Le loup à seize pattes

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    Le loup à seize pattes
Publié le , mis à jour

Supérieurs en mêlée, les Lyonnais se sont néanmoins faits peur jusqu'au bout, la faute au jeu de mouvement des Palois aussi séduisant qu'inefficace.

LE MATCH
Entre le combat des « captain' Julien », Bonnaire et Pierre, le duel fratricide des Armitage ou le retour de Ratuvou face à ses ex-partenaires lyonnais, les deux équipes qui s'affrontaient ce dimanche sur la pelouse du Matmut Stadium se connaissaient par cœur. Et pourtant, celles-ci se sont livrées sans compter, multipliant malheureusement les erreurs qui ne leur ont pas permis de concrétiser leurs intentions. Si bien que, comme souvent, la rencontre s'est jouée sur l'indiscipline. Pau a payé cher pour le savoir, le carton jaune infligé à Ramsay lui ayant coûté la bagatelle de 14 points, alors que les Béarnais avaient pris le match par le bon bout. Mais c'est surtout, une fois de plus, en mêlée que le bât a blessé côté palois, les conseils prodigués par l'arbitre international Jérôme Garcès n'ayant guère été suivis d'effets... Trop fragiles dans l'épreuve de force, les Palois ont cédé en effet peu avant l'heure de jeu sur une grosse poussée du « Loup à seize pattes », synonyme d'essai de pénalité et de bonus offensif, avant qu'un bel effort de Votu n'inverse la distribution des points de bonus. Pure justice, au vu d'une fin de match rendue irrespirable par le baroud d'honneur des Béarnais !

LE TOURNANT
Il est intervenu, comme attendu, peu avant l'heure de jeu, et la grosse vague de remplacements palois n'y a rien pu faire. Ultra-dominateurs en mêlée, les Lyonnais profitaient en outre de la sortie de Metz, remplacé par Coughlan, pour accentuer leur effort à cinq mètres de l'en-but. La sentence de M. Descottes ne se fit pas attendre, avec un essai de pénalité synonyme de break définitif au score. Lequel permit aux Lyonnais de voir venir en fin de partie, notamment après le beau sursaut d'orgueil palois matérialisé par le bel essai de Votu, qui aurait même pu leur permettre d'aller chercher la victoire sans un « offload de trop » de Ben Mowen.

L'ACTION
Non, le Lou n'est pas génial. Mais sacrément efficace, dès lors qu'il pose ses grosses pattes sur le ballon et ne se hasarde pas à des passes après contact aléatoires... L'essai inscrit par le deuxième ligne Tuifu'a en a ainsi été la parfaite illustration lorsque, sur une pénaltouche, les Rhodaniens se sont appliqués à tenir le ballon près de l'en-but palois, enchaînant les temps de jeu directs, à une passe, jusqu'au point de rupture. Il faut dire que sur le coup, l'absence du deuxième ligne Ramsay (expulsé temporairement pour une faute en touche sur Bruni) fut lourde à supporter pouur la défense paloise. Mais cela n'enlève rien à la maîtrise des Lyonnais sur cette séquence menée de main de maître par Frédéric Michalak.

LE JOUEUR
Il n'avait plus occupé le poste, au coup d'envoi d'une rencontre, depuis plusieurs saisons. Force est de constater que le grand retour de Frédéric Michalak à la mêlée s'est déroulé au-delà des espérances... Tout d'abord parce que, malgré un échec inaugural, l'ex-enfant prodige du Stade toulousain est demeuré fiable face aux perches, toujours un plus pour la confiance. Or, lorsqu'il est en confiance, Michalak demeure un sacré joueur, au talent intact malgré le poids des années. Un poids qu'il a totalement oublié sur sa feinte de passe gagnante, pour son premier essai sous les couleurs lyonnaises ! Aussi sobre qu'inspiré, Michalak a posé sa patte sur la rencontre et multiplié les bonnes initiatives offensives, se montrant même précieux en défense à l'image d'un sauvetage sur Colin Slade ! Ménagé en raison d'un orteil douloureux et sorti sitôt le bonus (temporairement...) obtenu, on ne serait guère étonné de retrouver sous peu Michalak avec le numéro 9...

Nicolas Zanardi
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