Blanco : «Il faut arrêter avec les mensonges !»

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    Blanco : «Il faut arrêter avec les mensonges !»
Publié le , mis à jour

Il y a longtemps, très longtemps, que Serge blanco ne s’était pas livré dans les médias. Il est sorti du silence pour Midi-Olympique et évoque tous les grands sujets du moment. La dernière coupe du monde, le xv de france, le grand stade, la campagne électorale…

«Virer Saint-André ? Je me suis posé la question...»

Vous n’aviez pas trop parlé après le fiasco de la Coupe du monde. Pourquoi ?

Parce que depuis le départ, on ne m’avait pas beaucoup entendu, non plus. Je suis arrivé (après la tournée calamiteuse en Australie, N.D.L.R.) pour adoucir les mœurs. Ça a permis d’éviter un clash et à Philippe (Saint-André), de reprendre confiance, de remettre dans le bain certains joueurs… C’est peut-être, avec le recul, une erreur. Mais je ne le regrette pas. Je n’étais pas là pour jouer ma carrière de dirigeant. Je n’étais là que pour le rugby, pour l’équipe de France.

Mais n’est-ce pas également votre échec ?

C’est l’échec de tout le monde : les présidents de club, les joueurs, le président de la LNR, le président de la FFR, le sélectionneur, les entraîneurs. Et même vous les journalistes ! C’est l’échec de tout le monde. Après, tout la question est de savoir quelles étaient les vraies possibilités et les limites que j’avais. Soit, c’était un raz-de-marée, soit je respectais la volonté de mon président, lequel n’avait pas viré quatre ans plus tôt le sélectionneur en poste (Marc Lièvremont).

À votre arrivée, avez-vous imaginé pouvoir virer le sélectionneur et son staff ?

(Long silence)

Vous êtes-vous posé la question ?

(il sourit) Oui, bien sûr, je me suis posé la question. Mais j’ai une hiérarchie que je respecte.

Avec le recul, auriez-vous aimé pouvoir le faire ?

Je me dis juste qu’on a pris une belle branlée et que, maintenant, il faut bouger. Ce qui s’est passé ne doit pas se renouveler. J’aimerais tout de même dire que tous les grands pleurnichards que j’ai entendu critiquer le XV de France ont pris aussi des branlées. Certains ont même été sélectionneurs.

Il n’empêche le XV de France n’a jamais été aussi fragilisé…

Ce sont les systèmes qui sont responsables. Aujourd’hui, il y a une volonté fédérale pour avancer et récupérer les joueurs. Seulement, il y a de trop nombreux obstacles. Peut-être qu’il va falloir vite taper du poing sur la table. Et très fort. Je souligne au passage qu’il y a une règle internationale, aujourd’hui, qui fait état de mise à disposition des internationaux 85 jours par an, avec une libération trois jours avant. Imaginez si nous en venons-là… Ce serait de la connerie. Je pense que nous allons trouver bientôt l’harmonie pour que cette équipe de France puisse avancer.

Vous parlez de l’article 9 régissant la libération des joueurs, qui est aujourd’hui attaqué par Boudjellal et certains présidents…

Il y a des règles et il faut les respecter, c’est mon avis. Si tu n’es pas capable d’accepter le système qui t’entoure et qui réglemente ton sport, ce n’est pas la peine de t’engager. Pour les futurs accords FFR-LNR autour de l’équipe de France ne pourront s’écrire à sens unique, il faudra construire en respectant l’équilibre. Mais si certains ne veulent pas jouer le jeu, la fédération assumera sa mission et son pouvoir. En attendant, nous ferons tout pour que le rugby soit gagnant.

«On ne peut pas prendre 60 points et faire la fête !»

Quel jugement portez-vous sur les premiers pas de Guy Novès dans le rôle de sélectionneur ?

Très bien. J’y ai participé, je ne vais commencer à commenter ceci ou cela.

Avez-vous le même rôle auprès de Novès que vous aviez avec Saint-André ?

Non, pas du tout. Ma mission était de six mois. On m’a demandé d’éteindre un incendie, je l’ai éteint. Point barre.

Quel était cet incendie ?

Il y avait une situation sportive qui ne répondait pas aux attentes. Et tout était remis en cause au niveau du sélectionneur de l’équipe de France. Mais, ça n’allait pas plus loin.

Comment avez-vous vécu l’épisode de la musique au fond du bus après la défaite face à la Nouvelle-Zélande, en quart de finale de la Coupe du monde ?

