«Nous avons été trop fainéants»

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    «Nous avons été trop fainéants»
Publié le / Mis à jour le

Jules Plisson - demi d’ouverture du Stade français Dans quelques semaines, le francilien mènera le jeu du XV de France en Argentine. Où en est-il ? Comment a-t-il vécu cette saison particulière ?

Comment abordez-vous cette rencontre ?

Comme un match à gagner absolument ! Une belle victoire nous aiderait en effet à partir en tournée ou en vacances l’esprit léger. Ça permettrait aussi de préparer la saison prochaine de la meilleure des façons.

Pourquoi les dirigeants parisiens ont-ils voulu délocaliser ce match au Mans ?

Nous n’avions pas le choix. Le stade Jean-Bouin appartient à la ville de Paris, pas au Stade français. Il est donc réquisitionné pour l’Euro de foot. Actuellement, la pelouse est en chantier. Contre Agen, on aurait joué sur des collines de terre !

Cette fin de saison parisienne n’est-elle pas étrange ?

Oui et non. Nous avons quand même des matchs à jouer et l’obligation de représenter au mieux le maillot du Stade français. Aucun d’entre-nous n’est en roue libre.

Avez-vous été critiqués par vos supporters ?

Je n’ai pas reçu de lettre de menaces, je vous rassure… Mais les supporters ont été mécontents. En début de saison, ils ont peut-être pensé - comme nous - que ce serait facile parce que nous avions été champions l’an passé. Or, c’était cent fois plus compliqué.

Le beau jeu parisien avait l’an passé enchanté le Top 14. Pourquoi a-t-il disparu cette saison ?

Le début de saison nous a plombés, voilà tout. Au mois de décembre, on jouait déjà des matchs couperet. Il n’y avait plus de place pour le jeu. Il fallait gagner à tout prix.

N’y a-t-il rien d’autre ?

Adrien Buononato (l’entraîneur des avants, N.D.L.R.) nous a récemment livré une statistique intéressante. Elle montrait que nos temps de libération étaient, l’an passé, de trois secondes, contre six cette saison. La technique, nous ne l’avons pas perdue. Mais nous avons peut-être été trop fainéants sur les zones de ruck…

Geoffrey Doumayrou avait déclaré après une défaite à domicile contre Grenoble : « On est des pipes. » Aviez-vous eu du mal à digérer ces propos ?

Oui, j’avais été vexé. On ne passe pas, du jour au lendemain, de statut de champion à celui de pipe. C’est trop facile de dire ça. Nous sommes tous dans le même bateau. Nous étions tous touchés par les mauvais résultats du club et n’avions pas besoin de ce genre de déclaration. Voilà… C’était une déclaration à chaud… Rien de méchant, quoi.

Sergio Parisse a, quant à lui, déclaré que l’effectif du Stade français n’était pas assez étoffé pour disputer deux compétitions. Êtes-vous d’accord avec ce constat ?

L’an passé, nous pouvions reposer les cadres contre Bucarest et Rovigo. Cette saison, c’était impossible. Alors oui, je suis d’accord avec Sergio. Quand tu envoies des jeunes piliers de 20 ans à Brive, tu sais qu’ils passeront une après-midi difficile. Il faut bien commencer un jour, je sais. Mais ce fut parfois délicat pour nos espoirs.

En clair ?

Notre effectif était assez étoffé pour être champions de France, pas pour jouer sur deux tableaux.

Avez-vous eu peur de descendre en Pro D2, au fil de la saison ?

Oui. Je n’étais pas très serein, avant le match contre Oyonnax. Mais cette peur, nous l’avons ce jour-là éteinte en envoyant du jeu aux quatre coins du terrain (victoire 69 à 8). Contre « Oyo, on s’est retrouvé. Ça nous a fait du bien.

Avant ce match, le président Thomas Savare avait tenu à prendre la parole, dans les vestiaires du stade Jean-Bouin.

Qu’en était-il ressorti ?

Cela restera entre nous. Mais au cours de la saison, je m’étais souvent demandé pourquoi Thomas ne venait pas nous parler… J’aurais aimé qu’il le fasse avant. Il nous aurait remobilisés.

Avez-vous eu des nouvelles du staff des Bleus ?

J’ai vu Jeff (Dubois) voici quelques semaines, histoire de debriefer le dernier Tournoi des 6 Nations. Mais c’est tout.

De 1 à 10, quelles sont vos chances de participer à la tournée des Bleus en Argentine ?

Joker…

Guy Novès va nécessairement s’appuyer sur les joueurs des équipes non-qualifiées pour les phases finales du Top 14. Les probabilités de vous voir avec le XV de France sont donc grandes…

Je n’en sais rien ! C’est con pour vous, la liste devait initialement tomber mardi dernier ! (rires) Je crois juste qu’il y aura des Rochelais et des Parisiens. Voilà…

Marc Duzan
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