C'est l'heure de la révolte !

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    C'est l'heure de la révolte !
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ce France-Angleterre s’annonce dans la plus pure tradition des oppositions de styles. Les Bleus rêvent de priver le tout-puissant XV de la Rose du treizième Grand Chelem de son histoire. 

Ce doit être le fruit de l’ère du temps. Celui de la cybernétique, des données objectives, des chiffres définitifs. Alors, en rugby comme ailleurs, on compte, on calcule, on dénombre. Quoi donc, au juste? Oh, tout et rien à la fois. Au point que les performances se mesurent désormais non plus en frissons et en émotions, mais en «offloads», ballons perdus, et autres plaquages manqués… Trois domaines dans lesquels, paraît-il, les Bleus ont fait exploser les compteurs en Écosse, provoquant ainsi la première défaite du XV de France à Murrayfield depuis une dizaine d’années. Et entraîneurs comme journalistes, joueurs comme supporters, de s’abreuver jusqu’à l’écœurement de ces statistiques d’autant plus déprimantes à l’heure d’affronter l’Angleterre, en route pour son premier Grand Chelem depuis 2003. 

Les mêmes intentions

Avis de déchet, vous dites? On en était à peu près là cette semaine à Marcoussis, lorsque Guy Novès se décida, enfin, à replacer un peu d’humain au cœur des débats. «Pourquoi avons-nous fait tomber autant de ballons en Écosse? Je ne sais pas. Ils sont tombés, c’est tout. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures. D’ailleurs, je ne peux pas vous garantir que nous n’allons pas encore faire tomber des ballons samedi. En revanche, je suis garant du fait que nous allons conserver les mêmes intentions dans notre envie de jouer un rugby dynamique, de nous faire des passes.»

Discours salutaire? On le verra bien ce soir. En tout cas, Novès a au moins eu le mérite de rappeler aux ingénieurs du rugby que ce sport demeure un jeu simple. Foin de statistiques et autres recherches dignes du CNRS, la donne de ce France-Angleterre sera d’une simplicité biblique.

Relever tous les défis

Entre deux équipes décidées à se reconstruire sur leur héritage culturel depuis leurs débâcles du dernier mondial, c’est bien à une totale opposition de styles que l’on devrait assister à Saint-Denis. Experts en destruction, les Anglais opposeront leur puissance frontale et leur jeu à moindre risque aux velléités de mouvement d’un XV de France au pied du mur. Vu comme cela, ce 102e affrontement aura au moins pour lui le goût de la tradition… Aux Bleus de se montrer à la hauteur, eux qui n’ont rassuré personne la semaine dernière.

Toutefois, comme l’assurait Guy Novès, «le joueur français demeure capable de relever tous les défis». Voilà pourquoi ce dernier, désireux de jouer sur l’esprit de revanche de ses hommes, le sélectionneur n’a procédé qu’à deux changements visant à alourdir une troisième ligne transparente en Écosse, et l’habiller de façon à résister aux assauts des Vunipola, Itoje et consorts. Un défi de taille, qui consistera moins in fine à priver les Anglais du grand chelem qu’à définitivement réconcilier une équipe avec son public. Ce qui consistait, ne l’oublions pas, le premier objectif de Novès avant ce Tournoi…

Nicolas Zanardi
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