour les Bleus, la meilleure chance réside certainement dans ces attitudes aussi désinvoltes des Blacks. Il est des recettes de motivation éternelles, et là, les Néo-Zélandais les ont servies sur un plateau…

Nicolas Zanardi
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