• « Babi » grandit
    « Babi » grandit
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Top 14

« Babi » grandit

Après deux revers rageants, le CO a relevé la tête en s’imposant avec le bonus face à un FCG remanié. Parmi les motifs de satisfaction, Mathieu Babillot ne cesse de s’affirmer.

En toute franchise, le doute ne planait guère sur l’identité du vainqueur entre Castres, fort d’un effectif opérationnel et d’un esprit de revanche aiguisé, et Grenoble, affaibli par les blessures et les soucis. Tout l’intérêt de la rencontre, côté tarnais, résidait dans l’obtention du bonus offensif et, accessoirement, dans la manière déployée pour y parvenir. Par-delà les fautes de main et les grincements répétés du collectif, Christophe Urios arborait un sourire sincère à l’heure de l’analyse à chaud : « La mission est accomplie. L’équipe a été costaude, sérieuse. C’est plutôt rassurant même si je ne suis pas sûr que nous avions besoin d’être rassurés. Mais disons qu’il y avait une boule au ventre. Toute la frustration des quatre premières journées devait sortir, c’est fait. Ce n’était pas parfait mais l’équipe avance sur son jeu et j’ai vu des choses intéressantes. »

« L’attaque était mon point faible »

Si le commentaire général du manager tarnais prêtera peut-être à discussion, un des points positifs de la prestation dominicale du CO devrait mettre tout le monde d’accord : la nouvelle dimension de Mathieu Babillot. Le troisième ligne aile de 22 ans perce, telle une éclaircie dans le ciel ombragé du Tarn en cette fin d’été. L’international chez les jeunes a contribué à la domination des siens devant, a régné dans les airs et a inscrit son premier essai en Top 14 au terme d’un exploit personnel : décalé en bord de touche, il a accéléré, cassé le plaquage de Dylan Hayes, raffûté Armand Batlle et aplati avec autorité. « Il a réalisé une très bonne première mi-temps et cet essai est le signe de sa maturité », apprécie Christophe Urios.

L’intéressé préfère y voir la concrétisation du travail collectif, répété inlassablement en semaine : « Je suis content d’avoir marqué, devant mes amis, ma mère, témoigne le natif de Chartres. Mais c’est surtout l’aboutissement de notre nouveau système de jeu avec mon positionnement sur l’aile. C’est satisfaisant de voir que ça paye. » Sur le plan personnel, Mathieu Babillot est récompensé de ses efforts, en ce début de saison, avec quatre titularisations sur les cinq premières journées. « Oui, ça évolue. Quand je me rappelle mon premier match il y a deux ans. J’étais perdu, je ne savais pas où aller, j’étais capot ouvert (rire)… Il faut savoir être patient. ça se passe bien en ce moment, ça se concrétise. Je veux poursuivre à progression pour embrouiller l’esprit des entraîneurs. » Et ce même si sa présence dans le groupe s’impose désormais comme une évidence. Mathieu Babillot s’est affirmé en étoffant sa panoplie de troisième ligne aile : « Avant, le secteur offensif était mon point faible. Je le travaille beaucoup. ça permet de prendre confiance, d’oser. » Son manager rectifie : « Ce n’était pas son point faible. Mais il a rapidement été catalogué comme plaqueur-gratteur. Cette étiquette l’a influencé. C’est fini. Je lui ai dit : les flankers doivent savoir tout faire désormais. »

Encore en formation, Mathieu Babillot fourmille de promesses. Cet été, Romain Teulet nous avait confié être « espanté » par les prédispositions physiques affichées par le joueur lors de la préparation, à la fois rapide, solide et athlétique. Un corps bien fait. Et une tête bien pleine. « Son approche est intéressante, loue Christophe Urios. C’est un gars étonnant : il écoute, travaille, est tout le temps positif… Tu lui dis : « Il faut que tu améliores ce point. » Tu peux être sûr qu’il va y mettre tout son cœur. » Et son talent.

Si le Castres olympique se cherche encore, sur le plan collectif, en cette fin d’été, il a peut-être trouvé un nouvel homme fort dans ses lignes.

Vincent Bissonnet
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