L’US Tours reléguée en Fédérale 3 !

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    L’US Tours reléguée en Fédérale 3 !
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La commission d’appel a confirmé la décision prise en première instance : tours a été relégué administrativement en Fédérale 3 pour motifs financiers. Ses dirigeants ont declaré vouloir contester cette décision au Cnosf.

La Commission d’appel fédérale a confirmé, mercredi, la décision prise en première instance, de procéder à la relégation administrative de l’US Tours en Fédérale 3. Les raisons sont doubles. Le club présente un déficit estimé autour de 70 000 euros. La somme est relativement absorbable, mais l’US Tours est un club récidiviste. Il est déjà engagé dans un processus de remboursement d’une ancienne dette par le fait d’un moratoire contraignant. Et aussi, et c’est aussi ce qui a motivé la sévérité du jugement des gendarmes de la DNACG, ils ont constaté une augmentation de la masse salariale. Ce point a été jugé rédhibitoire. « Il faut tout de même constater que nous retrouvons toujours les mêmes clubs en difficulté, a commenté Georges Duzan, le responsable des championnats fédéraux. Compte tenu des problèmes vécus en Fédérale 1, nous étions satisfaits de voir que la Fédérale 2 avait pu échapper à la problématique des clubs trop dépensiers. Ce n’est finalement pas le cas, et nous en sommes désolés. » Les dirigeants de l’US Tours n’ont pas souhaité commenter cette décision. Le président Ali Kefif a simplement déclaré qu’il ferait appel à la Commission de conciliation du CNOSF pour la contester. Un fait demeure, en dehors de l’expertise minutieuse de la situation : les Tourangeaux sont devenus les champions de France toute catégorie de la relégation administrative.

La quatrième fois

Les Tourangeaux avaient subi leur première sanction administrative en 2006, rétrogradés de Fédérale 1 en Fédérale 2 dans ce rugby moderne à la rigueur économique naissante. En 2008, le club se qualifiait pour les phases finales de Fédérale 1, mais devait rejoindre la Fédérale 2 pour des motifs identiques. En 2011, il ajoutait à une rétrogradation sportive en Fédérale 2 une nouvelle rétrogradation administrative, qui devait le conduire en Fédérale 3. C’était l’année de la dette abyssale estimée à près de 500 000 euros. La rétrogradation administrative de cette année est la quatrième en dix ans.

Que s’est-il passé pour le train économique déraille encore ? Comme partout ailleurs où les projets deviennent déficitaires, les dirigeants ont trop alimenté la locomotive sportive, en pensant, à tort, qu’elle provoquerait l’adhésion de son environnement économique. C’est pourquoi les dirigeants avaient accueilli un responsable du marketing, Gérard Levaux. Son action positive avait permis de faire face à la dette. Son action négative, de faire croire que le club pourrait convaincre des partenaires en obtenant des résultats sportifs. Les trois anciens entraîneurs, Xavier Guillemet, Laurent Tavard et Martial Carrière, défendaient, de leur côté, la construction d’un effectif capable de se positionner pour une montée en Fédérale 1. La saison dernière, le club disposait de cinq joueurs sous contrat dans son effectif. À l’intersaison, la décision de Gérard Levaux de couper son action pour rejoindre le hand-ball féminin de Chambray-les-Tours, aurait dû mettre un terme à cette expansion superficielle. Mais trois contrats ont été renouvelés. La situation s’est dégradée. Au mois de novembre 2015, après un début de saison particulièrement réussi, les trois entraîneurs démissionnaient ensemble, à la surprise générale, en raison disaient-ils « de l’incapacité des dirigeants du club à construire un avenir économique. » L’avenir du club ne semble pas menacé.

L’action au CNOSF, qui mettra en suspend la décision de rétrogradation, pourra peut-être lui permettre de participer aux phases finales de Fédérale 2, si jamais il y accède. Le groupe des joueurs est touché. Les anciens, qui ont remonté le club depuis la Fédérale 3, n’ont pas profité des dépenses, et en subissent encore les effets. Depuis quelques mois, il arrive que des tensions surgissent dans l’équipe. Les bons résultats sportifs avaient masqué la situation. Avec le prononcé de cette relégation, elle éclate au grand jour. C’est maintenant au tour du conciliateur du CNOSF de se pencher sur la question. Par Guillaume Cyprien

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