Castres, l’instant charnière

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    Castres, l’instant charnière
Publié le , mis à jour

Le début de saison souffreteux des Tarnais est symbolisé par le rendement de ses meneurs de jeu. Face à Grenoble, les Kockott, Urdapilleta et Dupont seront attendus au tournant. le déclic va-t-il enfin se produire ? Vivement dimanche...

«Un match se passe bien lorsque les avants sont performants. Ils ne l’ont pas été. Je leur ai dit ma façon de penser car ils n’ont pas été bons. Je ne connais peut-être rien au rugby mais j’ai joué devant… » Après la déroute face au Stade rochelais, Christophe Urios avait rappelé à ses protégés le premier des commandements. à Paris, son grand huit a redressé la tête. Un sursaut insuffisant : « Avec un peu plus de maîtrise, nous aurions pu l’emporter », déplore le manager, frustré par le bonus ramené de la capitale. Les 604 mètres parcourus contrastent avec les vingt et un ballons égarés.

Les performances irrégulières du pack ne constituent pas la seule faille de l’édifice castrais en cette entame de saison. La gestion et l’exploitation du ballon posent également question. Avec, au cœur, de l’équation, la charnière. Sur la feuille de match, la présence de Rory Kockott et de Benjamin Urdapilleta apporte de solides garanties. Sur le terrain, la paire n’a pas retrouvé ses sensations. La saison du Sud-Africain n’a, à dire vrai, pas réellement commencé son championnat : « Rory a commencé la première rencontre, a pris un rouge tôt et écopé de deux matchs de suspension, regrette Christophe Urios. Il a beaucoup travaillé physiquement mais il n’a pas de rythme dans les pattes. À Paris, il a fait une première période à l’image de l’équipe, c’est-à-dire en place. » À Pierre-Antoine, on attend bien plus du demi de mêlée. Tout comme du demi d’ouverture Benjamin Urdapilleta.

« L’équipe joue sans conviction »

Le Puma n’a, jusqu’à présent, pas suffisamment pesé sur le jeu, est apparu à court de solutions au milieu de ses trois-quarts et n’a pas trouvé la faille individuellement. S’il ne peut être considéré comme responsable des errements de la mécanique tarnaise, il les symbolise. « Le problème est que l’équipe joue sans conviction, analyse le manager. Certains ont besoin de se remettre dans le coup. » Quand les cadres déraillent, le collectif avance cahin-caha. Le CO n’a pas retrouvé le liant et les repères tissés la saison passée : trop lisible, trop imprécis, le jeu de ligne souffre d’inefficacité. Pour l’heure, le salut vient davantage des initiatives individuelles. À la charnière, toujours, Antoine Dupont s’est régulièrement distingué dans ce registre. Le talentueux accélérateur de particules ne possède toutefois pas la maturité nécessaire pour s’imposer comme maître à jouer. Sa prestation face à La Rochelle en témoigne. La réception d’une équipe de Grenoble remaniée peut permettre à la charnière castraise et, plus généralement, à son animation collective de retrouver de l’allant et de la confiance. Le déclic va-t-il se produire, ce dimanche ? Après seulement quatre journées et à une semaine de la réception du champion de France, le temps commence déjà à presser.

Vincent Bissonnet
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