Mauléon rétrogradé ? Et alors ?

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    Mauléon rétrogradé ? Et alors ?
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L’année de ses 110 ans, le SAM va descendre en Fédérale 2 où il n’a jamais fait de vieux os. Un nouveau rendez-vous sera pris avec l’élite amateurs.

Le sommet de la pyramide du comité du Béarn coiffé du dôme de la Section paloise surmontant deux blocs taillés dans la pierre de la Fédérale 1, apparaissait comme une construction robuste et stable. Ni Oloron, ni Mauléon n’étaient de trop dans le paysage du plus petit territoire du rugby français en termes de superficie. Il va pourtant falloir s’y faire, seul un vrai miracle pourrait sauver les Mauléonais d’un retour à l’étage moins exposé de la Fédérale 2 qu’ils n’ont que très peu fréquentée depuis 1998. Le SAM a bravement résisté, les armes à la main, il a même signé de hauts faits d’armes face à des armadas de bien plus gros tonnage. Seulement les vents ont été contraires. Les blessures précoces d’éléments, notamment deux espoirs du BO, sur lesquels le groupe comptait s’appuyer ; le changement d’entraîneurs le 24 janvier lorsque le président (depuis juin 1997) Beñat Queheille a dû remplacer Yannick Vignette et Christian Etchebarne par Jacques Vergez et Philippe Hontas, sont des faits concrets comme autant de circonstances atténuantes. « À Mauléon nous ne sommes pas habitués à gérer ce genre de problèmes de coach mais il n’y a pas eu de clash, précise le secrétaire général Henry Etcheberry. Tous les ans nous sommes sur le fil du rasoir mais quand on est entraîné dans la spirale de la défaite avec des matchs qui basculent du mauvais côté, tout devient plus difficile. »

Tourné vers la jeunesse

Et c’est justement l’année de ses 110 ans - que le club célébrera le 9 avril par une belle fête - que le SAM va devoir faire face à une douloureuse rétrogradation. D’autant plus pénible à supporter que l’équipe B, les Bélascain et les Balandrade sont en position de qualifiables. L’un des symboles de la résistance au modèle rugbystique libéral qui pénètre l’élite amateurs va tomber. Il serait cependant hasardeux de condamner les Mauléonais à un long purgatoire car un esprit demeure, tenace. Pour en avoir la confirmation, il suffit de prêter l’oreille aux propos de l’ouvreur titulaire Sébastien Barbéraréna qui évoluait en première à Aramits à 18 ans. Il vient d’arriver d’Oloron et il est l’un des plus jeunes (20 ans) : « Les dirigeants du SAM m’ont promis que je jouerai et ils ont tenu leur promesse. Notre premier match contre Nevers a été prometteur mais le match retour a été humiliant. Nous avons entendu beaucoup de critiques qui n’étaient pas justifiées, c’est blessant, surtout quand on fait beaucoup d’efforts. » Sébastien Barbéraréna, enfant d’un père agriculteur à Barcus, a appris le message paternel : « Au travail comme au rugby il faut s’accrocher. » Pour être à l’heure chez son employeur il se lève la nuit à… 2 h 15. « Ce ne sont pas les conditions idéales, constate-t-il fataliste. Le championnat est relevé et il faut être bien préparé. Cela dit, il y a au club et au sein de l’équipe une bonne ambiance, et un gros public au stade. Mon avenir je le vois à Mauléon, la Fédérale 2 est un joli challenge à relever et nous aurons une bonne équipe de jeunes joueurs. » Actuellement, le doyen du groupe, le centre Gillen Guiresse, est né en décembre 1986. 30 ans, c’est dire si les perspectives ne sont pas aussi moroses que les plus pessimistes veulent l’entendre. Il restera quand même à réduire le déficit de densité physique qui a une nouvelle fois pénalisé les Mauléonais. Et leur état d’esprit fera le reste. Par Gérard PIFFETEAU

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