Là, il est question de respect. On ne peut pas prendre 60 points et faire la fête. Il s’agit de respecter son maillot, son pays et ses supporters. Quand on prend une telle branlée, on est en deuil et on ferme sa gueule ! On rentre au vestiaire la tête basse. On ne fait un tour d’honneur... Quand je vois ça, je me demande sincèrement où l’on va. Surtout qu’en suivant, certains joueurs se retrouvaient sur le fait que ça leur a fait du bien de revenir en club, de retrouver les copains, la famille… C’est un scandale. Et là, ne me parlez pas d’opposition clubs-fédé ! Il n’y a rien… Ce sont des joueurs qui doivent vivre humainement un événement. Moi, j’étais meurtri dans ma chair.

«La vie ne va pas commencer avec notre ami Bernard...»

Depuis qu’il est entré en campagne, Bernard Laporte s’est montré très virulent à l’égard de la politique fédérale. Comment percevez-vous ses attaques ?

La vie ne va pas commencer avec notre ami Bernard… Il faut arrêter la désinformation. Quand il dit que Pierre Camou est contre le vote décentralisé, c’est faux, archi faux, et vous le savez. Pierre a porté le projet qui fut rejeté par le Comité directeur et notamment par les trois colistiers de Laporte, qui s’y sont opposés. Ils ont beau jeu de s’insurger aujourd’hui et de dire que rien ne marche à la fédération. Ces trois-là (Mondino, Dulin et Buisson) sont toujours en place et ne votent jamais contre ce qui est proposé, tout juste prennent-ils parfois la parole pour faire passer un message. Le reste du temps, ils suivent les décisions du comité directeur. Si j’étais à leur place, je l’ouvrirai. Je défendrai mes idées et si j’avais le sentiment de ne pas être entendu, je démissionnerai. Mais peut-être ont-ils senti le vent tourner…

N’est-ce pas la fissure au sein du comité directeur qui fait le plus mal ?

J’essaie personnellement de faire en sorte que toute la Fédération puisse travailler, unie. Moi je ne suis pas dans le dénigrement, la politique et le mensonge.

Comment avez-vous pris la décision d’Alain Doucet de quitter le giron fédéral pour être candidat à la présidence ?

J’ai été surpris. Pour moi, son cas est différent des trois autres dont je viens de parler. Ce n’est pas la même famille, ni la même dimension. J’échange énormément avec Alain et j’aimerai qu’il revienne avec nous car il n’y a pas matière à de telles discordances.

Déplorez-vous la politisation de la campagne et l’utilisation de la condamnation de Jean-Louis Boujon ?

Ça, c’est de la saloperie. À ce que je sache, la justice lui permet toujours d’être dirigeant. Non ? Alors, respectons ça. Pourquoi vouloir détruire systématiquement ce qui nous fait face ?

Il a quand même été condamné par la justice…

Qui, je le répète, ne lui a pas interdit d’être dirigeant.

Cette évolution des mœurs vous choque-t-elle ?

Ce n’est pas une évolution mais une dégradation. Il n’y a pas de progrès, seulement du dénigrement. Je ne suis pas de ce côté-là des choses, et j’ai toujours œuvré pour le rugby. Je veux continuer à le servir, pas à défendre mes intérêts.

Craignez-vous les élections ?

Je respecte tout le monde mais pourquoi avoir peur ? Nous avançons, forts d’un bilan et d’un programme qui sera bientôt dévoilé. Le président Camou a mis en place une Cellule technique qui a apporté une vision différente et des propositions intéressantes. Ce n’est pas pour rien. Nous discutons avec la Ligue et sortirons vite des solutions.

«Le plus important c’est l’équipe de France»

Les préconisations de la Cellule technique seront-elles reprises dans le programme de Pierre Camou ?

Non, ce sont des solutions qui n’ont pas valeur de programme. Le programme portera sur quatre ans et plus, en tenant compte de ce qui a été fait, ce qui doit être amélioré et ce qu’il faudra encore réaliser. En tenant compte, évidemment, de certaines critiques légitimes émises ici ou là. Nous ne sommes pas sourds.

Parmi les quinze propositions de la Cellule technique, laquelle vous paraît essentielle ?

Le plus important, c’est l’équipe de France. Qu’elle soit compétitive !

Mais encore…

Je ne parlerai pas à la place de Pierre (Camou). Je peux simplement vous dire que certaines choses sont possibles à court, moyen ou long terme, d’autres pas. Nous échangeons, je vous l’ai dit, avec la Ligue, pour trouver des solutions qui puissent satisfaire tout le monde, à commencer par le staff du XV de France et les joueurs eux-mêmes. Les choses sont en train d’être discutées, évaluées et monnayées même si l’aspect financier n’est pas le seul critère à considérer. Derrière l’équipe de France se pose la question de la formation des jeunes et de leur temps de jeu. Sans oublier la problématique des joueurs non issus de la filière française : on ne peut plus parler de quotas et il y a de plus en plus de joueurs sélectionnables. Pour autant, il faut respecter la loi.

