Déflagration

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Saint - Médard - Fédérale 1 Les banlieusards bordelais ont fait parler la poudre à leur façon.

Il y eut naguère la célèbre « déclaration », immortalisée par France Gall pour le plus grand bonheur du regretté Michel Berger. En banlieue bordelaise, c’est plutôt de « déflagration » qu’il a été question dans la mesure où quantités respectables de détonations se sont fait entendre dans le fief de ceux que l’on surnomme, à juste titre, et depuis belle lurette, les Poudriers.

La victoire en terres lilloises aux dépens d’un hôte qui avait tant fait parler de lui depuis plusieurs mois a symbolisé la greffe réussie du savoir-faire sur l’aspect affectif. « Nous tenions à honorer le choix de la FFR », explique Thierry Cléton, le vice-président, associé de près au staff technique. Flash-back. Au printemps 2015, Saint-Médard-en-Jalles se retrouve sur liste d’attente, du fait de son élimination en phase finale de Fédérale 2 par L’Isle-Jourdain. Mais, entre tradition et formation des jeunes, le club copiloté par Pierre Poitevin et Stéphane Brochard a bonne presse et la bonne nouvelle est confirmée durant l’été avec un repêchage. Soit une nouvelle parenthèse à un échelon dont la tête de pont la plus solide se trouve, il faut le reconnaître, plus facilement du côté de Langon.

Douze mois plus tard et suite à l’effacement du « troisième homme » libournais, les protégés de Patrick Vergé et Benjamin Andreu se sont avantageusement repositionnés sur l’échiquier dominé par les Unionistes de Bordeaux et de Bègles. Pourtant, la mise en route fut délicate sur le seul plan des résultats, si l’on considère la défaite face au futur lauréat vannetais. Mais à y regarder de plus près, la fameuse dynamique de montée, sur tapis vert ou pas, était susceptible de trouver ses prémices à l’occasion de cette confrontation : « Nous faisons plus que tenir la dragée haute aux Bretons mais deux faits de jeu s’avérèrent défavorables, manque d’expérience oblige » se souvient, nullement amer, Patrick Vergé.

Attirer les foules

Une fois payée la «taxe d’apprentissage» - Limoges, autre poids lourd de la subdivision marquée par la disparition de Lille dans le « money-time », va également s’imposer face au promu - la mayonnaise prend. Consistante à l’envi. Pas question cependant de brûler les étapes ni de tomber dans la suffisance. « Nous allons essayer de faire aussi bien cette saison », poursuit celui qui, comme Bernard Laporte, évolua naguère dans le sillage immédiat de la carapace bèglaise.

Un exercice qu’il faudra négocier sans Jackson, ni Hierso et Botica.

Pas question cependant de se mettre martel en tête, le plaisir étant nettement plus en vogue que la pression liée à une obligation de résultat. Depuis le début du mois, Patrice Zapatta, le préparateur physique, fait transpirer dans la bonne humeur un groupe au sein duquel les présences conjointes de Pierre Lopez et de Loïc Merle ne passent pas inaperçues. Le jeune centre est la révélation de l’épisode précédent tandis que le dernier nommé n’est autre que le fils du légendaire « homme et demi » et icône du Massif central.

« Chaque joueur, indépendamment du poste occupé, fera pour le mieux en donnant le meilleur de lui-même », conclut un Patrick Vergé qui, fort de son expérience, fait de l’envie le principal corollaire de la fraîcheur, physique et mentale. Puisse le public ne pas venir en traînant les pieds le dimanche au stade Robert-Monseau. Le faire venir en nombre croissant est d’ailleurs l’un des objectifs de l’encadrement girondin. Une perspective en rien comparable à une gageure à en juger par l’enthousiasme manifesté.

Saint-Médard-en-Jalles Rugby Club

Date de création : 1905

Nombre de licenciés : 600 (avec l’école de rugby)

Plus haut niveau atteint : Première division

Palmarès : champion de France Honneur (2004)

Budget : 900 000 €

En 2015-2016 : Fédérale 1, 5e de la poule 2, éliminé en quart de finale du championnat de France

Par Philippe ALARY

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