Alfredo Gavazzi: Formation, publique et résultats, les priorités

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Entretien avec Alfredo Gavazzi

Monsieur Gavazzi, à votre avis quels sont les éléments qui empêchent le rugby Italien de progresser?

Des années 80 au début du millénaire, notre rugby a progressé grâce à des joueurs qui avaient la double nationalité italo-argentine. Aujourd’hui nous sommes persuadés que la croissance ne peut passer que par un programme de formation à partir des moins de 15 ans. Le manque d’activité sportive à l’école, représente un gros obstacle pour nous et pour les autres sports d’ailleurs. Nous avons mis sur pied un projet spécifique jugé positivement par World Rugby. C’est ce qui explique la choix de Stephen Aboud et de Conor O’Shea à qui nous avons confiés des responsabilités en terme de formation et d’accès au plus haut niveau.

Quelle est votre opinion au sujet système des compétitions ?

Lorsque nous avons pris la décision d’intégrer la Ligue Celte il y a six ans, on l’a fait par désir de participer à une compétition techniquement supérieure à l’Eccellenza, notre championnat national. Ceci impliquait une baisse de son niveau dans un premier temps. Au bout de cinq saisons, malgré une crise économique qui a frappé durement les clubs par une manque de sponsors conséquents, nous avons inversé la tendance: deux joueurs, Odiete (Mogliano) et Bellini (Padoue) étaient titulaires pendant tout le Six Nations dernier, l’Italie Emergents (formé par plusieurs joueurs de l’Eccellenza) a battu Uruguay et Géorgie (Tblissi Cup). Ceci dit, pour en revenir au Pro 12, avec deux franchises, nos possibilités à former des athlètes de haut niveau restent réduites par rapport à l’Irlande et au Pays de Galles. On sera prêts bientôt à aligner une troisième franchise.

Le système des Académies fédérales est sévèrement jugé par la base des clubs. Qu’en pensez vous?

Je ne suis pas d’accord sur le fait que les résultats soient jugés insuffisants: on n’a mis en place ce système qu’à partir du 2013. L’année dernière, l’Italie U18 fut très compétitive et ce même groupe devint l’ossature des moins de 20 ans dans le du dernier Tournoi, avec quelque bonne prestations. Nous verrons quels seront leurs résultats la saison prichaine.

Seriez vous favorable à un championnat national sans descente à l’instar du Pro12?

En tant que représentant de la totalité du rugby italien, je pense qu’il faut garantir l’opportunité à n’importe quel club de la deuxième division de monter. Ces clubs doivent être stimulés pour pêut-être donner des fruits nouveaux. On ne peut importer le système de la Ligue Celte à notre compétition.

Pendant son discours d’adieu, Jacques Brunel a dénoncé une collaboration insuffisante entre l’équipe nationale et les franchises.....

La FIR donne quand même 4 millions d’euros à chacune des porinces chaque année. Lorsque j’ai été élu président, les relations entre FIR et Benetton n’étaient pas au sommet, pour des raisons politiques. Dans l’intérêt du mouvement il fallait dépasser ce genre de difficultés pour enfin collaborer. En plus, la crise des Aironi nous a obligé de créer les Zebre. Aujourd’hui les relations sont sensiblement meilleures que par le passé

Quels sont, à votre avis, les trois priorités du rugby italien?

D’abord, la formation à chaque niveau et dans tous les aspects: arbitres, entraîneurs, cadres dirigeants, managers. Deuxièmement, le développement du public en Pro12 et en Eccellenza. Troisièmement, le développement ultérieur du marché des droits télévisés. Je souligne cet aspect car il est fondamental du point de vue commercial. La totalité de cet argent doit être affectée aux résultats sportifs».

Jérôme Prévot
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