Technique : percuter, ça part des pieds !

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    Technique : percuter, ça part des pieds !
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Si la percussion ne doit évidemment pas constituer une fin en soi, elle demeure un passage obligé qu’il s’agit de maîtriser le mieux possible, pour permettre au jeu de continuer après soi...

Certains beaux penseurs assimilent la percussion à une négation de ce que doit être le jeu de rugby. Vaste question philosophique, dont vous nous permettrez pour une fois de nous gausser. Car oui, si une passe doit toujours être préférée à une percussion frontale, si le jeu dans les intervalles doit être privilégié par rapport au contact direct, le rugby demeure un sport de combat dans lequel l’affrontement sur la ligne d’avantage est non seulement inévitable, mais surtout important du point de vue psychologique. Une bonne raison pour que le geste de la percussion se doit d’être maîtrisé par tous les joueurs (les circonstances de jeu pouvant pousser n’importe qui à aller au contact), qui dépend plus d’ailleurs d’un travail d’appuis que de puissance pure du haut du corps... 

Equilibre et travail en fréquence

Les détails?Ils vont sont livrés par Yann David. «Le but d’une percussion consiste à rester debout et de faire jouer autour de soi, bien sûr, explique le centre du Stade toulousain. Voilà pourquoi il est moins question de puissance ou d’explosivité que d’équilibre... Si l’on est trop loin au moment du contact, on risque de basculer et le défenseur n’aura qu’à nous tirer en avant pour nous faire tomber. Et si l’on est trop près, on n’est tout simplement pas efficace.» Ainsi, la principale difficulté ne réside pas dans mais avant le contact, qui consiste tout simplement à calculer au mieux sa «course d’élan». «L’accélération se fait bien sûr par de grandes enjambées, pose David. Mais une fois au contact, la longueur des foulées va se réduire. Il faut en revanche continuer à travailler en fréquence pour gagner la ligne d’avantage. Il s’agit ensuite de viser la bonne épaule, car l’erreur à ne surtout pas commettre est de défier frontalement l’adversaire. Si un joueur glisse rapidement sur l’extérieur, son épaule faible sera celle située à l’intérieur et inversement pour un joueur qui peine à se déplacer.» 

Buste au-dessus du pied d’appui

Vient ensuite le moment de l’impact, qui dépend en revanche du ressenti de chaque joueur. «Personnellement, j’aime défier en avançant le pied côté ballon, explique David. En clair, si le ballon vient de la droite vers la gauche, je vais placer le pied droit devant. Ensuite, le buste doit être placé juste au-dessus du pied avant, ni trop en avant, ni trop en arrière. Voilà pourquoi il faut mettre tout son poids sur cet appui avant, que l’on va essayer de placer au plus près de l’adversaire.» Avant la percussion proprement dite, effectuée bien sûr du bas vers le haut avec l’épaule libre, de façon à éloigner au maximum le ballon du défenseur. Et si possible à jouer après contact pour un partenaire accouru dans le même intervalle...

Comment éviter le «plaquage chaise»?

Le principal danger, lorsqu’on va à la percussion? Il s’agit moins aujourd’hui de perdre le ballon au contact que de subir un «plaquage chaise», c’est-à-dire se faire coffrer en l’air par plusieurs défenseurs... La règle est en effet claire: lorsqu’un ballon porté se forme dans le jeu courant et que le ballon ne peut en être extrait, celui-ci est rendu à la défense par le biais d’une mêlée fermée. Et donc foprcément un écueil à éviter... «La première solution consiste à observer des attitudes les plus basses possibles, explique Yann David. Mais si on est pris, il n’y a qu’une solution: lutter dans le bon timing. C’est-à-dire pour ne pas aller au sol dans un premier temps (car sinon le gratteur aura un temps d’avance sur les soutiens) et ensuite tout faire pour passer au sol en éloignant le ballon. Une fois au sol, on peut toujours essayer de se retourner pour gagner un peu de temps mais ce n’est pas toujours aisé.» Une autre solution se développe au rugby à VII, où les soutiens du porteur de balle ne se portent pas à son contact, pour ne pas constituer de maul (lequel, selon le règlement, n’existe que lorsqu’un joueur de chaque équipe se trouve au contact du porteur du ballon). De fait, les partenaires de ce dernier le regardent se débrouiller seul, jusqu’à ce qu’il passe au sol, pour éviter qu’une mêlée soit rendue à la défense ! Difficilement à transposer à XV, toutefois...

Nicolas Zanardi
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