Lauret : « Dusautoir ? Un mec irréprochable »

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    Lauret : « Dusautoir ? Un mec irréprochable »
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Longtemps dans l’ombre du Toulousain Thierry Dusautoir, Wenceslas Lauret a franchi un cap ces derniers mois tant avec le XV de France que sous le maillot du Racing 92.

Dans la droite lignée de votre Tournoi des 6 Nations, vous figurez dans la liste « élite » du sélectionneur Guy Novès. Après le titre de champion de France avec le Racing 92, avez-vous le sentiment d’être enfin reconnu ?

Une reconnaissance ? Non. C’est juste une satisfaction. Je me dis que mon travail est récompensé mais cette liste ce n’est pas une fin en soi.

Avoir longtemps été cantonné à ce rôle de gratteur vous a-t-il privé de nombreuses sélections ?

Ça m’a un peu gonflé car j’ai toujours été catalogué dans ce rôle-là et je pense que ça m’a porté préjudice. Résultat : je n’étais pas assez polyvalent aux yeux de certains entraîneurs. Mais, ça m’a obligé à travailler d’autres secteurs, à ne pas rester sur mes acquis. Et puis, j’avais envie de toucher plus de ballons, de prendre une part plus active dans le collectif. J’y vois du positif aujourd’hui.

Le fait d’avoir été longtemps comparé à Thierry Dusautoir vous a-t-il gêné également ?

Pour le coup, non, mais ça m’a bloqué pour évoluer en équipe de France. Thierry était installé chez les Bleus, il était le capitaine. Je m’étais fait une raison.

Mais vous êtes-vous nourri de ce blocage pour progresser dans d’autres secteurs de jeu ?

Pas forcément. J’ai voulu avancer car je sentais que mon rôle sur un terrain était trop limité. Et puis, les critiques m’ont peut-être donné un peu plus d’envie (sourires)

Thierry Dusautoir a-t-il été pour vous un modèle ?

C’est difficile de ne pas vouloir chercher à copier un mec qui est irréprochable. J’ai eu la chance de le côtoyer un peu en équipe de France, j’ai toujours beaucoup regardé son comportement, son travail, ses attitudes. C’est un mec, je le répète, irréprochable.

Est-ce que vous le « badez » sur un terrain ?

(il rit) Je n’irai pas jusque-là. Mais si on se croise dimanche, je sais qu’il ne faudra pas lui laisser mettre les mains sur le ballon.

Avez-vous été libéré d’un poids lorsque Thierry Dusautoir a pris sa retraite internationale ?

Non, c’est juste qu’une place s’est libérée. Quand Thierry était là, je savais que je pouvais être appelé en cas de blessure. Mais je savais aussi que je n’étais que le deuxième ou troisième choix. Je ne le vivais pas mal, je m’étais fait une raison.

Le dernier Tournoi des 6 Nations vous a semble-t-il permis de prendre une autre dimension chez les Bleus. Vous confirmez ?

Je suis papa depuis le mois de janvier d’un petit Tiago. Ça a été un changement assez important dans ma vision des choses. Ça me donne une force supplémentaire, notamment dans les périodes difficiles. Je pense avoir mûri, mais je reste le même joueur avec des qualités que j’essaie de développer. Le travail stratégique, notamment dans le secteur de la conquête aérienne, j’ai appris à le connaître avec Laurent Travers. J’y ai pris goût. à Biarritz, je ne m’y intéressais pas plus que ça. Lorsque j’étais plus jeune, je n’étais peut-être pas aussi assidu ou même investi pour travailler toutes ces choses-là.

Est-ce anecdotique que ce changement soit intervenu juste avant le Tournoi des 6 Nations, peut-être votre période la plus aboutie en équipe de France depuis vos débuts ?

De toute évidence, c’est l’année la plus aboutie. Tout est arrivé en 2016. Le petit, l’équipe de France, le titre de champion, je ne peux pas rêver mieux. Pour moi, c’est un accomplissement. Mais, ça me donne encore plus d’appétit pour l’avenir.

Arnaud Beurdeley
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