Camou monte au front

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    Camou monte au front
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En marge de l’assemblée générale extraordinaire de la FFR, le président Pierre Camou a pris la parole et rué dans les brancards..

Par Arnaud Beurdeley et Marc DUZAN

« On m’a rapproché de ne pas assez parler. Seulement, parler à outrance n’est pas un gage de crédibilité. Ce n’est pas le timing d’un candidat en campagne qui doit dicter la conduite d’un président de fédération. Je l’ai dit et le répète : j’assume la responsabilité du XV de France. Mais assumer, ce n’est pas démissionner. Assumer, c’est réfléchir, se poser les bonnes questions et réagir. Vous m’avez élu pour un mandat de quatre ans qui n’est pas terminé. C’est peut-être le dernier mais pour l’instant je suis encore là. Après l’échec des Bleus en Coupe du monde, j’ai donc réuni le bureau fédéral. Nous y avons décidé de mettre en place avec la LNR une cellule technique composée de membres extérieurs aux instances traditionnelles. Les commentateurs ont immédiatement dénigré cette commission en déclarant qu’elle n’aura pas d’utilité parce qu’elle sera composée encore et toujours des mêmes responsabilités. Ils seront surpris...

On dit qu’on me respecte mais on me traite d’irresponsable. On dit qu’on m’aime beaucoup tout en me traitant d’incapable. En clair, on me dicte aujourd’hui ce que j’aurais du faire hier. Ces gens monopolisent les médias et font de la défaite du XV de France le lit de leurs ambitions personnelles, tout en clamant, je cite : « la défaite des Bleus me donne raison ». Ca, c’est irresponsable.

J’ai de la mémoire et j’ai souvenir, en 2007 à Wellington, d’une défaite très large du XV de France face à la Nouvelle-Zélande. [...] On nous reproche d’avoir dit que nous partions au Mondial pour le gagner. Avait-on dit le contraire en 2007 après cette défaite ? Pour ma part, j’ai organisé en 2012, après une finale perdue d’un point et alors que le monde du rugby était euphorique, les états généraux de notre sport. Les problèmes existaient déjà et nous n’avons pas pu les résoudre d’un coup de baguette magique. Les choses ne sont pas si simples. Mais nous avons avancé, notamment sur la mise à disposition des joueurs ou limitation des matchs des internationaux. Nous ferons davantage pour égaler les meilleures nations et sur le long terme, améliorer notre formation.

Je tiens enfin à saluer la performance des arbitres français. Notre pays était le mieux représenté avec quatre officiels, Mathieu Raynal, Romain Poite, Pascal Gaüzere et, bien sur, Jérome Garcès, lequel fut le premier Français à arbitrer une demi-finale de coupe du Monde. Il me semble qu’il y a trois ans, l’un d’entre-eux (Romain Poite) avait été pris à partie en ces termes : « Avec des gens comme toi, je comprends que nous n’ayons pas d’arbitre en Coupe du monde. » Je souhaite donc aujourd’hui à leur rendre hommage. Car ce n’est pas en insultant un arbitre qu’on le fait progresser.

Au sujet de la réforme statutaire de la FFR, il a été dit tout et n’importe quoi. Quelques uns se sont mués en juristes en affirmant des choses, en semant la confusion pour nous discréditer ; c’est comme ça qu’a été alimentée la rumeur d’une décision du conseil d’état permettant de mettre en place le vote décentralisé. Une décision qui n’a jamais existé et que la fédération aurait cherché, si l’on en croit les commentateurs, à contourner. Tout est mélangé, déformé. C’est une véritable désinformation dont le paroxysme a été atteint le week-end dernier avec la diffusion via les canaux fédéraux d’un courrier mensonger. Je suis donc sorti de ma réserve pour rétablir la vérité car c’est trop facile d’accuser à tort et à travers. J’ai rappelé les faits et rien que les faits en joignant toutes les pièces au dossier pour que vous (les présidents de clubs, N.D.L.R.) puissiez vous faire votre propre opinion et non pas celle qu’on dicte dans les tracts politiques. Les nouvelles dispositions statutaires sont conformes au droit français. Elles ont le mérite de constituer une avancée dans le processus de modernisation et de simplification du fonctionnement de notre institution, tout en respectant les limites qui nous ont été fixées. Je crois que c’est dans l’intérêt de tous que le futur comité directeur soit élu selon un processus juridiquement et techniquement sécurisé. Il est de notre responsabilité collective d’éviter l’instabilité. Il n’est pas question de laisser quiconque salir notre institution avec de grandes formules populistes, des références à des pays lointains à des régimes où règnent la terreur. Toutes ces diatribes destinées à faire le buzz sont totalement déplacées et ne servent pas les intérêts du rugby français. On ne peut pas dire ça lorsque l’on prétend vouloir mener une campagne digne et non pas de caniveau. En cette période douloureuse pour notre pays, il serait de bon ton de faire preuve de discernement et de modération. » ​

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