N’oublions pas Madigan

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    N’oublions pas Madigan
Publié le , mis à jour

L’efficacité d’Ashley-Cooper, les inspirations de Serin, un gros boulot de la conquête, l’UBB doit aussi à l’intégration en marche de l’ouvreur irlandais.

Ce fut une soirée presque parfaite ! Une victoire sans peur et presque sans reproche pour les Bordelais : quatre essais et un point de bonus offensif synonyme de remontée en flèche au classement. Baptiste Serin a confirmé son talent diabolique, les deux autres internationaux Loann Goujon et Jefferson Poirot se sont bien rassurés avant de partir en stage à Marcoussis ; Adam Ashey-Cooper a inscrit un triplé, son deuxième depuis son arrivée à Bordeaux (il avait déjà réussi cet exploit contre Oyonnax en mars dernier).

Merveille de passe au pied

Mais une autre icône de l’effectif bordelais a tiré son épingle du jeu. Ian Madigan a bien distribué le jeu, il fut l’auteur d’une passe décisive au pied sur le deuxième essai de « AAC », à revoir l‘action, on est frappé par la soudaineté de son geste, très difficile à prévoir pour les défenseurs, et la précision avec laquelle le ballon est arrivé dans les bras de son ailier australien.

Le demi d’ouverture international irlandais n’a pas démérité depuis son arrivée en Gironde, même si ses prestations n’ont pas été particulièrement médiatisées. Il a d’ailleurs été titulaire à tous les matchs à domicile, un signe et il a, tout de suite, inspiré confiance dans son rôle de buteur : 81,5 % de réussite et nous n’avons pas souvenir de coups de pied « faciles » qu’il aurait vendangés. Ses quelques échecs ne s’expliquent que par la distance ou une position vraiment excentrée.

« Oui, je suis très heureux de notre match, on s’était motivé pour faire face à ces Lyonnais qui venaient de battre Toulouse. Nous pensions que nous aurions un match plus difficile mais je crois que nous avons réussi la performance que tout le monde attendait. » Il fut au cœur des séquences particulièrement rythmées des Bordelais, l’arme qui a permis d’asphyxier tout de suite des Lyonnais remaniés qui n’avaient pas la force collective pour faire face à de telles déferlantes. « Avec des gars comme Baptiste Serin ou Yann Lesgourgues, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas mettre de rythme. Et puis avec un gars comme Talebula à l’aile qui est si rapide, je pense que ça peut devenir très difficile de défendre contre nous. »

Un chef d’orchestre sobre

L’ancien joueur du Leinster a déjà fait son trou à Bordeaux, sans faire d’énormes exploits individuels, peu de percées en solitaire ou de crochets dévastateurs. Depuis le mois d’août, son rôle fut davantage celui d’un chef d’orchestre, efficace, et sobre : « Je crois que je m’améliore à chaque match parce que je connais de mieux en mieux les systèmes de jeu, les forces de mes coéquipiers. En plus, la communication est bonne avec mes coéquipiers car je peux parler en français. Mon problème reste plutôt le choix des moments où je dois mesurer nos emballements. Par moments, le rugby c’est aussi une question de patience, je dois faire attention à ne pas trop en faire dans nos cinquante mètres, où à garder parfois le jeu devant la défense. Je dois veiller à ne pas trop envoyé de jeu sous la pression de mes jeunes coéquipiers qui, emportés par leur enthousiasme, peuvent vouloir trop en faire et c’est comme ça que nous nous retrouvons à faire des en-avant sur des passes ou sur des off-loads. »

Il est clair que Ian Madigan parlait un peu français en arrivant à Bordeaux, c’est un premier avantage : « De toute façon, le sytème de jeu que propose Raphaël Ibanez est très clair et très intuitif. Je me sens très bien avec ce staff, Émile Ntamack, Jœ Worsley et Bruce Reihana. Chaque semaine, on nous propose de travailler sur de nouvelles idées.»

Jérôme Prévot
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