« Nous sommes aussi responsables »

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    « Nous sommes aussi responsables »
Publié le , mis à jour

Julien Dupuy, le demi de mêlée du Stade français a été déçu du comportement de certains partenaires durant la saison. Il le dit mais assume aussi sa part de responsabilité dans l’échec parisien.

Est-ce qu’il y a le feu au Stade français avant cette rencontre décisive pour le maintien face à Oyonnax ?

Il n’y a pas le feu mais franchement je redoute ce match. J’ai été rassuré par notre niveau de jeu lors de la seconde période face à Bordeaux. Seulement, la question, c’est de savoir ce qu’on va produire comme jeu ce week-end ? Est-ce qu’on sera capable de jouer durant 80 minutes comme lors de la seconde période face à l’UBB ? Ou bien est-ce qu’on sera au niveau de la première ?

Comment expliquez-vous ce manque de constance qui vous a collé à la peau durant toute la saison ?

Je n’en sais rien. Peut-être que tout le monde n’a pas compris le danger qui nous pendait au nez. Pourtant, il suffit de regarder le classement, ce n’est quand même pas très compliqué. Nous sommes douzièmes et toujours pas assurés de rester en Top 14. Depuis plusieurs semaines, les mecs jouent les matchs comme si c’étaient des matchs « lambda ». Mais non ! Ce n’est pas le cas. On joue pour le maintien. Et cette défaite à Bordeaux, conjuguée à la victoire d’Oyonnax, rend ce match face à « Oyo » très compliqué.

Mais comment le Stade français, champion de France en titre, en est-il arrivé là ?

On peut se trouver des tas d’excuses, seulement, depuis le titre de l’an dernier, il ne s’est pas passé grand-chose dans le club. Peut-être n’avons-nous pas su capitaliser sur ce titre de champion. Et sur ce point, ce sont les joueurs qui sont les premiers responsables. Avec le même groupe que l’an dernier, on n’a pas le droit de se retrouver douzième au classement. C’est inadmissible. Il nous faudra une grosse remise en question à la fin de la saison. Et à mon avis, les choses bougeront davantage au sein du club dans la perspective de la saison prochaine.

Avez-vous le sentiment que certains joueurs, notamment dans la nouvelle génération, n’étaient pas prêts à assumer un titre de champion de France ?

Oui, c’est sûrement le cas. Nous avons gagné ce titre parce que nous avions une équipe très jeune et très insouciante. Notre défaut cette saison, c’était notre force l’an passé. Sur les phases finales, les jeunes n’avaient pas de pression. Ils ont pris les matchs comme ils venaient et ça nous a réussi. Seulement, cette année, c’est l’effet inverse. Chaque semaine, on s’est dit : « ce sera mieux le week-end prochain ». Malheureusement, ce n’est jamais revenu. Nous, les plus vieux, nous sommes aussi responsables. On a beaucoup donné par le passé et on s’est peut-être un peu relâchés, on a été moins leaders en pensant que d’autres prendraient la place.

Mais personne n’a su reprendre ce leadership ?

Peut-être…

Êtes-vous déçu de ça ?

Oui, vraiment. Que ce soit Sergio (Parisse), Pascal (Papé) ou moi, on est sur la fin. On a envie de profiter un peu de nos dernières années. Personnellement, j’avais clairement dit que j’aspirais à ne penser qu’au rugby, à m’éclater sur le terrain. C’était à d’autres de prendre le relais. Certains sont au Stade français pour longtemps j’espère. C’est à eux de prendre les choses en main, de faire vivre le groupe. Et aujourd’hui, je suis un peu déçu à ce niveau-là.

Mais pensez-vous que la jeune génération va réussir à prendre plus de leadership à l’avenir ?

Je l’espère. J’ai été déçu mais ce sont des gamins que tout le monde aime, qui sont de très bons joueurs. Cette expérience va sans doute leur servir à leur faire comprendre certaines choses. On ne peut pas demander à Sergio (Parisse) qui a 33 ans ou à Pascal (Papé) de continuer à faire ce qu’ils font depuis sept ou huit ans. C’est à eux de se prendre en mains, de faire les choses à leur façon, sans forcément chercher à nous copier. L’avenir du club, c’est eux.

Arnaud Beurdeley
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