Bem-vindo ao Rio

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Publié le , mis à jour

À une semaine de la cérémonie d’ouverture des jeux Olympiques, Rio se prépare à accueillir le monde avec une organisation propre aux Brésiliens, puisque, comme pour la Coupe du monde de football en 2014, les derniers coups de pinceaux sont prévus pour vendredi prochain.

Personne ne s’inquiète vraiment à Rio. Pourtant en se rendant sur les sites Olympiques, il n’est pas nécessaire d’être contremaître pour comprendre que les installations ne sont pas terminées. Les Cariocas préfèrent en rire, chacun ayant une anecdote à raconter sur l’avancement des travaux et sur les finitions à attendre. Celle revenant le plus souvent étant les derniers coups de peinture passés à la hâte dans la nuit au stade Maracana quelques heures seulement avant l’ouverture de la Coupe du monde 2014.

Mais cette fois, Rio n’a pas su combler son retard au niveau de la construction du village Olympique. Il a manqué plus qu’un coup de pinceau. Plusieurs délégations ont refusé d’y prendre leurs quartiers dimanche dernier, lors du jour d’ouverture, arguant que les bâtiments n’étaient pas habitables.

Plomberie et marée haute

L’Australie était certainement la délégation la plus touchée mais le Mexique, l’Italie et l’Argentine ont aussi rencontré des problèmes. Devant ce travail bâclé ou inachevé, les responsables italiens ont même décidé d’engager leur propre équipe d’ouvriers pour terminer le chantier au plus vite. Côté tricolore, Jean-Claude Skrela, le manager de France 7 n’a rien trouvé à redire sur les installations. Pourtant, même les athlètes brésiliens n’ont pas caché leur désarroi devant une énorme fuite d’eau qui a inondé le rez-de-chaussée de leur bâtiment, avant d’essayer de faire bonne figure sur les chaînes nationales, offrant un spectaculaire numéro de langue de bois.

Adonaldo, présent aux abords du site pour regarder s’activer les 630 ouvriers appelés à la rescousse en début de semaine n’a pas été surpris : « C’est toujours pareil dans cette ville. Tout est très beau, tout est nickel jusqu’à ce vous mettiez l’eau. La plomberie, c’est toujours un problème ici. Chez moi, il m’arrive de ne plus avoir d’eau pendant quelques heures sans savoir pourquoi. » Un commentaire lâché avant d’éclater de rire puis d’ajouter : « Je ne sais pas si vous avez vu aussi les problèmes avec internet. Les coupures sont de plus en plus nombreuses ces derniers jours. Ça doit être l’arrivée massive des touristes qui se connectent en wifi. »

L’explication n’est pas scientifique mais il fallait bien en trouver une pour Adonaldo. De toute façon la polémique sur le chantier du village Olympique n’était pas la seule blague du début de semaine selon Olivier, un Français installé à Rio depuis trois ans : « Depuis la Coupe du monde de football, les travaux ne se sont jamais terminés autour du Maracana (le stade où aura lieu la cérémonie d’ouverture, N.D.L.R.). Surtout, une partie de la route n’arrête pas de s’écrouler et cela fait un énorme trou. Ils l’ont déjà rebouché deux fois mais lundi dernier le trou était de nouveau là ! Certains organisateurs doivent vraiment commencer à se faire du mouron. »

Inquiète, Christine l’était aussi. Cette Française, patronne d’un bar avec vue sur la plage de Copa Cabana, regardait avec méfiance le site de beach volley monté en face de chez elle : des immenses gradins démontables posés sur le sable pour une structure métallique imposante avec des milliers de tubes partant dans tous les sens. « La mer est montée très haut et ils ont été obligés de tout remonter, raconte-t-elle. Avant de recommencer, ils ont dit qu’ils n’allaient plus poser les tribunes directement sur le sable mais sur du ciment. En tout cas, c’est ce qu’ils ont dit car moi je n’ai rien vu. » Pourtant, il est évident que tout le monde s’active à Rio pour que ces jeux Olympiques historiques, les premiers organisés en Amérique latine, soient une réussite, notamment au niveau de la sécurité. Les patrouilles de police sont partout, à chaque croisement dès que la nuit tombe dans le quartier animé de Lapa, très prisé des noctambules. Des voitures garées, gyrophares allumés, à chaque intersection avec deux hommes en poste, sans oublier la police fédérale et les militaires déployés dans toute la ville. Au total, 85 000 hommes se relaient pour veiller à ce que les JO restent la grande fête mondiale du sport.

Jours fériés et métro réservé

Le maire de la ville de Rio, Eduardo Paes, répète souvent qu’il souhaite que tout de monde se sente chez lui pendant cet événement. Et surtout les Cariocas qu’il veut vraiment voir rester chez eux pour éviter de voir la ville paralyser par les bouchons qui sont déjà fréquents en période normale. La crainte que les voies de bus prioritaires, repeintes en vert pour l’occasion, ne soient pas suffisantes pour assurer la fluidité des déplacements des athlètes. Il a d’ailleurs décrété trois jours fériés exceptionnels : le jour de la cérémonie d’ouverture, le jeudi 18, date du premier triathlon et enfin le 22 août, soit le lendemain de la cérémonie de clôture.

En effet, le maire craint des départs massifs vers l’aéroport international de Galeao, bloquant totalement la circulation. Les Cariocas seront donc priés de rester chez eux, ce qui fait donc rire Olivier : « Devant la pagaille actuelle, nous ne sommes pas à l’abri que les quinze prochains jours deviennent fériés. » Un trafic routier que la ville de Rio avait pourtant anticipé en décidant de construire la quatrième ligne du métro, qui doit relier Ipanema à Barra où est situé le village Olympique. Une ligne dont l’inauguration aura lieu le 1er août, soit seulement quatre jours avant le début des compétitions.

Et tout le monde s’accorde à dire qu’il ne faudra pas être très regardant sur les finitions, mais les habitants de Rio ne s’en émeuvent pas vraiment puisqu’ils ne pourront pas se servir de cette nouvelle ligne avant la fin des jeux Olympiques, ce qui pour le coup ne fait pas vraiment rire Adonaldo : « Seuls les personnes avec des accréditations ou des billets pour assister aux compétitions seront autorisées à l’emprunter. Ça fait cher le petit tour de train ! » Pourtant, la magie des jeux commence à opérer un peu partout dans la ville. L’optimisme des Brésiliens étant leur arme de construction massive plus l’échéance approche.

Nicolas Augot
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