Que pensez-vous du projet d’Agustin Pichot : passer de trois à cinq ans le délai qu’un joueur devra passer dans un championnat avant d’être sélectionnable ?

C’est une bonne chose, évidemment.

Quelles que soient les propositions, l’opposition aura beau jeu de dire « Mais pourquoi vous ne l’avez pas fait avant »…

L’opposition peut dénigrer, c’est son problème. Nous devons être dans l’action et la continuité en apportant des améliorations nécessaires. Les critiques et l’autocritique doivent être constructives pour que l’on puisse avancer. Nous avons œuvré, porté un certain nombre de propositions, mais les règles mises en place sont régulièrement contournées… Regardez les Jiff qui devaient protéger la formation française ! Regardez la limitation des masses salariales ! Il appartient désormais à la fédération de faire respecter le cadre général. Il faut arrêter les dérapages et construire ensemble. Aujourd’hui, pas un président ne défend le rugby dans son ensemble, il œuvre pour son équipe et pense à sa gueule.

«Un jour ou l’autre un club se fera prendre et comme par magie l’ordre reviendra dans la maison»

Le secteur amateur est aussi en souffrance…

(Il coupe) En 2010, sur 48 clubs de Fédérale 1, une dizaine dépassait les 1,5 million d’euros de budget (la moyenne était à 1,1 M€). Aujourd’hui, ils sont 17, dont certains à 8, 7 ou 6 millions d’euros. Il y a trop de disparité. Le président Camou planche sur un système qui permette à tout le monde d’exister. Il y a déjà une poule d’accession et nous irons plus loin avec la Ligue pour étudier la manière d’accompagner les clubs dans cette phase de transition. Il faut révolutionner ce système qui fait cohabiter des clubs aux budgets et réalités économiques parfois très éloignés. Économiquement, certaines villes ne pourront jamais monter en Pro D2 par exemple. Enfin, le rugby amateur a-t-il besoin de tant d’étrangers dans certaines divisions ? Le rugby doit-il être défendu pour ce qu’il est ou pour ce qu’il peut devenir et engendrer ?

Que répondez-vous aux gens qui prétendent que ce sont les présidents des grands clubs qui commandent ?

C’est faux. On est dans l’excès -et c’est préjudiciable- mais ce n’est pas pour autant qu’ils commandent le rugby français. Mais nous avons des lois qui leur permettent d’agir dans le cadre légal. C’est le cas des joueurs étrangers, par exemple.

Sauf que le salary cap n’est pas toujours respecté…

Mais il y a des règlements et même le fisc qui peut agir. Un jour ou l’autre, un club se fera prendre et comme par magie l’ordre reviendra dans la maison.

Êtes-vous inquiet de constater les difficultés financières des clubs de Pro D2 ?

Nous sommes ici encore confrontés à une question de limites. Comment peut-on gagner autant avec des joueurs payés autant ? C’est tout le système qui est fragilisé. Il faut vite arrêter et comprendre qu’il est peut-être nécessaire de limiter le nombre de clubs professionnels. Si c’était viable avant, peut-être n’est-ce plus raisonnable et possible d’avoir 30 clubs pros aujourd’hui. On est en danger et pas seulement la ProD2 qui a été mise à mal par le calendrier télévision cette année. Jouer le jeudi soir n’a pas été une grande trouvaille…

«10 millions pour le maillot du XV de France ? C’est utopique et démesuré»

On dit que Canal + gère le rugby français. Vrai ou faux ?

Faux.

Est-il réalisable de prendre les joueurs à mi-temps sous contrat fédéral ?

Soit c’est à plein-temps, soit à pas du tout. Comment faire du mi-temps si ce n’est en prenant les joueurs sous contrat et en les laissant à la disposition des clubs pour une période donnée.

Mais est-ce possible financièrement ?

Oui avec un Grand Stade. Il faut de nouvelles ressources, entre 6 et 7 millions d’euros annuels.

Laporte parle de vendre le maillot qui, selon lui, rapporterait 10 millions d’euros.

