Montpellier - Castres : le choc des titans

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    Montpellier - Castres : le choc des titans
Publié le , mis à jour

Quatre duels au somment pourraient dicter le scénario du barrage entre Montpellier et Castres. Décryptage des oppositions entre les leaders de jeu et de combat des deux équipes, ainsi que des affrontements à distance de leurs meilleurs finisseurs et relanceurs.

Duel 1 > Benoît Paillaugue - Rory Kockott

« L’animateur (Paillaugue) face au puncheur (Kockott). » Deux images choisies par Pierre Berbizier pour définir le combat à distance que vont se livrer les deux numéros 9. Auteur de sa meilleure saison sous le maillot de Montpellier, Benoît Paillaugue (25 matchs joués en Top 14, 113 points marqués) est entré dans une nouvelle dimension : « Dans le classicisme sud-africain du jeu héraultais, Paillaugue amène une touche d’incertitude. Il peut faire pencher la balance par les choix pris dans son animation mais doit faire attention de ne pas forcer l’action décisive car celle-ci vient seule. Il a déjà prouvé qu’il savait saisir la moindre opportunité. » Rory Kockott (18 matchs joués en Top 14, 131 points marqués), qui est lui monté en puissance au fil du championnat, est le facteur X castrais selon l’ancien demi de mêlée international : « Ses deux essais marqués face aux Stade français dimanche dernier ou celui en finale contre Toulon (2013), définissent parfaitement son style. Kockott peut à tout moment prendre seul une action décisive et aller au bout. » La prestation des deux protagonistes sera dictée par celle de leurs packs respectifs : « Paillaugue peut utiliser la puissance de son pack pour dynamiser et apporter de la vitesse derrière lui et créer ainsi du mouvement. Là où Kockott, qui est plus dans le rôle du neuvième avant, apporte de la puissance derrière son pack et peut donc plus facilement édifier une action. » Deux leaders-nés arrivés à maturité et libérés de leur rôle de buteur numéro 1 (Catrakilis et Urdapilleta s’en chargent) dont les caractéristiques techniques et physiques sont à la fois proches et éloignées : « Ils ont deux forts mentals, avec des physiques différents mais des aspects athlétiques similaires. Ce sont deux combattants de caractère. Leur duel sera une clé du match, car l’un (Paillaugue) sait saisir l’opportunité et l’autre (Kockott), la créer. » Avec une spécialité commune : les départs autour des rucks. Et un destin croisé : le perdant de ce barrage, pourrait être appelé par Guy Novès pour la tournée du XV de France en Argentine.

Duel 2 > Paul Willemse et Jacques Du Plessis - Rodrigo Capo Ortega et Richie Gray

Des mensurations XXL (2 m et 123 kg de moyenne pour les Héraultais ; 2 m et 117 kg pour les Castrais) et une complémentarité parfaite. Deux caractéristiques communes aux attelages du MHR et du CO. « La doublette Willemse - Du Plessis est conforme à ce que l’on attend d’un deuxième ligne sud-africain. C’est-à-dire un joueur athlétique, dense et rugueux. Ils sont bons sur les spécificités de la touche et, surtout, ils ont énormément de déplacement. Notamment le blond (Du Plessis, polyvalent flanker, N.D.L.R.) qui a un abattage intéressant et que je prends plaisir à voir jouer. » Séduit par la jeune paire du MHR (23 et 22 ans), dont Willemse est le patron et la meilleure recrue héraultaise, l’ancien deuxième ligne du Stade français, David Auradou, est également admiratif du duo castrais : « Capo Ortega est un deuxième ligne de soutien alors que Gray est un élément plus aérien excellent en touche. Ils évoluent ensemble depuis trois saisons, se connaissent donc parfaitement et ont pour eux l’expérience (35 ans et 26 ans). Capo Ortega (290 matchs de Top 14) en est l’exemple parfait. C’est le baromètre du CO et son fer de lance. Il est passé du statut de simple soldat à celui de capitaine. » Deux oppositions de style entre quatre joueurs représentatifs de l’évolution du poste, selon le coentraîneur de Mont-de-Marsan : « Ils représentent les deuxième ligne modernes qui savent presque tout faire : sauter, pousser, courir et plaquer. Ils ont tous les quatre un beau bagage technique. » Forts sur les fondamentaux du poste, Capo Ortega et Gray sont des pièces maîtresses de l’alignement et de la mêlée du CO, également très présents en défense comme dans les rucks. Des leaders de combat, à l’image de Willemse et Jacques Du Plessis, qui participent eux plus au jeu courant du MHR. Et se montrent décisifs en attaque (9 essais marqués toutes compétitions confondues, contre 1 pour les Castrais) : « Ce sont des grands deuxième ligne par la taille et, surtout, le talent, autour desquels leurs équipes construisent leur jeu. » Deux tandems détonants, dont l’opposition promet de faire des étincelles !

