Brive, des suspensions salées

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    Brive, des suspensions salées
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Après la bagarre à Grenoble le 11 septembre, le CABCL a payé un lourd tribut, notamment sur le plan financier. Ce qui a irrité ses dirigeants, lesquels l’ont fait savoir aux joueurs.

C’est une question rarement évoquée lorsque, chaque semaine, la sentence de la Commission de discipline tombe. Combien coûtent aux clubs les suspensions de leurs joueurs ? L’addition peut être salée... Justement, les frais engendrés par les sanctions à l’encontre de l’ouvreur Matthieu Ugalde (14 semaines), du pilier Damien Jourdain (3 semaines), de l’arrière Benjamin Lapeyre (3 semaines) et du trois-quarts centre Arnaud Mignardi (3 semaines) ont obligé les dirigeants de Brive, dernier budget du Top 14 avec 16,4 millions d’euros, à calculer le tribut payé après le match à Grenoble, le 11 septembre dernier, marqué notamment par une bagarre générale. Ayant conclu que les fautes et cartons (jaunes ou rouges) de leurs hommes avaient des répercussions néfastes, la direction corrézienne a, selon nos informations, tenu à en informer les joueurs actuels ces derniers jours. Rappel sous forme de remontrances. « Dans l’ère professionnelle, cela coûte déjà cher sur le terrain, assure le vice-président Simon Gillham. Quand on voit le nombre de minutes jouées à quatorze depuis le début de saison, c’est terrible. Chaque fois que nous sommes disciplinés, comme face à Toulon, La Rochelle ou le Racing 92, bizarrement, nous gagnons. Dès que nous partons en vrille à ce niveau, comme à Grenoble, Montpellier ou même Lyon, nous laissons beaucoup de points. C’est aussi simple que ça. » Voilà pour le strict aspect sportif. Non négligeable, il n’est pourtant pas le plus préjudiciable pour le club.

 

Plusieurs centaines de milliers d’euros de salaires…

C’est assurément sur le plan financier que le CABCL tire avant tout la sonnette d’alarme. « En les cumulant, Brive a écopé de vingt-trois semaines de suspension pour le seul match à Grenoble, poursuit le dirigeant. Cela équivaut à presque une moitié d’année et il faut payer, pendant ces vingt-trois semaines, des gens qui ne peuvent pas faire leur travail. Quand un joueur est blessé, il est pris en charge par la Sécurité Sociale. Là, c’est le club qui paye. Vingt-trois semaines de salaires bruts chargés, on parle de plusieurs centaines de milliers d’euros. Oui, c’est un résultat à six chiffres pour des salariés qui ne travaillent pas. Et pour le plus petit budget du Top 14, cela représente plusieurs mois pour aller chercher cet argent auprès de partenaires et autres quand les joueurs peuvent le dilapider en une minute et demie de bagarre. Si l’on ajoute aussi le coût des voyages à Paris pour se rendre à la Commission, cela fait beaucoup pour nous. »

Enfin, les hommes forts du CABCL ont craint que leur notoriété en prenne également un coup. Selon eux, plusieurs partenaires n’ont pas apprécié du tout ce qu’ils ont vu lors de l’échauffourée au stade des Alpes. « Oui, cela coûte cher aussi en termes d’image et il faut que les joueurs en aient conscience, reprend Gillham. Aujourd’hui, les sponsors ne veulent pas être liés à ce genre d’agissements, ne veulent pas que leur marque soit adossée à l’image de bagarres de rue. Heureusement que nous avons eu de bons résultats à côté, sinon… » La présidence corrézienne a-t-elle directement reçu des reproches de la part de partenaires ? « Oui, lors d’un dîner de sponsors, à Paris, le mardi suivant la rencontre à Grenoble. Après la victoire à Toulon (une semaine plus tôt, N.D.L.R.), on se faisait une joie de les retrouver. Mais, au lieu de fêter le succès à Mayol, on a dû prendre les réflexions sur ce qui s’est passé au stade des Alpes. Certains se sont exprimés ouvertement. Les joueurs ne doivent pas se tromper de combat. Faire mal sur un plaquage, ne pas reculer sur le défi physique ou marquer un adversaire à la régulière, pas de soucis. Mais le reste nous gêne profondément. » Le message est passé même si l’ardoise n’est pas encore effacée.

Jérémy Fadat
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