Mazamet, raviver la flamme !

Sous l’impulsion de Laurent Cabrol, le SCM espère retrouver sa place sur l’échiquier du rugby français. Objectif Fédérale 1 d’ici trois ans.

On a connu Laurent Cabrol comme journaliste, homme de lettres et de télévision. Il faudra désormais apprendre à connaître Laurent Cabrol dans le costume d’un président de club de rugby. Le journaliste, profondément attaché à sa région natale, a décidé de s’investir corps et âme dans le Sporting Club mazamétain, le club de son cœur, le club des Lucien Mias, Aldo Quaglio et Jacques Lepatey qui ont fait vibrer son enfance au rythme de leurs exploits sur le mythique stade de la Chevalière.

Le club qu’a connu le journaliste dans ses jeunes années n’est plus tout à fait le même, avouons-le. La fameuse finale de 1958, homérique, perdue face au grand Lourdes, n’existe plus que dans le souvenir de quelques érudits du rugby. La professionnalisation du jeu et la déchéance de l’industrie lainière chère à Mazamet sont passées par là, précipitant la chute d’un club devenu incapable de suivre la cadence du rugby de la nouvelle ère. Chute en Fédérale 3, puis stabilisation en Fédérale 2. Mazamet végète.

L’exemple Guazzini

Laurent Cabrol espère dur comme fer relancer la machine et, à moyen terme, faire de Mazamet un des meilleurs clubs amateurs du Tarn. Entendez par là, l’installer en Fédérale 1. Le néoprésident sait que le chemin sera parsemé d’embûches. Avec un budget de 350 000 euros environ, impossible de faire des folies dans le recrutement. « Nous avons tout contre nous, sauf la passion, reprend le journaliste, fier de sa terre et de ses hommes. Notre principale qualité, c’est d’avoir le rugby chevillé au corps. Les gens respirent le rugby, ici. » Il entend fédérer une nouvelle alchimie autour du SCM. « À notre humble niveau, je veux recréer la dynamique bleu et noir. Je veux que les matchs soient un spectacle permanent. Réintroduire la musique et la fête. » Et de citer un célèbre exemple : « Au début de l’ère Guazzini, beaucoup l’ont décrié. Personnellement, j’applaudissais des deux mains. Il avait tout compris. Il a su faire des matchs du Stade français, un spectacle. »

Laurent Cabrol sait que tout cela prendra du temps. Il a déjà invité son ami Michel Drucker à devenir le parrain du club. Ce dernier a accepté et devrait venir à La Chevalière participer à quelques animations, entre deux balades en avion, marotte qu’il partage avec Laurent Cabrol. L’ex présentateur vedette de la télévision n’a pas voulu jouer de sa renommé pour introduire le club. L’homme se veut modeste et sait qu’il débarque dans un milieu qu’il découvre à peine. Sa principale force a été de ne prendre la place de personne. « Je veux la cohésion autour du club. L’équipe en place a fait et continue de faire un boulot extraordinaire. Je pense notamment à Nicolas Hallinger et David Alliès, les deux entraîneurs, qui ont su fédérer le groupe autour de leur projet. » Pour parvenir à ses fins dans sa petite cité enclavée au pied de la montagne noire, Laurent Cabrol compte, pourquoi pas, sur une aide venue des plus hautes strates du rugby.

L’homme a des idées, encore faut-il qu’elles trouvent un écho à la Fédération. « En arrivant à la tête du SCM, poursuit Cabrol, j’ai pris conscience de l’ampleur du désintérêt des instances de ce jeu envers le rugby amateur. On ne s’occupe pas assez des petits clubs. Quand je vois nos voisins vauréens, en Fédérale 1, qui vont jouer à Strasbourg, à 1 000 kilomètres, c’est incompréhensible. Il faudrait repenser beaucoup de chose… à ce rythme-là, notre rugby de village est en train de mourir. » Pour sa première année de présidence, le spécialiste météo espère « faire mieux que la saison passée », à savoir dépasser le stade des seizièmes de finale.

Par David Bourniquel