Projets contre projets

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Entre attentes, projets et réactions, voici notre dossier au sujet des propositions de la cellule technique.

Aucune date n’est divulguée officiellement. Parce que ces choses-là se règlent loin du buzz, et que le silence imposé aux douze membres de la cellule technique du XV de France ne peut trouver une suite logique dans la débauche de mots -nous en sommes quand même loin... Pourtant, sachez-le, Paul Goze et Pierre Camou doivent se voir, bientôt. C’est prévu. Avant la fin de ce mois d’avril...le 26 ou 27, à confirmer. Et ils se parleront alors entre quatre yeux, avant d’aller plus loin.

Logique, depuis les longues et difficiles tractations de novembre qui ont précédé la mise en place de la fameuse cellule, Camou et Goze en ont fait un «dossier présidentiel », selon l’expression consacrée et l’explication d’un dirigeant qui confirme : «Les choses bougeront ensuite.» Autour d’eux, personne ne se mouille véritablement. Logique, encore, les deux hommes jouent gros et marchent sur des œufs en pleine année électorale. Ils n’ont pas le droit à l’erreur. Face à Laporte (qui a dévoilé son programme en fin de semaine dernière alors que Midi-Olympique décryptait également, vendredi, les quinze préconisations de la cellule technique qui avaient «fuité»… croyez-vous qu’il faille y voir une simple coïncidence ?), Pierre Camou doit agir et assurer le redressement du XV de France. Sans quoi, le tapis rouge sera dévoilé sur le chemin de la grogne. Et Laporte se frottera les mains. Pour lui, et avant d’aller plus loin, les 15 mesures de la cellule peuvent avoir l’air d’un début de projet à suivre.

Le mirage du top 12

A ses côtés, Paul Goze est pour sa part isolé. Coincé entre le marteau et l’enclume. La voix des clubs s’était faite entendre après le Mondial pour défendre le Top 14 : «Hors de question que le championnat soit le bouc émissaire. Croire qu’il est le seul coupable des échecs du XV de France, c’est aller au-devant de nouvelles désillusions.» Mais il avait aussi convenu de l’évidence : «Il est très important que le XV de France ait des résultats, soit fort. Un sport va toujours mieux quand son équipe nationale va bien (…) Croire que les clubs professionnels sont contre l’équipe de France, c’est ne rien comprendre au problème. Après, je ne veux pas dire qu’il ne faut rien bouger. Je ne prône pas l’immobilisme. »

Face aux conclusions d’une cellule technique plus ouverte aux responsables sportifs qu’aux présidents –au grand dam de ces derniers et de leur patron- Goze ne pourra se déjuger. Entre la défense des clubs et d’un système qui génère toujours plus d’argent (sans pour autant parvenir se montrer viable), le président de la Ligue nationale de rugby naviguera donc à vue : en négociant au plus serré avec Pierre Camou pour obtenir le plus d’avantages et le moins de désagréments possibles ; en relayant les propositions de la cellule auprès de son comité directeur pour obtenir la majorité et repousser une éventuelle fronde du Top 14 qui ne semble pas prêt à accueillir sans broncher la révolution proposée par les douze membres de la cellule. Pour René Bouscatel, ces mesures sont « irréalistes sans Top 12 et modification du calendrier » quand Mourad Boudjellal se fait plus mordant : «Les propositions ne font qu’enfoncer des portes ouvertes (…) Vous pensez vraiment qu’avec 200 000 euros je vais trouver un remplaçant à Guirado ! » Le Top 12 ? Il n’en sera pas question avant 2018. D’ici là, les élections seront jouées. Et les premières réformes auront été adoptées dans l’intérêt des Bleus pour peu que les présidents aient pactisé…

Le ton est donné et les apparitions des différents projets (celui de Laporte qui, de manière surprenante, ne tranche pas la formule du championnat, laissant le choix aux clubs après avoir férocement défendu les mérites du Top 12, et les propositions de la cellule technique) feront naître des idées, des débats, des contre-propositions et même, certainement, d’autres projets... Dans sa grande majorité, à cette heure, le rugby français s’accorde sur le principe d’une réforme inéluctable. Jusqu’où et avec qui à la tête ? Ces questions restent à trancher.

Emmanuel Massicard
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