Duel 3 > Timoci Nagusa - David Smith

Les deux meilleurs marqueurs d’essais du Top 14 se feront face. Timoci Nagusa et ses 14 réalisations (15 toutes compétitions confondues) face à David Smith et ses 11 essais (13 au total). Deux acteurs principaux du barrage de dimanche d’après l’ancien ailier international, Cédric Heymans : « Il ne faut pas leur laisser d’espaces et les mettre constamment sous pression par des jeux au pied hauts ou rasants. Celui des deux qui bénéficiera du plus grand nombre de ballons exploitables sera le point déclencheur qui amènera la victoire à son équipe. » Chasseurs d’essais d’exception, les deux îliens font partie des meilleurs ailiers du Top 14. Puissant et rapide, le fantasque Nagusa (28 ans, 1,83 m et 106 kg) est l’arme fatale du MHR. Un finisseur qui aime briller soudainement, alors qu’on ne l’avait pas vu durant une heure de jeu : « Nagusa est très fort physiquement au niveau du bassin, ce qui fait de lui un attaquant très difficile à plaquer. Il est capable de démarrer en position de 9, un peu comme le faisait Nalaga avec l’ASM, et sait se créer des espaces dans les petits périmètres. » Un peu moins athlétique (29 ans, 1,72 m et 90 kg), David Smith est tout autant dangereux dixit Heymans : « David Smith est selon moi plus explosif. Depuis plusieurs années, il est capable de faire des différences en quelques mètres. On le voit intervenir régulièrement à l’intérieur de son demi d’ouverture ou dans des combinaisons qui sont plutôt sur du jeu au près. » Le Fidjien et le Samoan, sont aussi membres du top 10 des casseurs de plaquages du Top 14 : 27 franchissements pour Smith (5e) et 21 pour Nagusa (8e). Deux attaquants racés, dont le point faible serait la défense ? « Non. Je vois ce qu’on a voulu laisser entendre sur Nagusa et ses défenses fermées, en haut. Mais si c’est tactiquement répété comme cela, il répond simplement aux demandes de son coach. » Et si les deux ailiers ont un temps de jeu quasi identique sur la saison. David Smith, mis au repos face au Stade français, arrivera peut-être plus frais dimanche que Nagusa, fatigué par le combat livré contre le Racing.

Duel 4 > Jesse Mogg - Geoffrey Palis

Une opposition de styles entre deux numéros 15 aux profils athlétiques semblables. Jesse Mogg (1,87 m et 90 kg) est monté en puissance tout au long de sa première saison en France et Geoffrey Palis (1,89 m et 93 kg) se bonifie avec le temps depuis trois années à Castres. Deux relanceurs talentueux qui s’expriment différemment selon l’ancien arrière ou ailier du Stade toulousain, Cédric Heymans : « Geoffrey Palis confirme son potentiel année après année. Il relance de loin, est très présent et vient souvent comme un troisième centre, très proche de son numéro 13. Mogg est lui un peu plus « foufou ». Il n’hésite pas à remonter les ballons, même si on l’a vu savoir jouer tactiquement avec son long jeu au pied, en respectant les consignes de son coach. Il a cette expérience et cette connaissance du poste, qui font de lui un arrière qui sait quand il doit remonter les ballons et, au contraire, faire avancer son équipe par le pied. » Geoffrey Palis, meilleur défenseur, est plus tranchant et mise sur des courses directes pour casser la ligne (17 franchissements), là où l’international australien, supérieur au pied, aime trier les ballons et jouer au large en s’appuyant sur des courses chaloupées. Ils bénéficient tous deux d’une course longue remarquable et sont aussi très à l’aise techniquement, comme l’a prouvé Jesse Mogg avec deux passes sautées éclairs, dont une mémorable à Clermont. « J’ai toujours tiré une certaine fierté de mon jeu au pied, de mon jeu de passes et de mon positionnement. Quand vous êtes au bon endroit, vous pouvez vraiment influer sur l’attaque ou la défense. J’aime le jeu ouvert. Et quand il n’y a pas d’espaces, il y a des joueurs plus qualifiés que moi pour rentrer dans les murs », précise l’intéressé. Buteurs longue distance, ils ont marqué 6 essais cette saison (toutes compétitions confondues) : « Ils sont également tous les deux forts sous les ballons hauts grâce à un excellent timing et une grande envie de s’imposer dans les airs. Ces deux joueurs font partie des meilleurs au poste. »

Par Julien Louis

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