Quand l’Italie tenait la route

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    Quand l’Italie tenait la route
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L’entrée dans le Tournoi n’a rien apporté à l’Italie, hélas. Dans les années 90, les Transalpins tenaient vraiment la route face aux meilleures nations.

L’Italie a fini piteusement le dernier Tournoi. Seize ans après son entrée, son bilan est plus que médiocre. Il est catastrophique. Les Transalpins n’ont pas apporté grand-chose à la compétition et surtout, on ne les sent pas en progrès, bien au contraire. Quel paradoxe, leur participation au Tournoi les a presque fait régresser peut-être pas dans l’absolu, mais dans la hiérarchie mondiale, c’est une certitude. Autrefois, l’Italie fut pourtant une bonne équipe du rugby mondial, pas un pays majeur, mais un outsider sérieux avec notamment un âge d’or : les années 90. A cette époque encore officiellement amateur, les clubs italiens avaient des moyens et ils recrutaient les meilleurs joueurs du monde, surtout des sudistes, à qui ils permettaient de jouer durant l’intersaison australe. Des gens, comme David Campese, Michael Lynagh, John Kirwan ou Naas Botha ont porté les couleurs de Trévise, Milan ou Rovigo. A l’époque, ça donna un coup de fouet terrible au rugby local. Les joueurs italiens furent tirés vers le haut, tout en recevant, c’est vrai, le renfort de quelques Argentins de qualité qui arguaient de leurs origines familiales pour pouvoir pratiquer un rugby quasiment professionnel. Déjà en 1987, elle termina deuxième de poule à égalité avec l’Argentine et les Fidji (victoire sur ces derniers) mais ne se qualifia pas. La Coupe du Monde 1991 fut la confirmation de cette montée en gamme. Les Italiens entraînés par le Français Bertrand Fourcade furent très compétitifs durant la phase de poule avec une victoire contre les Etats-Unis 30 à 9, une défaite contre l’Angleterre 36 à 6 et surtout, un match formidable à Leicester contre les All Blacks. Les Néo-Zélandais l’emportèrent 31 à 21, mais le score ne reflète pas la magnifique résistance d’une équipe dont l’un des centres s’appelait Diego Dominguez (Massimo Bonomi jouait à l’ouverture). Aujourd’hui, les Italiens qui ont joué la rencontre sont persuadés qu’ils auraient pu l’emporter avec un arbitrage un peu plus clément de l’Australien Fitzgerald face à des All Blacks vexés par la qualité de l’opposition. Ils auraient été énervés au point de balancer quelques coups vicieux pour éliminer quelques joueurs, comme le pilier Properzi par exemple. A revoir les images aujourd’hui, on se dit que les Néo-Zélandais étaient quand même supérieurs notamment offensivement avec Kirwan et Tuigamala mais les Italiens avaient opposé une résistance étonnante au niveau du jeu d’avants. En 1995, les Italiens battirent les Pumas 31 à 25 en ne perdirent que 27 à 20 contre les Anglais. Dans la foulée, l’Italie connut un âge d’or en faisant bonne figure face aux nations du Tournoi qu’elle rencontrait en match amical. En 1996-97-98, elle réussit même à jouer une sorte de Tournoi « pirate » où elle gagna trois matches sur cinq (victoires face à l’Irlande, l’Ecosse et la France et défaite face à l’Angleterre et le pays de Galles). Elle était entraînée par un autre Français, Georges Coste. C’est comme ça qu’elle gagné son entrée dans le Tournoi.

Jérôme Prévot
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