Steyn - Dumoulin: Une paire d'atouts

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Publié le , mis à jour

Associés au centre à cinq reprises cette saison, François Steyn et Alexandre Dumoulin défieront Castres samedi (18h30) à l’Altrad Stadium, avec l’ambition de laver l’affront subi à Toulon.

Les deux hommes n’ont pas les profils naturels pour être associés. François Steyn est un joueur polyvalent, capable de jouer uniquement en numéro douze s’il est positionné au centre de l’attaque. Et Alexandre Dumoulin est un premier centre de métier, très peu habitué à évoluer en numéro 13 selon ses mots: « Ce n’est pas un poste que j’affectionnais car je n’y jouais (presque) jamais au Racing 92. Mais à Montpellier, il y a François (Steyn) et pour y jouer, il faut que je devienne plus polyvalent. On s’était mis d’accord avec Jake (White) pour que j’alterne aux deux postes. Mais comme on est peu nombreux (Martin et Tomane blessés, Nagusa absent), j’enchaîne en «treize» et je prends ce rôle à cœur. » Un «mariage arrangé» est toujours un pari risqué. Et même si les deux parties font des efforts pour s’adapter à l’autre, l’union ne sera pas instantanément parfaite: « Parfois dans notre jeu offensif, on se marche un peu dessus en occupant la même position. Après, ce n’est que le début de la saison et ces difficultés existeraient avec n’importe qui. Plus nous jouerons ensemble, plus nous progresserons. » Deux vérités énoncées par Steyn. Lui, comme Dumoulin, montent en puissance mais ne parviennent toujours pas à combiner en attaque. Et malgré cela, ils ont réussi à trouver une autre forme de complémentarité décrite par le Sud-Africain : « J’aime que le mec à côté de moi travaille dur dans le jeu sans ballon. Quand je lève les yeux vers Alex, il est toujours en train de communiquer ou de bosser, et ça me rassure. Ce qui donne confiance, c’est de savoir que je n’ai pas à me soucier de ce qui se passe à mon extérieur, car je sais que j’ai avec moi quelqu’un qui sait lire le jeu dans toutes les situations.»

 

Le «bulldozer» et le «sécateur»

La présence de l’international français offre plus de liberté dans le jeu à son compère, qui retrouve peu à peu sa nature animale et son rugby frontal dévastateur en attaque. Moins ciblé sur la défense, le Springbok est actuellement l’Héraultais qui touche le plus de ballons (7 matchs, 58 ballons joués à la main, 18 au pied, 9 offloads, 284 mètres parcourus, 2 franchissements ; stats LNR) si on exclut les neuf : « J’ai côtoyé François un an au Racing 92 et il a des qualités de jeu au pied et de puissance hors normes. J’aimerais parfois toucher plus de ballons, mais notre jeu est pour l’instant ciblé sur sa puissance en attaque. Et même s’il n’envoie pas tout le temps la balle sur les extérieurs, il avance toujours. C’est un joueur exceptionnel. » Une arme fatale, vitale au MHR, mise en lumière (en partie) par le travail de l’ombre de l’ancien Berjalien, «verrou» défensif et meilleur plaqueur de l’équipe (7 matchs, 65 plaquages, 92% de réussite ; stats LNR) : « Je peux vous dire que je plaque et que je mets la tête dans les rucks ! C’est un travail obscur », ajoute-t-il. Samedi, leur duel face à leurs homologues castrais s’annonce disputé et déterminant. Ils retrouveront face à eux une paire de centres composée de Thomas Combezou et Robert Ebersohn, deux anciens Montpelliérains. Un combat intime entre Sud-Africains opposera donc le dernier cité, parti l’an dernier, à François Steyn : « Robert reste avant tout mon ami. Il nous rejoindra dimanche quand nous fêterons l’anniversaire de ma fille. J’ai hâte de le revoir. Mais pour l’instant, je reste concentré à 100% sur la victoire et la progression du collectif. J’ai aussi envie de m’améliorer car je fais encore beaucoup d’erreurs. » Une quête partagée par un Montpellier en rédemption et un Alexandre Dumoulin déterminé à laver l’affront de l’Orange Vélodrome.

 

Par Julien Louis

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