Moins de chômeurs, plus d’inquiétudes

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    Moins de chômeurs, plus d’inquiétudes
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Cette année le nombre de rugbymen chômeurs a diminué. Dans les chiffres du moins, car dans les faits, la réalité n’est pas si rose.

Le rugby serait-il en passe de devenir de moins en moins précaire ? Force est de s’interroger. Si l’on s’en tient strictement aux statistiques, les joueurs sans contrat professionnel ne seraient que 38 cette année à la fin de la période des mutations arrêtée au 30 juin. Un chiffre deux fois inférieur à ceux de 2009 par exemple. Cette année-là, Provale tirait le signal d’alarme face à une augmentation de 77 % du nombre de chômeurs. Ils étaient 76 à ce moment-là à se retrouver sans club. Un chiffre pharaonique. 

«Le miroir aux alouettes»

Forcément, ce chiffre de 38 joueurs sans club tend à laisser à penser que le rugby est en passe de résoudre un problème que la société civile ne parvient pas à dompter. Seulement voilà, comme toujours dans le monde du rugby, tout n’est pas si simple. « D’abord, il est difficile de pouvoir réellement évaluer le nombre de chômeurs réels, précise Gaël Arrandiga, le directeur général de Provale, syndicat des joueurs de rugby professionnels. On ne peut pas mettre un GPS derrière chaque mec… Or, certains sortent du circuit car ils se font absorber par des clubs de Fédérale avec des situations sociales pas très reluisantes. Ils préfèrent courir le cachet plutôt que de s’interroger sur leur situation professionnelle, plutôt que d’anticiper un projet de reconversion. » Et le directeur général de Provale de poursuivre : « 2 500 ou 3 000 euros ça permet, au mieux, de bien vivre durant quelque temps. Au pire, c’est le miroir aux alouettes. »

Assurément, de nombreux joueurs ont préféré rejoindre des clubs, intégrés à la nouvelle division fédérale, réunissant les conditions requises par la FFR pour prétendre accéder au Pro D2. « Et puis, il y a ceux qui préfèrent ne pas apparaître sur cette liste », souligne encore Arrandiga. Dans ces conditions, si Provale se tient toujours à disposition de ces joueurs pour leur apporter un soutien administratif ou logistique, les responsables du syndicat des joueurs de rugby professionnels ont décidé de ne pas organiser ni de match amical, ni de stage.

Arnaud Beurdeley
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