La belle Australie

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Publié le , mis à jour

Si les All Blacks ont été honoré du titre de meilleure équipe de la saison 2014-2015 par le World Rugby, on ne pouvait toutefois pas oublier de saluer la prestation des vices-champions du monde, les Wallabies de Michael Cheika.

On a souvent coutume de dire que seul le nom du champion reste dans l’histoire et c’est malheureusement bien souvent le cas. Toutefois, si l’on a pu se délecter d’une finale historique et plus largement d’une Coupe du monde durant laquelle le rugby positif fait de mouvements a triomphé, c’est bien en partie grâce aux Wallabies. Arrivés en Angleterre en tant que vainqueurs du Four Nations 2015, les Australiens avaient des certitudes concernant leur jeu, mais engagés dans ce que beaucoup appelaient la poule de la mort, avec l’Angleterre et le Pays de Galles, leur qualification pour les quarts de finale n’étaient pas jouée d’avance.

Sortis vainqueur de la poule de la mort

Le calendrier de cette poule A avait été construit presque comme une épopée homérique. Les trois grandes nations ne se rencontrant qu’à la fin. En effet, les deux premiers succès australiens contre les Fidjiens puis les Uruguayens ne faisaient pas de secret. Tout le monde attendait avec impatiences les deux derniers matchs des Wallabies pour savoir. Le choc contre les Anglais, une semaine après que ces derniers aient chuté contre les Gallois, fut la révélation pour les Australiens et notamment pour Bernard Foley. Auteur de 28 points sur les 33 australiens du soir, les Wallabies ont enterré l’hôte anglais ce soir-là (33 — 13). Ils l’ont fait avec la manière avec notamment les deux essais de Foley. Suite à une longue séquence de jeu australienne, une passe après contact du pilier droit Sekope Kepu met Bernard Foley en orbite pour aller inscrire le premier essai du match après un dernier crochet. À cinq minutes des citrons, Will Genia, au sortir d’un ruck près des 22 mètres anglaise, porte le ballon vers la gauche avant de renverser subitement le jeu sur Foley qui accélère à droite, sert Kurtley Beale à son intérieur, où un intervalle s’est ouvert. Ce dernier retrouve Foley après avoir fixé Mike Brown. L’ouvreur australien inscrit un doublé ce soir-là. Au sortir de ce match, les Australiens ont réellement impressionné et ont surtout éliminé l’hôte anglais. Une semaine plus tard le match contre les Gallois est un peu plus fermé, mais avec beaucoup de solidarité les Australiens décrochent la victoire et la première place de la poule (15 – 6). Les Wallabies sont donc sortis leader incontesté de cette poule A, un réel exploit ! On retiendra juste, la petite alerte en quart de finale contre les Écossais. Ce soir-là, ils auraient bien pu être éliminés. Enfin, Enfin, l’essai de Drew Michell en demi-finale qui scella la victoire contre les Pumas restera dans les annales.

Des surprises techniques et tactiques

Michael Cheika et ses hommes nous ont aussi offert d’intéressants ajustements techniques. En effet beaucoup loueront la progression des Wallabies en mêlée grâce aux prestations de Scott Sio et Sekope Kepu ainsi qu’à la science de Mario Ledesma, mais les Australiens se sont montrés inventifs sur certains éléments tactiques. À commencer par leur placement sur leurs coups de pied de renvoi. Les joueurs se plaçaient effectivement à 10 mètres derrière le botteur pour arriver lancés. Certains diront à juste titre d’ailleurs, que ce n’est pas une nouveauté, que d’autres équipes ou joueurs avaient prôné cela auparavant, toutefois cela peut symboliser la volonté des Walalbies de surprendre mais aussi de ne rien laisser au hasard. En revanche, le secteur dans lequel ils ont surpris par leur organisation et leur intelligence, est bien celui de la défense. Par exemple, sur des touches défensives, les Australiens ont effectivement décidé de placer à plusieurs reprises David Pocock en premier défenseur aux côtés de Tevita Kuridrani. Afin d’épargner Bernard Foley, moins bon défenseur. Hormis contre l’Écosse et bien sûr contre les Néo-Zélandais, les Wallabies ont fait montre d’une organisation défensive intraitable. Que ce soit contre les Gallois en poule, où les coéquipiers de Stephen Moore réduits à 13, n’ont pas encaissé d’essai alors que les Gallois ont fait le siège de leurs 22 mètres. Cet exploit est passé par l’investissement de chacun, le don de soi mais également l’intelligence tactique. Par ailleurs, lors de la demi-finale contre les Argentins, durant laquelle les Pumas ont relancé une multitude de ballons, n’ont jamais abdiqué et sont toujours venus se briser sur la défense australienne. En sept matchs, les Australiens ont réussi la bagatelle de 843 plaquages… et en ont manqué 137, soit un ratio de 86 % de plaquages réussis. Dans cet exercice, la troisième ligne Fardy-Pocock-Hooper s’est particulièrement illustrée tout comme Tevita Kuridrani ainsi que sur l’exercice du grattage au sol. David Pocock finissant meilleur gratteur de la compétition. Malheureusement pour eux, face aux génies néo-zélandais cela n’a pas suffi. Au vu de tout cela et à l’instar de Michael Cheika, il y a de quoi être confiant quant à l’avenir de l’Australie. M. L.

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