Sorties lentes : l’option du maul

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    Sorties lentes : l’option du maul
Publié le , mis à jour

Tombée en désuétude, la création de ballons portés dans le jeu courant revient au goût du jour. En réponse aux plaquages « chaises », mais pas seulement…

À force se voir se multiplier les plaquages au ballon visant à «coffrer» les attaquants debout pour créer un maul et récupérer le ballon une fois celui-ci jugé improductif par l’arbitre, il fallait s’y attendre : les attaques s’adaptent. L’idée? Elle suit à peu près ce raisonnement: «Vous voulez nous forcer à créer un maul? O.K. Mais on va s’organiser en fonction.» Et se préparer à la création du ballon porté dans le jeu courant, de façon à assurer la conservation du ballon, mais surtout une avancée susceptible de fixer la défense, voire d’obtenir une pénalité si celle-ci se hasarde à écrouler le maul…

À ce titre, le Stade toulousain s’est avéré précurseur cette saison, reprenant à son compte de vieilles recettes. «J’ai le souvenir qu’à une époque, le Stade français réalisait des ballons portés au milieu du terrain, avec ses trois-quarts, nous confiait voici peu le manager Ugo Mola. C’était quasiment indéfendable. Alors, sans vouloir aller aussi loin, l’idée était de nous donner la possibilité de fixer des défenseurs autour des regroupements, là où la densité est la plus importante, notamment près de la ligne d’en-but adverse. » Or, pour créer un ballon porté dans le jeu courant, la principale difficulté consiste à trouver la bonne «distance » par rapport au ruck précédent. Trop près du regroupement, l’attaque s’expose à voir le maul dirigé par la défense sur le regroupement précédant, le réduisant facilement à néant. Trop loin, le premier attaquant risque de se voir plaqué au sol, ou renvoyé dans son camp avant même l’arrivée de ses soutiens.

Contact à 45°, appuis écartés

D’où la nécessité de bien déterminer le porteur de balle chargé du premier impact, et l’importance pour celui-ci d’observer de bonnes attitudes. «La différence entre créer un maul dans le jeu courant et le faire après une touche, c’est que le premier attaquant doit aller seul au contact, tandis que sur une touche les lifteurs sont là pour l’aider à tenir debout. Pour rester sur ses appuis au contact de la défense, l’attaquant ne doit pas arriver trop lancé, et surtout ne pas présenter le ballon aux adversaires, pour ne pas se le faire bloquer. L’idéal, c’est d’arriver à 45° par rapport à la défense, en tenant le ballon sous le bras opposé aux plaqueurs, de façon à pouvoir se retourner très vite une fois au contact. Le deuxième réflexe doit être de bien écarter les deux appuis pour rester debout au cas où un défenseur se jette dans les chevilles, le temps que le soutien arrive. »

L’organisation de ce dernier étant régi par des principes immuable: un joueur au soutien, deux autres à l’étayage. L’ordre de poussée n’étant vraiment donné qu’une fois le ballon bien sécurisé au fond de la structure, si possible dans la direction opposée du ruck précédent. Cela afin d’éviter au ballon de trébucher sur des joueurs traînant au sol…

Nicolas Zanardi
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