De Palau à Rio

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Laurent Garnier , l'entraîneur des skills de l’équipe féminine du Kenya va participer aux prochains Jeux Olympiques de Rio et vivre une belle aventure et sportive et humaine.

Laurent Garnier, l’ex-entraîneur de l’AS Carcassonne et de Palau la saison écoulée est un véritable citoyen du monde et un technicien qui brille par son éclectisme. Après une satisfaisante carrière de joueur au XIII catalan, il est passé avec succès de l’autre côté de la barrière en faisant de la formation, l’entraînement son principal cheval de bataille. Après avoir mené les juniors de l’entente Saint-Estève au doublé national en 2007, entraîné l’équipe de France universitaire lors du Mondial 2008, il s’est envolé pour l’Australie pendant six ans où il a managé les juniors des Broncos de Brisbane (les Wynnum Seagalls) et obtenu le très prisé niveau 3 de l’Australien Rugby League (le sésame de obligatoire pour entraîner en NRL).

Du 5 au 21 août, le natif de Cabestany va ajouter une corde supplémentaire à son arc. Il va participer aux jeux Olympiques de Rio avec la sélection féminine kényane de rugby à VII. « J’interviens en tant qu’entraîneur des skills. C’est-à-dire que je suis en charge de l’attaque et la défense. C’est Peter Harding, actuellement consultant performance pour World Rugby et ancien préparateur physique de l’AS Clermont-Auvergne de 2003 à 2005 des Wallabies et du Tonga lors des Coupes du monde 2011 et 2015, qui m’a proposé cette mission d’entraîneur-consultant auprès du Kenya. Une telle opportunité ne peut vraiment pas se refuser. C’est déjà une belle aventure sportive et humaine. J’ai la chance de découvrir une nation rugbystique qui m’était totalement inconnue. Après quelques semaines de stage, je m’aperçois que les Kényans sont vraiment faits pour cette pratique du rugby à VII. Ils sont naturellement doués pour les courses, l’évitement, l’adresse aussi bien chez les garçons que chez les filles. De plus, ce sont de véritables athlètes. Physiquement, ils sont vraiment irréprochables. De plus, ils ont d’importantes capacités d’endurance, ce qui est un atout essentiel à VII. »

Les Lionnes adversaires des Bleues

Dans leur poule, les « Lionnes » vont ainsi croiser le fer avec la Nouvelle-Zélande (le favori du tournoi), l’Espagne et la France. Un adversaire qui ne laisse pas forcément Laurent Garnier vraiment indifférent. « C’est la loi du sport et le hasard du tirage au sort, se mesurer à l’équipe de France, c’est sentimentalement important d’autant que les Françaises font partie des nations majeures au sein du rugby à VII et elles possèdent des joueuses d’une qualité extrême. Nous savons que les Tricolores visent un podium et, forcément, elles seront favorites.

En revanche, j’ai constaté que les Lionnes avaient réalisé de gros progrès dans le secteur défensif. À VII, la qualité de la défense est un argument essentiel aussi bien qu’à XIII et à XV. Si, en défense, nous parvenons à tirer notre épingle du jeu face à la France, nous pouvons avoir une raison de songer à la victoire. » Reste qu’à ce jour, les Kényanes sont actuellement la onzième nation sur l’échiquier mondial. Leur Fédération ne recherche pas forcément un podium mais espère finir dans les huit premiers de cette première olympiade.

« Il faut au moins battre l’Espagne pour réaliser cet objectif », ajoute Laurent Garnier. Dans leur retraite de Nandi, leur camp de base avant le départ pour Rio, les Lionnes n’économisent pas leurs efforts et suent sang et eau pour atteindre cette huitième place. Quant à leur entraîneur des skills, il vit un rêve éveillé. La route qui mène à Rio est passée par Nairobi et Palau. Dans un sens, le rugby à XIII mène à tout.

Par Didier Navarre

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