Staffs sous surveillance

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Publié le , mis à jour

De par les changements de l’été et les situations contractuelles, le marché des entraîneurs s’annonce particulièrement agité cette année. Dès l’automne, pour ceux qui ne donneront pas satisfaction.

C’est la tendance du rugby moderne. Celle de l’entraîneur-star. À Toulon, en juin, les célébrations pour le départ de Bernard Laporte ont surpassé celles pour « Wilko », deux ans plus tôt. On ne parle que d’Etcheto à Bayonne, de Carl Hayman à Pau ou de la rigueur hypertrophiée de Pierre Mignoni à Lyon. En Angleterre ? Tout le monde n’a d’yeux (et d’oreilles) que pour Eddie Jones, certes brillant manager mais, aussi, heureux manitou d’une génération anglaise que seuls les Blacks surpassent. En s’appropriant les lumières en même temps que la communication, les entraîneurs sont devenus les têtes de gondole du rugby. Les joies qui en découlent, ce sont les lauriers, des salaires à la hausse et une notoriété exponentielle. Le revers sombre, c’est que les entraîneurs jouent les paratonnerres pour toutes les foudres présidentielles et assument, sur leur seule personne, tous les errements de leurs joueurs. Jusqu’à jouer leur poste. Quand un collectif ne tourne pas, il coûte toujours moins cher de licencier un entraîneur que quinze joueurs. Nous n’en sommes pas là, évidemment. Mais les départs poussifs de Grenoble et Pau. Du coup, Jackman et Mannix se retrouvent déjà sous pression à l’aube d’une troisième journée qui leur offrira un derby (à Lyon pour les Isérois et à domicile face à Bayonne pour les Béarnais) pour se relancer.

Une année à risque

Ce contexte, cette saison, incite à porter une attention particulière au sort des entraîneurs. Cela a commencé dès l’été, avec le départ anticipé de Fabrice Landreau (Grenoble) et la « crise » toulonnaise la plus précoce de l’histoire du rugby. Shawn Edwards n’est jamais arrivé, Diego Dominguez est resté aux côtés de Delmas et Dal Maso. Jusqu’à quand ? Les associations, pas toutes de bon cœur, sentent la poudre.

Pour d’autres raisons, d’autres clubs et d’autres staffs sont déjà scrutés de près par l’ensemble des acteurs du marché. Gonzalo Quesada, qui sort d’une année noire avec le Stade français, est en fin de contrat en juin prochain. Jake White également, à Montpellier, lui qui propose déjà ses services à toute nation majeure en mal de sélectionneur. À Bordeaux-Bègles, Raphaël Ibanez a vu débarquer dans son staff Jacques Brunel, un numéro 2 facilement convertible en numéro 1. La suite ? Ces contextes ne jurent de rien, positivement ou négativement, mais ils incitent à surveiller de près le cas de ces entraîneurs. D’autant plus quand des CV à en-tête « Vern Cotter » circulent déjà sur les bureaux présidentiels…

Léo Faure
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