« L’UBB, c’est tentant mais… »

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    « L’UBB, c’est tentant mais… »
Publié le , mis à jour

Maxime Mermoz - trois-quarts centre de Toulon - Il livre son sentiment sur l’intérêt révélé dans nos colonnes de l’UBB à son sujet. Pour le moment, il observe et ne veut pas précipiter sa décision. L’occasion aussi de revenir avec lui sur les atermoiements actuels dans le jeu du RCT.

On a l’impression que, cette saison, vous avez un nouveau statut au RCT ; Bernard Laporte vous a titularisé sur un match couperet, malgré la forte concurrence au poste de centre avec notamment le duo Bastareaud-Nonu ?

Je ne suis pas trop d’accord, l’an dernier déjà, j’avais pas mal enchaîné les rencontres avant d’être contraint de renoncer seulement à la finale de Coupe d’Europe en raison de ma blessure à un poignet. Cela fait maintenant quatre ans que j’évolue à Toulon, j’ai mes marques dans l’équipe et dans le groupe. Il y a aussi une sorte de continuité puisque le staff n’a pas changé ou très peu, et que mes partenaires chez les trois-quarts comme Giteau, Mitchell, Habana, Bastareaud, Michalak, Tuisova ou Delon Armitage sont aussi là depuis plusieurs années. On sait comment on joue les uns et les autres, il y a plus d’automatisme qu’à nos débuts sous les couleurs du RCT.

Malgré cela, vous avez été sorti prématurément en phase finale de Coupe d’Europe et, depuis, l’équipe semble marquer le pas ?

Oui, le Racing a été un coup d’arrêt. C’est d’autant plus rageant que plus la rencontre avançait, plus on sentait que l’on avait la mainmise sur ce match. Nous avons payé très cher deux ou trois erreurs collectives. Je vous signale que, la semaine d’après, le groupe a été capable de l’emporter à Pau avec le bonus offensif. Certes, il y a eu cette défaite face à Toulouse à Nice, qui est un vrai point noir. Deux défaites à domicile consécutives, face à des concurrents directs que sont Clermont et le Stade, ce n’est pas acceptable. Mais, on s’est remis au travail, et nous sommes focalisés sur notre fin de championnat.

Pour cela, il a fallu que Bernard vous remonte une nouvelle fois les bretelles collectivement, le soir du match à Nice…

… (Il coupe) Il dit très souvent des vérités dans ces cas-là, et se trompe rarement. On parle beaucoup du ton qu’il emploie, mais nous, joueurs, nous retenons le fond, pas la forme. Nous sommes une petite entreprise et c’est le boss. C’est lui qui dirige le navire. Il est dans son rôle de manager.

Sauf que cette année, il ne l’est qu’à mi-temps. N’est-ce pas déstabilisant pour le groupe ?

En début de saison, je pense que oui. Il nous a fallu un petit moment pour nous faire à cette situation, surtout qu’il y avait pas mal d’absents chez les cadres et pas mal de nouveaux qui débarquaient. Mais aujourd’hui, nous avons trouvé un fonctionnement. Et puis sachez qu’à chaque entraînement important, Bernard est présent.

Son message n’est-il pas dilué par ses absences ?

D’abord, il y a Jacques et Steve au quotidien avec nous sur le terrain et croyez-moi, c’est toujours le patron. Non, tenez cette semaine, il était présent avec nous dès le mercredi où il avait programmé une grosse séance de mise en place collective. Et puis, nos débuts de semaine sont souvent axés sur la récupération…

Alors est-ce le fait qu’aucun ouvreur ne se soit imposé pour diverses raisons, qui explique vos actuels atermoiements dans le jeu ?

C’est sûr que ce serait plus simple si on avait un seul demi d’ouverture qui enchaînait toutes les rencontres. Mais se servir de cela comme excuse ne serait pas correct. Vous avez vu le CV des postulants ? Que des internationaux ! Cooper, Michalak, O’Connor ou Taylor et pas dans de petites nations ! C’est réducteur d’expliquer nos défaites de cette façon.

L’objectif pour la fin de la phase régulière c’est trois victoires, pour assurer le barrage à Mayol ?

On veut tout gagner, mais déjà j’espère que Montpellier va gagner le Challenge et le fêter pendant quinze jours ! Plus sérieusement, ce serait manquer de respect à nos futurs adversaires que d’annoncer des victoires. Oui l’objectif c’est de se qualifier le mieux possible, mais après commençons déjà par tenter d’aller faire un très bon match à Agen.

Et Barcelone, ce serait une belle fin de clôturer l’aventure avec Bernard Laporte au Camp Nou ?

Il y a une excitation particulière que d’aller jouer une finale du championnat de France dans ce très bel endroit ! En Catalogne en plus. Personnellement, c’est un challenge qui m’excite beaucoup.

Un ultime défi avec le RCT avant d’opter pour Bordeaux ?

Je ne suis pas encore parti (sic).

Pourtant, on vous sent tenté par la proposition de l’UBB et l’intérêt du président Laurent Marti ?

Oui, c’est très flatteur mais je n’ai pas trop envie de m’étendre sur la question.

Toutefois votre président, Mourad Boudjellal semble vous laisser la porte ouverte ?

J’ai une décision personnelle à prendre. L’UBB, c’est tentant, mais je ne l’ai pas prise encore. J’ai les cartes en main. C’est de toutes les façons déplacé d’en parler maintenant. Je ne me suis pas fixé non plus de deadline. J’ai le temps et je dois le prendre pour m’aider dans ma réflexion. Bordeaux-Bègles est un club ambitieux, comme peut l’être Toulon.

Ce week-end serez-vous supporter du Racing en finale de Coupe d’Europe face aux Saracens ?

J’ai pas mal d’amis dans cette équipe, et je serai super heureux pour eux s’ils remportaient la Coupe d’Europe. Je leur souhaite, mais de là à devenir supporter du club qui nous a éliminés de la compétition… Je vais même vous dire, le match, je ne vais même pas le regarder à la télévision. Trop dur.

Pierre-Laurent Gou
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