Auch doute dangereusement

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La troisième défaite des Gersois compromet l’objectif de qualification et serait susceptible de plomber l’avenir professionnel du club.

Trois défaites en trois journées pour le FC Auch Gers. Samedi soir, les traits du staff étaient tirés. Un trait que pourrait bien tirer, aussi, le club de la capitale gasconne sur ses ambitions de qualification, et qui déboucherait sur un avenir incertain. Car ce nouveau revers au stade Fouroux, face à Bourg-en-Bresse (19-22), a rebattu les cartes. Eric Escribano, l’entraîneur des avants, avait beau expliquer « qu’il reste encore dix-sept matchs » et que « le FCAG va montrer à tout le monde qu’il n’est pas mort en continuant à se battre pour aller chercher ses objectifs », l’insidieux doute a fait son entrée dans l’arène de ce nouveau championnat que Roland Pujo aime à qualifier de « Pro D3 ». Au soir de la défaite inaugurale, à domicile, devant Massy (14-21), le manager général avait expliqué : « Si les joueurs n’ont pas compris que nous avons changé de compétition, nos adversaires sont venus le leur rappeler. » Miraculeusement nantis du bonus défensif, ce soir-là, les partenaires de Frédéric Medvès étaient allés en récupérer un autre, la semaine suivante à Chambéry (12-19), ce qui n’avait pas déplu à Pujo : « Nous voulions nous rattraper en termes d’intensité, de combat et de mentalité. »

Création d’un club de socios ?

Le FCAG comptait donc sur la venue de ses bourreaux de la saison dernière, en barrages, à Nîmes pour « lancer la saison ». Mais après avoir mené de onze points à une demi-heure de la fin, le FCAG n’a pas tenu la distance. La faute aux nombreux blessés comme les flanker les plus susceptibles de casser la ligne (Naïkadaw, Muagututia) ou la paire de centres titulaires la saison dernière (Thierry-André), sans parler du forfait de dernière minute du demi de mêlée Pierre Ferrary ? Roland Pujo estime que cela fait partie de la problématique… La faute aux éternels tourments financiers qui ont débouché sur des retards de salaire susceptibles de polluer les esprits, obligeant partenaires privés et public à faire un nouvel effort pour tenter de boucler le budget de 2 millions d’euros afin de pouvoir repartir ? Sur ce sujet, Roland Pujo ne se prononce pas, comme sa direction. Toujours est-il que samedi soir, dans le silence pesant du vestiaire, le manager général a calmement lancé ce qui ressemble fort à un signal d’alarme : « On verra bien où nous en serons à l’issue des matchs allers. Et si nous devons revoirs nos ambitions en optant pour une nouvelle année de transition. »

Le problème est maintenant de savoir si le FCAG en aura le temps. Car si le secteur sportif lâche c’est tout l’édifice qui est menacé. L’idée du lancement d’un club de « socios » est bien là pour rappeler que le double champion de France de Pro D2 (2004, 2007) a besoin d’argent. Il attend toujours l’apport d’un sponsor. Et en cas de chances de qualification envolée, il pourrait bien se demander si cela vaut le coup de rester dans le rugby professionnel ? Car vaut-il mieux terminer dans le ventre mou de la poule élite, en s’éreintant quotidiennement à chasser le partenaire comme le Dahu, ou bien retrouver Lombez-Samatan chez les amateurs du trophée Jean-Prat, est une question que l’on se pose sur les rives du Gers.

Par Louis-Laurent DUSSEL

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