Iguiniz : Aretz-le si tu peux !

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    Iguiniz : Aretz-le si tu peux !
Publié le , mis à jour

Pour sa onzième saison chez les ciel et blanc, le pilier basque formé à Hendaye a réalisé une saison exceptionnelle avec plus de 2 000 minutes passées sur les terrains du pro D2. Un incroyable exploit à son poste. Mais le joueur, qui a fêté ses 33 ans la veille de la finale d’accession, est une véritable force de la nature. Rencontre.

Un vestiaire qui basculait dans la folie et au milieu Aretz Iguiniz. ça chantait, ça dansait à Ernest-Wallon pour fêter le retour de l’Aviron bayonnais en Top 14. De son côté, le pilier gauche se palpait le biceps de son bras droit douloureux. La faute à un coup reçu sur la première action de cette finale d’accession. Pas question de se plaindre, ce n’est pas le genre de la maison. Lors, il a disputé la totalité de la rencontre, forçant l’admiration de ses entraîneurs et coéquipiers. «Il s’est effectivement fait mal dès la première minute mais il a joué tout le match sans rien dire. C’est là où on reconnaît la qualité d’un homme», confiait Dewald Senekal, l’émotion non feinte. L’entraîneur des avants évoquant un acte de bravoure à la hauteur de son groupe : «On peut entraîner les joueurs sur le plan technique, sur le plan physique mais on ne peut pas entraîner les caractères. Aretz est exceptionnel sur ce plan-là, comme toute cette équipe.» Lundi dernier, Aretz Iguiniz a donc fait une petite pause dans le programme des festivités pour passer une IRM, confirmant ainsi une rupture d’un tendon du biceps. Opération obligatoire (il était mercredi à Toulouse pour rencontrer l’anesthésiste) et trois mois minimum loin des pelouses. «Je me fais mal mais je me dis que ce n’est vraiment pas le bon moment pour sortir sur blessure. D’autant que je vois Richard Choirat quitter le terrain rapidement. Nous avons réussi à tenir toute la saison et il était impossible de nous retrouver dehors tous les deux dès le début de la finale. Heureusement, je prends un coup sur le bras droit. Si ça avait été l’autre bras, je n’aurais pas pu continuer...» Enfin, rien n’est moins sûr. Car il en faut beaucoup pour que le pilier basque décide de jeter l’éponge. En réalité, ça n’arrive (presque) jamais. Cette saison, il a disputé 2 068 minutes en Pro D2. C’est tout simplement exceptionnel. Il n’a manqué qu’un seul match. C’était à Béziers lors de l’avant-dernière journée. «Je n’étais pas blessé mais le staff voulait faire tourner l’effectif puisque nous avions ensuite un rendez-vous important face à Mont-de-Marsan, puis la phase finale. Peut-être que si je m’étais reposé un peu plus, j’aurais été meilleur. Mais en gagnant les matchs c’est toujours plus facile de récupérer. Surtout, j’ai pris un plaisir fou dans cette aventure. Tout s’est bien passé dès le début de saison et une dynamique s’est installée. Nous avons su être sérieux quand il le fallait, et nous avons aussi fait les cons par moments.»

Arnaud Héguy : « C’est un exploit monstrueux »

Arnaud Héguy, le talonneur de Grenoble, ancien de la maison ciel et blanche, connaît parfaitement le phénomène Iguiniz. Il est d’ailleurs le parrain de la fille du pilier basque : «Il est dur au mal. Avoir un tel temps de jeu à ce poste est monstrueux. C’est un exploit qui n’est pas souligné à sa juste valeur.» Alors si Martin Bustos Moyano a été impérial face aux perches, si Jean Monribot a été un capitaine de devoir, si le joker Kade Poki a réussi quelques exploits pour décanter certaines situations, l’abnégation et la tenue en mêlée d’Aretz Iguiniz ont été aussi capitales dans la saison de l’Aviron. Aussi bien sur le terrain que par son implication dans la vie de groupe, lui le Basque de naissance qui incarne si bien l’identité de ce club. «C’est un vrai leader, poursuit Héguy. Tout simplement parce qu’il est irréprochable. Il ne loupe jamais un entraînement et il n’est jamais blessé. Même s’il ressent une petite gêne sur le plan physique, il ne dit rien et s’entraîne comme si de rien n’était. Et puis, c’est le premier à rendre service. Il est hyper important dans la vie d’un groupe. Ceux qui l’ont côtoyé ne peuvent dire que du bien de lui. Il n’hésite jamais à donner des conseils de manière objective et jamais un de ses concurrents ne s’est plaint.»

L’Aviron accroché au cœur, le Pays basque collé au corps, Aretz Iguiniz est aussi « le dernier des Mohicans, rigole Héguy. Le basque est sa langue maternelle. Il amène cette culture aux joueurs qui ne sont pas de la région». Avec cette image collée à la peau d’être l’homme d’un seul club. Pourtant, une proposition de contrat très intéressante lui a été transmise cet hiver de la part d’un club de Top 14. «C’était une période difficile. Nous avons discuté avec Francis Salagoïty et nous avons finalement trouvé un accord. Le club a été très correct avec moi. C’est un choix réfléchi, donc c’est un bon choix. Je me suis dit : « Imagine que l’on monte en Top 14, tu regretteras de ne pas vivre cette aventure avec l’Aviron. » C’était impossible...»

L’aventure est maintenant en marche, même si elle débutera à l’infirmerie pour Aretz Iguiniz. Un arrêt au stand dont il n’a pas l’habitude. Mais que personne ne pourra lui reprocher.

Nicolas Augot
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