Les Enragées veulent mordre

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    Les Enragées veulent mordre
Publié le , mis à jour

L’équipe de France féminine, qui n’est jamais montée sur un podium mondial, veut croire que son heure est enfin arrivée.

Trois ans qu’elles attendent ce moment. De fouler enfin la pelouse olympique des jeux de Rio. Un rêve qui deviendra réalité ce samedi matin à 11 heures, heure locale (16 heures en France). Trois années de souffrance, de sacrifices, de doutes mais aussi de progrès, de victoires et d’étoiles dans les yeux en pensant à la récompense finale. Cerise sur le gâteau, les Bleues de l’équipe de France féminine ouvriront la compétition, entrant déjà dans l’histoire du rugby comme les premières femmes de l’histoire à disputer un match de rugby aux jeux Olympiques.

Un honneur pour ces pionnières mais pas une consécration pour cette bande de filles survoltées, surnommées les « Enragées », venues au Brésil pour obtenir une médaille qu’elles n’ont pourtant jamais su conquérir sur le circuit mondial depuis sa création en 2012, si souvent recalées à la quatrième place. La plus terrible, celle dont elles ne veulent plus : « Il faudra évidemment faire mieux pour ne pas repartir d’ici dans l’anonymat. Malheureusement, nous avons la culture du rugby à XV où quand on perd en demi-finale c’est fini. Ça explique en grande partie nos échecs lors des petites finales. Mais je l’ai déjà dit remporter une médaille est un objectif réalisable. »

Courteix : « Il faut s’attendre à des surprises »

Pourtant, penser que la bataille pour le podium se jouera entre l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Grande-Bretagne et le Canada serait conforme avec les résultats des trois dernières saisons puisque ces quatre nations n’ont jamais quitté le quarté gagnant du World Series. Mais le sport reste imprévisible et les jeux Olympiques sont un terrain formidable aux exploits inattendus. David Courteix en est convaincu : « Il faut s’attendre à des surprises, à des résultats auxquels personne ne s’attend. » Sortir de leur poule ne devrait pas être d’une grande difficulté pour les Françaises qui sont supérieures à l’Espagne et au Kenya mais le premier exploit des Bleues devra avoir lieu dimanche en matinée lors du rendez-vous face aux Néo-Zélandaises (16 h 30, heure française), surnommées les Sevens Sisters.

Un succès tricolore, le premier de l’histoire, pourrait offrir la première place de la pour la poule B aux Françaises et une route bien plus dégagée pour la suite de la compétition. En effet, les filles de David Courteix affronteraient en quart de finale l’équipe ayant terminé la phase de poule à la place de meilleure troisième. Autant dire que les Bleues éviteraient de tomber directement sur le Canada ou la Grande-Bretagne dès le premier match à élimination directe. « Nous avons effectivement fait ce même calcul, d’autant plus que l’Australie et la Nouvelle-Zélande, certainement les deux épouvantails, se retrouveraient dans la même partie du tableau. Maintenant, les Néo-Zélandaises sont de sérieuses clientes avec des individualités extraordinaires même sur le banc de touche. » Mais les « Enragées » jurent qu’elles n’ont peur de rien.

Nicolas Augot
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