Rémi Lamerat, face B

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    Rémi Lamerat, face B
Publié le , mis à jour

Arrivé en Auvergne cet été, l’ancien Castrais découvre la concurrence à la sauce clermontoise en même temps qu’il appréhende un nouveau rugby. Plus complet.

Depuis six mois, Rémi Lamerat touche au standing qui lui était promis depuis 2009, lorsqu’il effectuait ses grands débuts en professionnel avec le Stade Toulousain, face à Toulon. Un statut de joueur probablement titulaire dans une écurie majeure du championnat (Clermont) et, par-delà, une présence désormais affirmée dans les projections du XV de France. Sa bonne prestation avec les Bleus, en Argentine en juin dernier, l’avait laissé entrevoir. Sa présence sur la liste des joueurs « élite » de Guy Novès, pour la saison à venir, l’a confirmé.

« Si le jeu se déplace, j’aime autant »

Surtout, à Clermont, l’ancien Castrais découvre un autre rugby. Plus aéré. Pas pour lui déplaire. « Jouer des parties où les mêlées sont propres, les libérations de balle rapides, c’est le jeu que je préfère », affirmait le joueur après sa première apparition, le 10 septembre dernier face au Racing 92. Dès le départ, on a surtout noté la nuance dans l’utilisation de ses 108 kilos. Rémi Lamerat n’est plus seulement ce bulldozer du milieu de terrain, qui officiait avec succès au CO. À Clermont, on l’a vu utilisé régulièrement en leurre, pour arrêter les défenseurs et laisser le jeu se poursuivre dans son dos. On l’a vu choisir une course fuyante pour prendre l’extérieur, servir un coéquipier sur le pas et, tout même, tenir ponctuellement le milieu du terrain sur ses larges épaules. Il apprécie. « J’ai été adversaire de Clermont et tout le monde le sait : cette équipe met du rythme et impose son tempo. En termes de jeu, c’est la référence en France. C’est aussi pour ça que je suis venu. C’est une équipe qui ose, qui n’hésite pas à écarter des ballons même à 5 mètres des lignes de but. Ce sont des choses qu’on ne voit pas partout. À Castres, le système était différent. On me demandait de prendre le milieu du terrain sur le premier temps de jeu et de mettre l’équipe dans l’avancée. Ici, on me demande d’autres choses. Cela ne me dérange vraiment pas, au contraire. Si le jeu se déplace, j’aime autant. Quitte à courir parfois dans le vent, en leurre. »

Les Bleus en pointe

Cette utilisation nouvelle pourrait également le servir dans l’optique des rencontres internationales, à condition qu’il confirme lors des premiers chocs qui se profilent son nouveau standing et sa capacité et soutenir ce rugby plus complet. Cette approche lui donne aussi une autre visibilité. Son utilisation restrictive en club, parfois minimaliste, lui avait donné cette étiquette en équipe de France de joueur puissant du milieu, incapable de produire autre chose. En prouvant, en club, qu’il peut être un joueur plus complet qu’il n’y paraît, plus proche d’un Ma’a Nonu version All Black que d’un Mathieu Bastareaud version « PSA », Lamerat s’ouvre des perspectives. D’autant qu’il trouve des repères aux côtés d’un autre international, Wesley Fofana.

Clermont tient-il, dans ses rangs, la paire de centres des Bleus ? La question est légitime. Et qu’importe, en fait. De par son ascendance physique mais aussi sa dextérité, Lamerat est certainement le centre le plus « associable » de la liste de Guy Novès. On imaginerait difficilement une paire Fickou-Fofana, de par des profils trop similaires. Lamerat, lui, fera un complèment idéal, qu’il soit associé à Fickou, Mermoz ou Fofana. À lui de se donner une telle opportunité.

Léo Faure
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