Mais c’est complètement utopique, le chiffrage est démesuré ! Le « naming » d’un stade est loin de rapporter autant puisque l’on parle de 4,5 millions d’euros pour l’Aviva Stadium à Dublin. Et quand bien même il se trouverait quelqu’un pour mettre beaucoup d’argent sur le maillot de match du XV de France, ce serait au détriment des autres ressources. Certains partenaires s’affichent en effet sur le maillot d’entraînement des Bleus selon un contrat spécifiant qu’en cas de sponsor maillot match la valeur du maillot d’entraînement baisserait. De toute manière, le président ne veut pas vendre le maillot du XV de France.

«Nous n’avons pas payé 48 millions à Populous...Si c’était le cas, nos comptes seraient faux»

Le projet de Grand Stade suscite nombre d’interrogations, quant à sa mise en œuvre, son financement et sa légitimité même. L’association Callisto est notamment repartie à la charge, transmettant son dossier au gouvernement, alors que la FFR a porté plainte. Qu’en dites-vous ?

Ces gens n’ont rien compris et ils se trompent dans leur approche. La FFR n’est pas un établissement public comme ils le prétendent, mais une structure privée qui a des missions de service public. Nous sommes donc tenus par les règles de Bruxelles et soumis à l’obligation d’en passer par un appel d’offres européen. Et pour répondre rapidement aux interrogations de notre ami Gaby Degeorges (ancien président du RRC Nice, N.D.L.R.) - pour lequel je continue d’avoir beaucoup d’affection au regard de ce que nous avons fait ensemble à la création de la Ligue – les banques ne voulaient pas d’un architecte d’un côté et d’un constructeur de l’autre. Mais tout cela était détaillé dans le cahier des charges.

Leur projet de stade coûte néanmoins deux fois moins cher que le vôtre…

Mais c’est un château de sable en comparaison de ce que nous avons déterminé dans le cahier des charges. Je ne prends qu’un exemple mais qui me semble significatif : ils prétendent pouvoir créer un parking de 20 000 places dans l’enceinte même du stade. Mesure-t-on ce que cela représente 20 000 voitures dans l’enceinte d’un stade ? Même avec huit couloirs d’entrée et de sortie, il faut au bas mot trois heures pour faire rentrer ou évacuer l’ensemble des voitures. Irréalisable !

Et quid des honoraires de Populous, estimés à 48 millions d’euros ?

Ça, ce sont les honoraires pour la totalité du chantier. Le contrat Populous est structuré en dix-sept tranches. Toutes les tranches sont indépendantes les unes des autres. On les active ou on ne les active pas. On ne paie que celles qui sont activées (à ce jour la FFR a engagé 11 millions d’euros). On a fait les premières tranches qui consistaient à aller le plus loin possible dans la définition technique et ensuite Populous devait nous accompagner pendant le concours constructeur pour nous aider à déchiffrer les propositions des constructeurs. Les deux premières tranches ont donc été exécutées. Nous n’avons pas payé 48 millions d’euros. Si c’était le cas, nos comptes seraient faux et ça apparaîtrait dans les comptes présentés en assemblée générale.

«Dans 20 ans, le Grand Stade rapportera plus de 70 millions d’euros par an au rugby français»

Le rugby français est-il véritablement dans l’obligation de se doter d’un tel Grand Stade ?

Oui, pour générer de nouvelles ressources, mener à bien le développement de l’équipe de France qui génère 80 % des recettes de la FFR, et renforcer l’aide apportée au rugby amateur. Contrairement à ce qui est dit, la construction de ce stade ne grèvera pas le budget de la fédération et les matchs des Bleus continueront de ramener 10 millions d’euros par an. Mais, dans 20 ans, quand la FFR aura tout remboursé, c’est plus de 70 millions d’euros annuels qui seront générés par le Grand Stade.

Pourquoi ne pas entrer au capital du Stade de France au lieu de construire un Grand Stade ?

Là encore, il faut arrêter de dire n’importe quoi. L’État est propriétaire et c’est lui qui délivre la concession pour une période déterminée. La FFR n’a reçu aucune proposition du Consortium pour une quelconque entrée au capital et, si tel était le cas, ce ne serait de toute manière que jusqu’en 2025, date de la fin de la présente concession. Que ferions-nous, ensuite, si le futur concessionnaire ne voulait pas de nous ? Il faudrait dans tous les cas repartir sur une page blanche, avec un appel d’offres européen, et rien ne dit que les choses resteraient en l’état.

Quid du rachat, alors ?

