Menditte : le plus petit tout en haut

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    Menditte : le plus petit tout en haut
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Avec le nouveau règlement, Menditte ne pourra pas disputer le championnat de France l’an prochain. Les Basques vont donc axer leur saison avec, comme objectif, la montée en groupe 2 Première-Deuxième Séries.

« Menditte est peuplé de 200 habitants, et nous sommes ici encore plus nombreux ! » Nathalie Arostéguy-Laplace, la présidente du club n’est guère étonnée tellement l’engouement est fort pour cette finale de Troisième Série, face à Paris XO, à Saint-Maixant-l’École, distant de plus de 400 kilomètres du Pays basque. Elle est à la tête des supporters qui n’ont qu’une idée en tête, rapatrier le bouclier pour la première fois en 44 ans. Ce sera une fierté pour le plus petit village de France abritant une équipe de rugby.

Pas facile d’accueillir 110 licenciés en cet endroit perché dans la montagne de Haute-Soule, dans cette province la moins connue du Pays basque mais la plus joyeuse, dit-on. Aux jeunes de Menditte viennent s’ajouter ceux des communes alentours comme Tardets, Alçay ou Licq-Atherey. Mais pas de Mauléon, paradoxalement, la capitane souletine voisine. « Notre point fort, explique le vice-président, Franck Sarramagnan, est que 90 % de l’effectif vient de notre école de rugby que nous avons en entente avec Barcus et Aramits. De toute façon, nous n’avons pas le choix. »

Les Basques, finalistes malheureux du championnat de France de Quatrième Série, la saison dernière, ne voulaient pas rester sur cet échec. Il leur fallait alors se qualifier, dans le championnat Côte Basque-Landes, en Troisième Série. Ce qui fut fait malgré le handicap de deux points de pénalité au classement pour ne pas avoir engagé d’équipe réserve. Mais le parcours n’était pas simple. Éliminés en demi-finale, les Souletins ont eu recours au barrage, arraché face à Arcangues. « Ça a été le déclic, se souvient Franck Sarramagnan. Après le tableau du championnat de France a été plus facile même s’il a fallu qu’on joue à 17 en 8e de finale. »

Une belle revanche

Plus facile… jusqu’en finale. Car pour gagner le titre, il leur a fallu venir à bout des parisiens de Paris XO, ces anciens qui se sont donné un challenge, aller à la conquête du bouclier. Le plus cocasse a été que cette finale était la revanche de celle de l’an passé en Quatrième Série, gagnée par les Franciliens. Mais les Parisiens avaient un an de plus… Et ils en ont ressenti les désagréments en prolongations. Repris par les Basques en fin de match, ils ont été battus finalement aux tirs au but. « Ce match a été le plus dur de la saison, raconte le président. On les a surpris. L’an dernier, on avait écarté tous les ballons. Là, on les a pris devant. On a changé le jeu. »

Une finale inoubliable, avec un départ la veille et une nuit à l’hôtel, grâce à la solidarité des commerçants et des particuliers. Un grand jour ponctué d’une arrivée tardive au village à une heure du matin où tous les amis et supporters attendaient les champions. Depuis, les honneurs se sont multipliés, avec en point d’orgue, la présentation du bouclier pour les fêtes de Mauléon. Et ce pilou pilou, la marque du club, répété à l’envi, revisité par le troisième ligne Fabien Elichabe qui a vécu à Toulon.

L’an prochain, les Souletins vont évoluer encore en Troisième Série et ne pourront pas disputer le championnat de France, en raison du règlement. Comme ils ne veulent pas s’arrêter là, ils axeront leur saison sur la montée dans le groupe 2, Première et Deuxième Séries. Avec ses moyens modestes, le plus petit club de France, qui a aussi une équipe féminine, est des plus complets. Avec la foi, on peut renverser des montagnes.

Par Edmond Lataillade

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