[TECHNIQUE] Broncan : « Essentiel pour défendre collectivement »

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    [TECHNIQUE] Broncan : « Essentiel pour défendre collectivement »
Publié le , mis à jour

L’entraîneur de la défense du Stade toulousain, Pierre-Henry Broncan, est le grand témoin de notre dossier technique de la semaine.

L’efficacité d’une défense réside-t-elle dans sa capacité à alterner ses formes d’action ?

Oui car l’alternance est essentielle pour défendre collectivement. Pour avoir une défense efficace, il faut que chaque joueur fasse exactement la même chose que les autres. Si, sur une défense glissée, un joueur monte en pointe, c’est fini. Il ruine tout le système. Il faut déterminer les systèmes, les répéter à l’entraînement et que tout le monde s’y tienne quand ils sont annoncés en match.

Combien de systèmes défensifs identifiez-vous ?

Il y a la rush-défense, avec un ou deux joueurs loin du ballon qui montent vite pour couper les extérieurs et contraindre l’adversaire à rester au centre. Il y a la défense « ferme » ou « bloc », avec toute une ligne qui monte à plat et de façon agressive, du type Saracens. Il y a la défense en aile d’avion, ou « fly défense », qui pousse l’adversaire vers la ligne de touche en concédant du terrain puis la défense glissée, avec une circulation de joueurs sur une ligne parallèle à celle de l’en-but, afin de ne pas concéder trop de terrain malgré une situation de sous-nombre défensif. La « blitz défense » est utilisée sur des relances de ballons lents, elle consiste en une sorte de croisée défensive car c’est le joueur situé à l’extérieur du premier défenseur qui vient plaquer l’avant sur le côté pour le surprendre. Enfin, le « ruck furtif » : on demande au plaqueur de dégager rapidement la zone dans laquelle personne ne vient contester le ballon. Ce faisant, il n’y a ni ruck, ni ligne de hors-jeu. On demande alors à nos joueurs d’entourer le demi de mêlée adverse, sans toucher le ballon. Ce système nous a permis d’intercepter le demi de mêlée clermontois (Morgan Parra, N.D.L.R.) il y a deux semaines.

Comment hiérarchisez-vous les critères qui président au choix de la forme défensive ?

Chronologiquement, c’est « ligne-espace ». D’abord, reformer la ligne puis équilibrer les espaces. Ensuite, une première équipe de cinq joueurs garde le ruck, ses abords et le second rideau puis annonce la sortie de balle. Ensuite, ce sont les ailiers qui choisissent et commandent le système défensif au reste de l’équipe car ils disposent du meilleur recul pour évaluer la situation. Ils doivent tout prendre en compte : les adversaires, leur nombre, leur type, la vitesse de libération ou encore l’endroit sur le terrain ; en clair, évaluer le rapport de force. S’il est en notre faveur, ils demandent un « bloc ». Si non, une « fly » ou une « glisse ». Ensuite, il y a une part de stratégie : selon l’équipe affrontée et l’arbitrage, nous allons demander aux joueurs de privilégier tel ou tel système. Mais après, ce sont à eux de s’adapter en temps réel sur le terrain.

Comment répartir les joueurs ?

Nous procédons avec trois familles de joueurs. La première est le cinq de devant, qui reste ensemble et opère entre les deux lignes des 15 mètres. Eux, ils n’annoncent pas les montées. Ensuite, nous avons la famille flanker-charnière-ailier-centre, qui peut aller dans les couloirs des 15 mètres et qui a pour mission d’annoncer. Enfin, il reste le 9, le 8 et le 15, qui s’occupent du deuxième et troisième rideaux.

On dit souvent qu’il faut faire le choix en fonction de la position sur l’axe profond, que l’on soit proche ou non de la ligne. Mais la largeur compte également…

Tout à fait. Les rucks les plus dangereux sont ceux qui se trouvent au centre du terrain car l’adversaire peut lancer le jeu des deux côtés, exploiter les deux bordures mais aussi faire des remises intérieures pour profiter des microdécalages créés par le fait que des joueurs doivent faire le tour du ruck pour coulisser. Dans ces conditions, il est plus délicat de demander une défense « bloc ». Défendre sur un ruck situé dans le couloir est bien plus aisé et favorise une défense agressive.

Simon Valzer
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