Altrad : « Boudjellal m’a dit que nous serons champions l’an prochain »

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    Altrad : « Boudjellal m’a dit que nous serons champions l’an prochain »
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Dimanche matin, le patron du MHR a dressé le bilan de la saison très intense traversée par son club. Entre la déception d’une élimination et les espoirs de lendemains qui chantent, il se livre sans concessions.

À l’issue de la victoire en Challenge Cup, vous avez rappelé votre objectif d’être numéro un. Vous être au MHR depuis cinq ans maintenant. Ne perdez-vous pas patience ?

Non car je vois que mon travail apporte des résultats. L’édifice monte petit à petit même si ce n’est pas encore abouti. À notre objectif en Top 14 est venu s’ajouter celui du Challenge européen, que nous n’avions pas en début de saison. Peut-être l’avons-nous payé. Nous avons joué sur les deux tableaux à fond, avec des joueurs arrivés en janvier, en février. Je pense que le bilan est honorable.

Le MHR a-t-il réussi sa saison ?

Je le pense. Pour construire une institution, et le MHR en est une petite, il faut du temps. Il doit y avoir une sorte d’esprit de la gagne qu’on n’a pas encore. On a commencé à l’entrevoir cette saison. Même s’il n’y aura pas de trophée en Top 14, nous sommes quand même demi-finalistes. Mourad Boudjellal m’a d’ailleurs envoyé un texto ce matin (dimanche, N.D.L.R.) pour me dire que nous serons champions l’an prochain. Je ne sais pas si ce sera le cas mais nous commençons à avoir quelques certitudes, alors il faut continuer en ce sens. A contrario, on peut aussi voir le contraire et dire que les institutions peuvent vite foutre le camp. Il faut être vigilant.

Cela risque-t-il d’arriver selon vous ?

Je ne vois pas de choses qui pourraient mettre en péril l’édifice. Je suis réellement optimiste pour la saison prochaine. Il y aura une belle continuité : l’essentiel de l’effectif est là. Ce sera le même que l’an prochain avec des joueurs de qualité qui vont arriver et qui devraient s’intégrer beaucoup plus facilement que les dix-neuf recrues de cette année, plus les jokers médicaux et les jokers Coupe du monde de cette année. Je pense honnêtement que ce sera beaucoup plus facile.

C’est plus cette année qui a été dure à gérer finalement. Le changement est-il forcément un peu douloureux ?

C’est difficile parce qu’on part de loin, d’un système amateur même s’il se veut professionnel. Je voyais bien qu’il n’y avait pas les fondamentaux dans ce club. Jake White a beaucoup galéré à son arrivée. On avait la trouille de descendre l’an passé. Moi-même j’avais des doutes. Puis, le système s’est mis en place petit à petit. Jake White est le seul, parmi les coachs de Top 14, à dire : « Si l’adversaire veut le ballon, je lui donne. Dès que je suis dans ma moitié de terrain, je ne cherche pas la touche, je lui rends le ballon parce que je suis tellement solide sur les fondamentaux et ma défense, que je le récupérerai sur des turnovers. » Ça se vérifie depuis dix-huit matchs mais il fallait le comprendre, dans un club qui avait la culture de ce que faisait Fabien Galthié. La méthode White n’est pas dans la culture française tout court. Même Laporte ne le fait pas ! Personnellement, j’ai mis beaucoup de temps à l’assimiler et à la comprendre. Et je ne suis pas le seul, il y a aussi eu les spectateurs… Mais c’est fait aujourd’hui. C’est une façon de jouer au rugby. Certes, elle est singulière mais elle gagne. Les résultats sont là. On aime ou on n’aime pas.

Le club a été critiqué cette saison. Cela vous a-t-il posé un problème ?

Non. On nous a beaucoup reproché de ne pas aller chercher des joueurs français. Cela me gêne profondément parce que si vous cherchez qui est réellement d’origine française parmi les 66 millions de Français, vous aurez peut-être la moitié de la population qui ne l’est pas sur les première, deuxième et troisième générations. Ce problème de race, je l’appelle comme ça, me blesse quelque part. Il n’y a pas plus d’étrangers à Montpellier que dans d’autres clubs, mais il y a un gros ratio de Sud-Africains. C’est peut-être ça qui aggrave notre cas…

Le club avait aussi été critiqué dans l’affaire Trinh-Duc. Fulgence Ouedraogo avait pris publiquement position et vous l’aviez reçu après. Ce n’était pas acceptable pour vous ?

On s’est expliqué. Bien sûr, ce n’était pas acceptable. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, on est dans le professionnalisme. Que cela signifie-t-il ? Nous sommes une société anonyme, même si elle est sportive, et vous devez appliquer le code du commerce, du travail, des procédures, des normes, de la rigueur, des chartes etc. Il y a une organisation, un patron, une hiérarchie, tout un système de management et il faut que chacun joue son rôle. Il faut du dialogue bien sûr, ce n’est pas l’autocratie. Mais lorsqu’un joueur, fut-il capitaine, parle, et son tweet était très fort, il parle en son nom, en tant que coéquipier de Trinh-Duc mais aussi en tant que capitaine et que porte-parole du club. Ce n’est pas acceptable et cela ne devrait pas arriver. On le lui a rappelé. Je pense qu’il a compris. Moi aussi, j’ai des choses qui me travaillent mais je cherche à me rappeler que je dois rester à ma place et que je ne dois pas empiéter sur l’espace vital des autres parce que c’est un manque de respect.

A-t-il été sanctionné ?

Non. Nous avons eu une discussion d’homme à homme et ça en est resté là.

Son statut de capitaine pourrait-il être remis en cause pour l’an prochain ?

Non. Je lui ai réaffirmé qu’il était notre capitaine malgré tout. Il n’y a rien à signaler pour le moment : Fulgence est toujours notre capitaine, notre flanker et il est toujours là. Après, le temps apportera des éléments de réponse.

Emilie Dudon
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