Le vague à l’âme de Jedrasiak

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    Le vague à l’âme de Jedrasiak
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Particulièrement marqué par la lourde défaite concédée par les Clermontois sur leur pelouse, samedi face à Toulon (9-35), le deuxième ligne auvergnat assume face à la presse. Non sans émotion.

C’est le métier qui rentre. L’autre partie du métier, celle loin des terrains. Paul Jedrasiak, 23 ans, a reçu une sacrée gifle samedi soir. Comme ses coéquipiers. Comme tous les supporters clermontois, devant la télé ou dans ce stade qui, depuis le début de la saison, oublie ses bonnes manières. Mais dès le coup de sifflet final venu entériner la démonstration toulonnaise (9-35) et mettre fin au calvaire des Auvergnats, le jeune deuxième ligne avait d’autres obligations qui l’attendaient. Jedrasiak ne s’est pas défilé et s’est présenté face à la presse. Pas qu’il en avait vraiment envie. Mais il fallait le faire.

À la première question, allusion obligée à l’humiliation qu’il venait de subir, il a laissé transparaître son désarroi. « Ouais, Ouais… Ouais… On a perdu, ils nous ont gratté beaucoup de ballons. Voilà, on a perdu… C’est une faillite collective. Ça fait mal. Je ne sais trop quoi dire. Ce n’est qu’un match de rugby mais j’ai mal au cœur. » Dans une équipe coupable de ce manque de caractère qui commence à peser sur la longueur, Jedrasiak a fait part de sa frustration. « On s’est trop fait bouger dans le combat. Pourquoi ? Je ne sais pas. Je ne sais pas… (il s’arrête) A la fin, je suis plein de colère. (il marque une pause) Forcément qu’il y a beaucoup de la colère. On est chez nous, dans notre stade et on en prend trente. (il s’arrête à nouveau) Il nous a manqué de la puissance, cela résume bien la situation. De la puissance, oui… Et plein d’autres choses. À la fin, chacun voulait sauver la patrie. Mais c’était trop tard, le match était déjà fait ».

Relever la tête

Palpable, son émotion a jeté un froid sur l’assistance. Pas de défiance, plutôt de la compassion. Logique, sa vexation n’en était pas moins touchante. Et puis, il a relevé la tête, faisant honneur au combattant que l’on connaît généralement. « Nous allons repartir, la saison est encore longue. Oui, nous allons repartir. Nous allons relever la tête, j’en suis sûr. Nous sommes des hommes, nous avons tous une famille. Nous allons rester fiers et nous allons repartir pour tout défoncer à Brive, la semaine prochaine ». Brive, ce sera dimanche. Avant d’y arriver, Jedrasiak voulait oublier le rugby le temps d’une soirée, samedi. « Là, j’ai envie d’être chez moi. Tout seul, dans le noir » Une dernière phrase qui lui permit de lâcher un léger sourire. Enfin.

Léo Faure
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