Laussucq « Les joueurs ont un problème de confiance les uns envers les autres »

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    Laussucq « Les joueurs ont un problème de confiance les uns envers les autres »
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Défait une nouvelle fois loin de ses terres le Stade Montois est douzième du ProD2, au plus grand désarroi de son entraîneur Christophe Laussucq.

Une nouvelle défaite à l’extérieur pour le Stade Montois…

On a montré le même visage qu’à Bourgoin, Biarritz ou Narbonne. Notre défense qui nous a tenu depuis deux saisons nous lâche désormais très rapidement. On laisse les adversaires creuser l’écart trop tôt dans le match. Après les rébellions en fin de matchs prouvent qu’il nous reste quelques qualités, mais on est quand même très loin du compte. On est dans le dur. Ça fait un moment qu’on en parle et il était temps qu’on arrive à ces vacances de Noël. Mais à part espérer que ça fasse du bien à tout le monde dans les têtes et dans les corps on ne peut pas espérer grand-chose. En tout cas il n’y a pas grand-chose à retenir de ce dernier mois du Stade Montois.

La mêlée a quand même semblé mieux se comporter…

Oui mais je n’ai pas envie de détailler point par point. À la fin on a eu peur d’être ridicules et des choses ont été un peu mieux. Mais le début de match reste problématique. Au bout de quinze minutes on est à quinze points, comme ce fut le cas à Bourgoin et Biarritz. On lâche trop facilement les matchs.

Comment, avec en majorité de joueurs présents en finale la saison dernière, le Stade Montois peut afficher de telles difficultés défensives ?

On a perdu beaucoup de caractère. Ce qui fait une bonne défense c’est avant tout le caractère, l’envie d’empêcher l’adversaire d’avancer, de les contrer, c’est ce qu’on avait et qu’on a perdu. On n’a pas changé d’organisation, de système défensif. Je crois avant tout que les joueurs doivent se vider la tête afin de revenir avec plus de confiance et un autre état d’esprit. Parce qu’avec l’état d’esprit qu’on a aujourd’hui sur le terrain on ne peut pas exister. J’ai l’impression que, comme à Bourgoin ou Biarritz, les équipes qu’on arrivait jusqu’aujourd’hui à contrer, sans prendre trop d’essais, réussissent à dérouler leur rugby contre nous. Et nous n’allons plus les chercher, on ne les contrarie pas, on rate beaucoup de plaquages, on est fébriles parce que c’est la défense qui donne le moral à une équipe. L’an dernier on n’était pas souvent brillants mais on avait ça qui nous tenait et nous permettait de prendre des points à l’extérieur, ce qui n’est plus le cas.

On vous sent vraiment abattus après cette défaite…

Je le suis depuis un petit moment. On sent une lassitude qui grandit semaine après semaine et je n’ai pas d’explications… C’est pour ça que je compte énormément sur ces vacances et j’espère que les joueurs reviendront avec de l’enthousiasme et une envie nouvelle de jouer au rugby. Je ne pense pas que ce soient devenus des tricheurs, des fainéants, mais je crois qu’ils ont un problème de confiance en eux et surtout de confiance les uns envers les autres. L’envie de se faire mal les uns pour les autres et c’est un peu la clé de notre sport.

Le Stade Montois doit-il revoir ses objectifs à la baisse après treize journées ?

On n’a jamais parlé d’objectifs, ni cette saison ni les saisons précédentes. On nous colle une étiquette de favoris parce qu’on reste sur une belle saison mais on ne peut pas être tout le temps en haut de cette ProD2, quand on voit les difficultés qu’éprouvent des clubs bien plus riches que le nôtre. C’est un championnat très compliqué et qui s’endurcit d’une année sur l’autre. Il suffit de regarder l’exemple des Narbonnais qui avaient été excellents il y a deux saisons et qui ont faillit descendre la saison passée. Nous, on est capables de faire de belles choses mais on sait aussi qu’on n’est pas si loin du bas de tableau. On cherche des solutions pour faire faire grandir l’équipe et en ce moment on a beaucoup de boulot.

Cette défaite en finale du ProD2 semble vraiment vous avoir fait du mal…

Bien sûr que ça nous a fait du mal. Ça a été une grosse déception qui a suivi une grosse débauche d’énergie et ça a été dur de démarrer cette saison. Mais on en peut plus se cacher derrière, ça fait déjà six mois. On doit se souvenir que la saison dernière on avait de l’appétit, de l’enthousiasme et qu’on avait les dents qui rayaient le parquet. Si on retrouve tout ça, tout n’est pas perdu. On n’est pas devenus si mauvais en si peu de temps. Il va vite falloir qu’on rebondisse.

C’est la fin d’un bloc au cours duquel vous perdez trois fois à l’extérieur, pour deux victoires à domicile. On imagine que c’est insuffisant…

On voulait cinq victoires et le bilan mathématique qui va avec, or on a pris neuf points. C’est insuffisant mais c’est surtout la manière et ce manque de caractère qui me chagrinent. C’est inquiétant et personne n’avait envisagé tel scénario. Que ce soit pour les joueurs ou le staff c’est dur. On doit rester solidaires, se serrer et on va faire le vide. J’espère que les joueurs vont s’éclater dans leurs familles et revenir avec le Stade Montois qu’on connaît : une équipe courageuse, accrocheuse. Ce sont nos valeurs et je crois que c’est ce qu’on a le plus perdu et qu’il nous tarde de retrouver. Propos recueillis par Pierrick Ilic-Ruffinatti

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