Facteur X

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Virimi Vakatawa est l’arme fatale des Bleus qui comptent sur lui pour décrocher une médaille. Des partenaires nous racontent qui il est.

Un sourire timide, Virimi Vakatawa répond aux questions des étoiles dans les yeux. Son bonheur d’être à Rio est communicatif. L’ailier du XV de France, la flèche de France 7 vit une saison extraordinaire. Avec comme passeport un contrat avec la Fédération qui l’a emmené du charme des rencontres du Tournoi des 6 Nations à la folie démesurée des jeux Olympiques. Un rêve éveillé pour le joueur fidjien débarqué au Racing 92 à 18 ans. « Jamais je n’aurais pu imaginer que je me retrouverais un jour à Rio. Je suis venu en France pour l’argent, dans le but d’aider ma famille. Puis après trois ans, Philippe Saint-André est venu me voir et m’a parlé de la possibilité que je joue pour la France. Quatre ans après j’ai été sélectionné mais au début de l’aventure je ne savais pas qu’il y aurait les jeux Olympiques à la clé. »

Il y sera l’arme fatale des Bleus qui savent qu’ils auront besoin d’un grand Vakatawa pour décrocher une médaille. « J’ai beaucoup de message de soutien mais toute l’équipe est prête pour faire un grand tournoi. » L’homme n’est pas du genre à se pousser du col, d’ailleurs l’humilité du garçon revient dans les bouches de ses partenaires pour parler de lui. Le facteur X de France 7 ne joue pas la diva, bien au contraire selon l’entraîneur Frédéric Pomarel : « Je suis vraiment très content de son comportement car il s’est inscrit dans un projet collectif. Les tchik-tchak qu’il peut faire en match, il ne les fait pas à l’entraînement. Il est concentré sur le collectif. Ses partenaires l’ont parfaitement intégré et lui s’inscrit à 100 % dans le projet. Bien entendu s’il veut nous faire quelques courses folles en partant de l’en-but, avec deux ou trois roulades, il fait ce qu’il veut en match tant qu’il amène le ballon derrière la ligne adverse. » Dire que le Fidjien a changé totalement le jeu de France 7 n’est pas faire injure à ses partenaires. Les résultats le démontrent aussi car lors de son absence pour cause de Tournoi des 6 Nations, les quatre tournois disputés sans lui n’ont pas été les plus brillants de la saison, d’autant plus que les Bleus ont dû aussi composer avec les blessures de Terry Bouhraoua.

Il a changé les Bleus

Dans ce projet olympique débuté sur une feuille blanche en 2010, il y a eu un avant et après selon Vincent Inigo : « Notre jeu est différent maintenant. Avant lui, nous n’arrivions pas à marquer sur nos premières intentions, on faisait du large-large avec beaucoup de passes mais sans trouver de solutions. Avec lui, sur une action en première main, il arrive à franchir dans 99 % des cas. Si tu arrives à être à son soutien, l’essai est quasi systématique. Aux Fidji, il me racontait qu’il jouait avec une chaussure strappée, il n’avait même pas de ballon. Il ne réfléchit pas à savoir s’il va opter pour un crochet, chez lui c’est instinctif. Maintenant, tout le monde le surveille mais ça nous ouvre des brèches. »

Des qualités physiques et techniques qui font des envieux parmi ses partenaires qui préfèrent en rigoler comme Jonathan Laugel : « Il a apporté, en toute simplicité, ce qu’il sait faire de mieux, c’est-à-dire casser des lignes, faire parler ses appuis et marquer en bout. Il nous apporte toute sa précision à chaque tournoi mais aussi à chaque entraînement. À force de jouer avec lui, nous avons tous envie de faire des crochets comme lui, même nous les piliers. Il essaie de nous montrer, de nous apprendre, il sait partager. » Car si Virimi Vakatawa n’est pas le plus expansif pour parler de lui en public, il est vraiment adoré dans le groupe, tout d’abord par son bonheur communicatif quand il enfile les crampons. « On sent qu’il a l’amour du jeu, du ballon, témoigne Julien Candelon, Il a plus de plaisir à venir sur un terrain pour faire un rugby que faire des séries de 30-30 ou de 15-15. Il vient d’un pays ou on joue dans la rue, où l’on occupe son temps en jouant au rugby et non pas devant des consoles de jeu. »

Un certain talent pour la chanson

Son talent est reconnu mais aussi son rôle dans la vie de groupe car après trois ans le Fidjien n’a plus de secret pour ses partenaires. Il a fait d’énormes progrès dans la langue de Molière, et même le facétieux Julien Candelon lui reconnaît un certain humour : « Il est très efficace de côté-là. » Stephen Parez éclate de rire en décrivant son coéquipier : « Il est adorable, il nous parle de tout, de ses soucis quotidiens, de ses joies. C’est quelqu’un d’un petit peu réservé et calme dans la vie quotidienne mais il est ouvert sur plein de choses. Surtout, il chante beaucoup, j’adore. Au village Olympique, on a la chance d’avoir nos chambres assez proches avec un couloir commun donc je l’entends quand il fredonne quelques petites chansons fidjiennes car il a une petite voix. »

Une passion pour la musique qu’il partage avec plusieurs coéquipiers. Il retrouve Vincent Inigo et Pierre-Gilles Lakafia tous les midis quand les Bleus sont à Marcoussis. « Nous avons aménagé un petit studio dans les vestiaires, raconte l’ancien Bayonnais : On joue de la musique fidjienne. Il est à la guitare, il est très doué pour la chanson, il a une très belle voix. Il me file des frissons quand il chante. » En espérant l’entendre interpréter la Marseillaise à Rio.

Nicolas Augot
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