Barba : « Je ne suis pas Mourad »

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    Barba : « Je ne suis pas Mourad »
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L’homme d’affaires français se confie sur ses intentions futures autour du RCT. Entretien.

Quel est votre sentiment sur l’issue des négociations avec Mourad Boudjellal ?

C’est positif. Aujourd’hui, l’affaire est lancée. Nous ne serions pas avec vous si nous pensions que c’est négatif. Mais on ne peut pas dire n’importe quoi. Mourad Boudjellal n’est pas n’importe qui. Aujourd’hui, Mourad est toujours le président du club. C’est à lui de parler, d’être présent dans la presse tous les jours. Il le fait très bien.

Benoist Lombard ajoute :« Nous avons une exclusivité dans les négociations. Nous sommes en phase d’analyse, on recueille toute la documentation juridique, financière des entités qui détiennent le RCT. Nous avons encore quelques semaines avant que tous ces travaux ne soient achevés. La discussion porte aujourd’hui sur les 51 % des parts du RCT détenues par Mourad Boudjellal.

Quelle est la date de fin de la négociation exclusive ?

Gérard Barba lance un regard en direction de Benoist Lombard qui répond : Ce n’est pas le 15 novembre, comme j’ai pu le lire. Mais comme dans toutes discussions au sujet du rachat d’une entité, il y a bien une échéance fixée quant à l’exclusivité des discussions.

Quel sera le montant de la transaction ?

Il est confidentiel.

Acheter un club sans structure immobilière n’est-il pas gênant ?

Ça peut changer… Je ne parle pas du stade, mais au niveau de la formation, il y a sans doute quelque chose à développer.

Serez-vous seul dans cette opération ?

Sur le plan financier, oui. Mais dans aucun business au monde, on ne peut faire les choses seul. La réussite, c’est de savoir s’entourer.

Quand pensez-vous pouvoir communiquer sur la vente définitive ?

Nous sommes en négociations. Je pense que Mourad a envie de terminer la saison, c’est tout à son honneur.

La presse a relayé l’éventuelle volonté de Bernard Laporte de racheter également le RCT avec l’aide d’un fonds de pension américain. Que cela vous inspire-t-il ?

Quand on vient du monde des affaires, cela fait partie des règles du jeu. Des messages, des codes sont envoyés. Là-dessus, je suis imperturbable. Nous n’avons d’ailleurs jamais évoqué ce sujet avec Mourad que j’ai vu il n’y a pas longtemps.

Quel regard portez-vous sur la réussite passée du RC Toulon ?

Le RCT existait avant moi, il existera après. Mais ce qu’a réalisé Mourad, c’est juste extraordinaire. Quel autre président de club peut se vanter d’avoir gagné trois Coupes d’Europe consécutives. C’est incroyable.

Avez-vous conscience qu’il sera difficile de passer derrière lui ?

Heureusement que j’en ai conscience. L’idée est de prendre le club là (il lève la main pour indiquer la réussite du RCT), de le pérenniser au même niveau et de le faire figurer parmi les meilleurs clubs du monde. Pour cela, on fera toujours en sorte de recruter les meilleurs joueurs et ceux qui correspondent à l’identité du club. Pour moi, il y a aussi une chose qui est fondamentale, c’est la formation. Il faut que l’on soit capable de faire progresser les jeunes issus de la région et qu’ils jouent au plus haut niveau.

Mais pourquoi à Toulon ?

Plus jeune, je n’ai pas passé beaucoup de temps dans les stades en France. Ces vingt dernières années, quand j’allais dans les stades, c’était plutôt aux États-Unis. Et là-bas, ils ont tout compris au niveau du spectacle. Quand je suis arrivé à Toulon, je me suis dit qu’il y avait un gars qui avait tout compris lui aussi. C’était Mourad Boudjellal. La première fois que j’ai mis les pieds dans ce stade (Mayol, N.D.L.R.), ça m’a fait une drôle d’impression. C’est fort, c’est puissant. Et c’est ce que j’aime quand je me lance dans une aventure.

Mourad Boudjellal s’active sur le recrutement de la saison prochaine. Échangez-vousavec lui à ce sujet ?

Ça, c’est la partie de Lucien.

Lucien Simon : Mourad effectivement m’appelle de temps en temps, mais ça fait dix ans qu’on s’appelle régulièrement pour parler de rugby. Mourad recrute donc actuellement car notre volonté, c’est qu’il n’y ait pas de temps mort. Le club doit rester dynamique.

Quel genre de président serez-vous ?

Je ne serai jamais venu dans ce projet s’il n’y avait pas eu Lucien (Simon). C’est lui qui dirigera le club au quotidien. Je vois très bien comment ça peut fonctionner, je n’ai pas besoin d’être sur le devant de la scène. Lucien connaît très bien le rugby et si la communication passe par lui, j’en serai très heureux. Donc, non, si c’était votre question, je ne suis pas Mourad.

Souhaitez-vous vous inscrire dans la durée ?

Je n’ai que 52 ans et je ne compte pas mourir demain.

Arnaud Beurdeley
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