Il faudrait attendre la fin de la concession et, surtout, le Stade de France est un bien public d’intérêt général qui est de nature impossible à vendre, à moins d’être déclassé. Ce qui est très peu probable. C’est aussi fumeux que de dire qu’il faut miser sur la rénovation du Stade de France, lui ajouter un toit. Je rappelle qu’il y a quelques années le Consortium n’avait même pas souhaité doter le stade d’une pelouse chauffante après le fiasco du match reporté face à l’Irlande, pour un coût estimé à 350 000 euros. On a l’impression que Vinci, qui détient la concession, ne veut pas investir d’argent et qu’elle ne mise pas sur le futur. Enfin, à l’image du court central Roland-Garros, l’installation d’un toit ne peut se faire qu’après des travaux très lourds, en rasant quasiment le stade pour qu’il puisse supporter une structure de plusieurs milliers de tonne.

«Nous sommes en discussion avec la caisse des dépôts et consignation»

Où en êtes-vous du financement ?

En termes de structuration, nous sommes toujours, contrairement à ce qui a été dit, sur un budget de 600 millions d’euros. En termes de besoin de financement, nous sommes sur une structuration 2/3 de dette, 1/3 de capitaux propre. Aujourd’hui, la Fédération a la capacité, en cash, de mettre dans les capitaux au moins 70 millions d’euros sans incidence sur son activité. Ensuite, effectivement, nous sommes en discussion avec la caisse des dépôts et consignation, non pas pour qu’elle intervienne au niveau de la dette, mais plutôt dans le capital. Nous sommes en train de finaliser des échanges avec eux pour qu’ils interviennent. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, nous sommes dans un tour de table se situant autour de 150 millions d’euros de capitaux propres sur un besoin qui serait bon d’atteindre de 200 millions d’Euros.

Quel est le timing ?

Chaque chose en son temps. Nous ne sommes pas 35 000 à travailler sur le dossier. D’abord, il est important de finir de signer le contrat avec le constructeur. Tant que ça n’est pas terminé, on ne peut pas aller plus loin. La caisse des dépôts et consignations a regardé le projet de contrat et a demandé à modifier certains éléments. Ensuite, nous signerons le protocole d’accord avec la caisse des dépôts et des consignations.

Mais quand comptez-vous signer ce protocole d’accord ?

Ça peut aller très vite.

Cela signifie que la caisse des dépôts et des consignations a donné son accord ?

Sur les grands principes, ils sont d’accord. Mais comme tous les financiers, ce sont des gens prudents. Ils vérifient que tout ce que nous avons fait depuis plusieurs années, ça tient bien la route. Mais le protocole d’accords devrait être très vite signé. Dès que ce sera le cas, nous ne serons plus seuls. En suivant, nous allons travailler ensemble pour structurer la dette et chercher éventuellement d’autres investisseurs potentiels.

«Pour le Grand Stade, il nous manque 50 millions»

La caisse des dépôts et consignations sera-t-elle actionnaire du Grand Stade ?

Oui, mais pas avec une volonté de rester sur le long terme.

Pourquoi ?

Leur objectif est d’aider des projets, qui sont dynamiques pour France et qui sont potentiellement développeur économiquement, à sortir. Traditionnellement, ils le font sur la dette, mais ils le font aussi au niveau des capitaux. Mais ils ne sont pas là pour faire de l’argent.

Vous venez de souligner la nécessité d’atteindre la somme de 200 millions d’Euros de capitaux propres. Quid, schématiquement, des 50 millions d’euros restants ?

Une fois qu’on sera avec eux autour de la table, ce sera plus simple. C’est leur métier.

Continuez-vous votre prospection ?

Oui. Aujourd’hui, nous rencontrons des gens, mais ce n’est pas parce qu’on a besoin de 50 millions d’Euros qu’on nous les donne si facilement. Et franchement, d’abord, on doit finaliser le protocole d’accord avec la Caisse des dépôts et consignation. Ensuite, nous travaillerons avec eux pour finaliser le bouclage financier. Cet établissement financier a les compétences, le réseau, la structure pour nous accompagner car ce n’est pas notre métier. Le rugby, on connaît. Les hospitalités, aussi. L’ingénierie financière, ce n’est pas notre domaine de compétence. Je vous rappelle aussi que nous avons la garantie bancaire pour notre emprunt par le Conseil Général de l’Essonne.

Combien de temps pour trouver les 50 millions restants ?

Idéalement, ce serait bien que le volet financier soit bouclé cette année. Mais s‘il l’est dans douze mois, ce n’est pas grave. L’important pour le rugby français, c’est d’avoir l’indépendance de son outil de production. Plus on avance, moins le projet peut s’arrêter. Propos recueillis par Jacques Verdier, Arnaud Beurdeley et Emmanuel Massicard

Emmanuel Massicard
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