Enjeux régionaux

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Si on prête des vertus à la réforme des régions, elle n’est pas de nature à fondre les clubs de l’élite rugbystique dans un même moule identitaire. La preuve avec la Rochelle et Bordeaux.

On peut comprendre l’inquiétude des dirigeants rochelais face à la réforme des régions, leurs interrogations sur la répartition des moyens et des subventions au sein de la nouvelle entité administrative ALPC (Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes). Le regroupement des anciennes régions a fait naître des inquiétudes car la Région Poitou-Charentes donnait 200 000 euros au Stade Rochelais dont 100 000 pour le centre de formation. Brive de son côté touchait globalement 300 000 euros de la région Limousin. Rien ne dit que la nouvelle région donnera autant. A vrai dire, personne n’imagine en effet un nivellement par le haut qui ferait des clubs aquitains du Top 14 les gagnants du redécoupage. Car les clubs de l’Aquitaine historique (Bordeaux, Agen, Biarritz, Bayonne, Pau, Mont-de-Marsan) touchaient zéro, ou plutôt 30 000 euros de prestations diverses. .

Pour optimiser son projet, le rugby rochelais bénéficie d’avantages considérables : il est soutenu par une ferme volonté politique locale dans un vaste territoire désertifié en matière de spectacles sportifs de haut niveau. Avant l’engouement présent, le rugby pro à Bordeaux ne suscitait qu’une curiosité bienveillante. à l’arrivée de Laurent Marti à l’UBB, un personnage du club maritime nous avait d’ailleurs confié : « Dans six mois le club explose. » Son jugement était objectif à la lecture de la situation de l’Union de l’époque, instable financièrement, négligée par le public, confrontée à la force des Girondins (foot) et à un contexte géopolitique unique en son genre entre une mairie de Bègles écologiste, une municipalité bordelaise de droite et un Conseil régional et départemental socialiste. L’UBB n’a pas explosé et, au contraire, est parvenu à convaincre les politiques de la nécessité de lui offrir les infrastructures du stade Chaban-Delmas pour son développement, et le site André-Moga comme centre de vie et d’entraînement.

Deux clubs aux formes différentes, deux chemins opposés, et l’exemple de deux réussites désormais au cœur d’une même région. Mais vous l’aurez compris, de là à parler d’une identité commune, il y a un pas que, comme les Brivistes, Agenais, Palois, Bayonnais ou Biarrot, nous ne franchirons pas. Et la nouvelle grande région ne changera rien aux réalités historiques et culturelles.

Par Gérard PIFFETEAU

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